CONSÉQUENCES D£ LA SUBJECTIVITÉ
^ Celle jouifisanee inteljectuelle, supérieure à loutei les autres, inspire à l'homme le dégoûl de tous le» plaisirs grossiers, par lesquels les intelligences engourdies essaient de suppléer à la vie intérieure qui leur manque, et trompent le besoin d'émotions el de •mouvement qui se fait sentir aux plus obtus.
5^ Si le plaisir de Tactivité intelleotuelle est le pre^mier des plaisirs, tout ce qui Tentrave nous inspire une répuWion proportionnée à l'altrail que nous éprouvons pour tout ce qui favorise notre développement, Pc là ♦ la hdiae da toute servitude , qui en nous formant un horizon quelconque, et d'habitude celui où nos regard? se portent le plus volonlicrs, nou$ prive d'une »ouro9 de jouissances , contrairement à toute espèce de dr(>it , puisque le premier de nos droite comme le plu^ sacré de nos devoirs est précisément de consacrer toute notre aclivité au développement de notre puissance intelleotoelle. Le droit et le devoir d'être libre, en mémo temps que celui de respecter la même liberté içbez les aulres, est donc une conséquence immédiate de la doctrine de la subjectivilé.
Elle nous donne donc comme conclusion obligée tous les principes essentiels des scienees morales, sociales « politiques, etc.
JMais ce n'est pas tout. Au milieu de cette diversité infinie de conceptions, il y a dans l'intelligence un principe d'unité, qui groupe toutes les conceptions de mémo nature en des sortes d'ensembles ^ leaquels produisent chacun vxm softe de résultante générale, qui constitua
pour chaque groupe un idéal. Ces résultantes particulières elles-mêmes se combinent à leur tour en une nouvelle résultante générale , qui constitue l'idéal le plus élevé de rintelligence et comme Tunité suprême de l'âme , le point central où viennent converger tous les efforts de l'esprit. C'est une sorte de pyramide quis'élève sans cesse, et sans cesse élai^it sa base par l'addition infinie d'idées élémentaires et de combinaisons entre ces idées. Cet idéal suprême est celui qui détermine la tendance et la direction du prc^rès de chaque âme. On comprend cependant qu'il puisse changer, quand l'intelligence reconnaît des erreurs dans le travail qu'elle a accompli précédemment. En effet , les erreurs sont toujours possibles , mais elles peuvent toujours se corriger, car le travail de l'intelligence se fait pour ainsi dire en partie double, et chaque partie contrôle l'autre. Les créations élémentaires , qui sont la matière des idées plus élevées , influent sur la composition de ces idées par leurs caractères propres. C'est ce que l'on exprime dans le langage ordinaire , quand on conseille de consulter les faits pour rectifier une appréciation générale. D'un autre côté, la combinaison générale des idées qui constituent les plus hautes sphères de l'intelligence influe d'une manière marquée sur la création des idées élémentaires. C'est ce que l'on remarque tous les jours quand on dit que les préventions, que les passions, que les idées préconçues aveuglent les hommes et transforment à leurs yeux les faits les plus palpables ; transformations qui , pour le