CHANTS HISTORIQUES
tona^nt la lutte que nous dvons déjà vue ddDs le Ri^ véda , entre Indra et Vritra, Ip génie des tempêtes* Les montagnes dont il s'agit ici sont également les o^onlagnes de Tair, les nuages. Comme dans les Védas,les nuages sont considérés comme les souroes des eaux. Le dieu, en les brisant ; arrosa la terre et la féconde. Il suffit de traduire, sans parti pris, le texte bébiieu pour découvrir à chaque page des analogies frappantes. Quand on ne Ut que les traductions , comme elles sont toutes faites avec des préventions religieuses très arrêtées , il est bien difficile , si l'on n'est averti, d'y retrouver les caractères que je signale ici. Ni Jérôme , ni les Septante, ni Osterwald n'ont songé au point de vue naturaliste que j'indique; tous par conséquent ont dû négliger et modifier une foule de nuances nécessaires à l'intelligence de ces poènjes.
La quatrième catégorie des Psaumes, la moins importante au point de vue poétique , mais non pas au point de vue historique , se compose de chants , qui ne sont que des résumés des anciennes légendes hébraïques sur les séjours des Juifs en Egypte et dans le désert , jusqu'à leur arrivée dans la terre de Chanaan. Ces récils ne sont remarquables que par les arguments qu'ils peuvent fournir contre l'authenticité des livres mosaïques. Le trait le plus considérable, c'est que , au milieu de mille détails bien moins considérables , il ne s'y trouve aucune allusion à la grande scène du Sinaï, si longuement développée dans le Pentateuque. Cette grande scène , dont le germe devait se
trouver dans quelque légende solaire , était en effet bien propre à donner plus d'autorité à la loi nouvelle promulguée par Josias. Il peut donc paraître étonnant qu'il n'ait pas songé à en glisser un mot dans ces Psaumes , où l'on sent plus d'une fois la main du réformateur. Peutr-étre a-t-il jugé ce fait trop considérable pour le pouvoir ajouter , sans se déceler , dans ces chants probablement connus de tout le peuple , et où par conséquent les modifications ne pouvaient être introduites qu'avec de grands ménagements, et à la condition de paraître se rapporter au reste.
C'est ainsi sans doute que , par l'addition des noms des tribus hostiles aux Hébreux , on a substitué des peuplades ennemies à ces impies et à ces méchants , qui n'étaient primitivement que les mauvais génies des ténèbres, et qu'on a transformé en des chants de haine nationale quelques psaumes qui n'étaient primitivement que des invocations à la lumière et des imprécations contre les démons de la nuit. Il est possible du reste que celte confusion se soit produite dans l'esprit même du peuple. Les habitudes des Arabes pillards , qui venaient la nuit, comme ils font encore aujourd'hui, enlever les troupeaux , prêtaient à une assimilation avec les esprits mauvais qui peuplaient les ténèbres. De même, dans le Rig-véda, il n'est pas toujours facile de discerner si les Dasyous , tant de fois maudits , sont des rakchasas ou des brigands.