PROGRÈS DE LA PSYCHOLOGIE
etSpinosa, Ions deux panthéistes à leor manière, reconnaissent si peu l'indépendance de TinteUigence, qu'ils la suppriment et mettent Dieu à sa place; seu-^ lement, l'un y met le Dieu catholique, et l'autre le Dieu-nature. L'homme ne connaît plus que par sa participation à l'Etre divin ; c'est lui en eux qui voit et qui connaît pour eux. Mais tout en prenant pour l'œuvre de Dieu toutes les opérations de l'intelligence, ils étudient ces opérations avec un soin jusqu'alors inconnu, et la psychologie accumule sous leurs mains le» matériaux dont, plus lard, elle se servira pour construire d'autres théories moins objectives.
Au xvHi^ siècle, Locke et.Condillac font faire à la psychologie de nouveaux progrès, mais le point de vue général n'a pas changé. L'intelligence humaine n'est toujours que le miroir du monde extérieur. On connaît le fameux axiome des sensualistes : Nihil est in intellechi quod non pritts fuerit in sensu. Les sens ne sont pour eux que les organes par lesquels nous puisons dans le monde sensible les idées qui y sont contenues.
Les spiritualistes, en ajoutant à Taxiôme sensualiste cette correction non moins connue : Nisi intellectus ipse, n'y ont rien changé d'essentiel. Qu'importe pour la liberté de l'intelligence que ses idées lui viennent toutes du monde sensible, ou qu'un certain nombre ne soient en elle que le reflet d'entités métaphysiques qui ne lui sont ni moins étrangères ni moins imposées?
Le subjectivisme même. des philosophes allemands ; tout en marquant un point de vue nouveau et un im-
mense progrès psychok^ique , n'a pas oependaot ré*solu le problème. L'important n'est pas que les idées de Vbomnle lui vienneat du dehors ou du dedans, c^est qu^elles soient eréées par kii , qu'elles soient son œuTre propre, ou plutôt , qu'elles constituent son intelligence même. Jusque-là^ Tintelligencc reste soiuuise à la fatalité; que celte fatalité soit intérieure ou extérieure, qu'importe pour sa liberté? Que Tbomme conçoive des idées par la contagion nécessaire des objets ou des êtres qui sont hors de lui , ou en vertu de la foniie^ également nécessaire de son intelligen^^e , du moment qu'il y a nécessité , la liberté dieparait.
¥ailà où em est maintenant là questioa. On peut compter les pas que le sentiment intime et incooscient de la liberté intellectuelle a fait faire à Thumanité, Ce mouvement, intermittent, quand des caases étrangères viennent Tinlerrompre ou le compliquer d'éléments nouveaoTC , mais toujours repris , nous feit endevoir la solution du proMëme, mais b<> la donne pas. C'est «elle ift)lQtîan que je voudrais indiquer îct en quelqiies mots^ sauf à la compléter plus lard.
§ IV
Le fond de t'intelligence, sa qualité eûnstilutionnettey c'est l'activité. G^est une machine sans cesse en mouvement^ que le sommeil même n'arrête) pas, cpiî ne coAnaiÉ ni tnbve, ni relâche. Dès qu'elle coifmHence à exîsteny elle eomraence à s'agiter. Ce qu'elle produit