ACTIVITÉ DE L INTELLIGENCE
par son .mouvement n ce sont des idées^ Ces idées, d'abord vagues, complexes, obscures, constituent les impressions ^émeûtaires , oe qu'on nomme les sensa-^ tiens» Ce sont les premiers produits de Tintelligenoe encore enveloppée et aveugle. Peu à peu rinlelligencé, en s'exerçant, se développe, et ses impressions pre^ mières prennent un caractère plus tranché et plus intellectuel. A la sensation s'ajoute Tidée sensible. Toute impr^^on s'idéalise.
Mais il faut bien comprendre que nou» n'avMà pm ici à nous occuper du monde extérieur considéré en lui-même. Il est en deàors de la âcienoe phTtosopbique, et c'est pour l'y avoir mêlé qu'on a 6lé à la philosophie tout caractère scientifique. Parce que dès le principe nous avons conscience d'un certain rapport de causalité entre nos actes et nos impressions intérieures^ nous avons cherché pour expliquer nos sensatioc» nu rap^ port semblable. Ne le trouvant pas en nous-mêmes , précisément parce que nos impressions sont le produil immédiat de noire intelligence , et que le lien ne pent ôtre saisi que par une observation qui nécessairement fait défaut aux premiers âges, nous l'avons supposé au dehors. Comme toujours^ nous a vend fhMèé hoiS propres sensations en des objets imaginaires, dortl noud avons fait les causes de nos sensations; c'es* ainsr que l'enfant réalise sa peur en des êtres fantastiques ; quô l'halluciné réalise Icftis ses rêves en des spectacles Cfu'it voit distinctement La seule différence entre rhatlucî-^ nation naturelle et l'hallucination morbide, c'est que
Tune est générale, tandis que raulre est accidentelle. C'est la première forme de ranthropomorphisme. Celuici, en disparaissant, marque un affaiblissement général de la tendance qui lui a donné naissance. La cause réelle de ranlhropomorphisrae , comme de Thallucinalion tant naturelle que morbide, c'est Vimpuissance de rinlelligence à prendre conscience du travail en vertu duquel elle produit ses créations élémentaires. Quand son activité devient assez sensible, pour attirer de ce côté Tattention , tous ces fantômes disparaissent.
Remarquez bien que je ne nie nullement l'existence du monde extérieur. Le nier serait une véritable contradiction, car ce serait affirmer que nous pouvons connaître certainement qu'il n'existe pas, tandis que je prétends que, dans l'état présent de la science, nous ne pouvons rien savoir absolument ni dy la nature ni de l'existence du monde extérieur. Nous ne pouvons connaître que nos impressions, persistantes ou fugitives. Si nous leur supposons une cause étrangère, extérieure, ce n'est qu'une supposition, une ap[Jication fausse, et dont je déBe qui que ce soit de me prouver la légitimité, du principe de causalité, dont nous étendons arbitrairement le domaine hors de nousmêmes.
Les sensations élémentaires , produites par Tintelligence , et transformées bientôt par elle en idées élémentaires, sont celles qui peuplent la tète des enfants. C'est par là que nous comniençons tous. Maïs l'intelligence , se développant toujours à mesure qu'elle s'exerce, pro-