‹ Le progrès intellectual dans l'humanitéChapitre 145 sur 159 · MATÉRIALISME RELIGIEUX · texte numérisé non relu

MATÉRIALISME RELIGIEUX

produite de cette objectivité intellectuelle, des créations anthropomorphiques , qui ne font que réaliser hors de rhomme en des êtres imaginaires les sentiments de rborome lui-même. Le culte reste purement extôrieufr L'homme, pour mériter ou pour reconnaître les bieûfaits des dieux, leur témoigne son désir ou sa re-connaissance par de:^ offrandes matérielles. Pemiant longtemps , même quand Finlelligence semblera être parvenue à un développemenL considérable , les rites , les cérémonies demeureront les seules choses essen-^ tielles^ comme nous le voyons aujourd'hui dans le jtfdate^me vulgaire, et dans les pratiques minutieuses de la plupart des chrétiens. Cet esprit objectif el matépialiste est encore si vivant daiis les esprits sans culrture^ que c'est en ressuscitant la partie la plus grossière et la plus matérielle des religions païennes que les jé^ suites se sont assuré sur les âmes cet empire qui lait rougir la raison, el qui ferait douter de l'avenir de^, l'humanité, si d'autres symptômes éclatants ne faisaieât présager une résurrection mocale.

Si je n'avais pas craint de donner à* ce travail des proportions effrayantes pour l'attention de la plupart des lecieurà^ j'aurais aimé à suivre clans toutes ses mai^ifestations soecessives la série du progrès, dont je n'ai marqué que les deux points extrêmes- Je me proposa de remplir peu à peu cette lacune en étudiant plus

tard, et chacune à leur tour, les manifestations principales par lesquelles Tintelligence humaine a marqué son développement progressif depuis Homère jusqu'aux temps modernes. Je ne veux en ce moment qu'indiquer par quelques points la ligne suivant laquelle se coordonne la série de ces transformations, et au seul point de vue de ia substitution progressive de la subjectivité à l'objectivité.

Eschyle accuse de plus en plus la prédominance de racUon sur le personnage. Ses héros ne sont que des événements anthropomorphisés , et ses drames, des légendes personnifiées. Dans Sophocle, cette fatalité obscure du fait se précise par l'idée plus nettement accusée de l'invention divine, et, par un commencement de réaction (tôychologique, l'homme 3emble, par moments, près de se distinguer de l'action ; sans pouvoir encore se soustraire à sa tyrannie , il commence à s'opposer à elle quelquefois. Nous trouvons dans rOEdipe à Colone quelques vers où l'on peut entrevoir des lueurs d'une conception plus humaine.

Euripide, à son tour, sans briser non plus formellement avec le passé, donne à l'homme une physionomie distincte. La fatalité pour lui n'est plus celle des laits, ni même celle de la volonté divine; c'est la fatalité des passions qui domine son drame. Grâce à la longue persistance de ce point de vue dans l'histoire de l'esprit humain, nous pouvons déjà nous reconnaître dans ces personnages entraînés et dominés par la passion avec une violence qui dompte la volonté

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