DESCRIPTIONS NATURALISTES
monothéisme apparent des races sémitiques. Le soleil règne en tyran dans le désert. Par le même motif, il domine et absorbe en quelque sorte toutes leurs conceptions religieuses.
Mais l'objectivité n'en reste pas moins la condition principale. La poésie qui en naîtra sera donc remplie des descriptions des phénomènes solaires. Nous avons déjà cité la description d'un orage. Il y en a bien d'autres qui ne sont pas moins expressives : « 0 Dieu, ta route est dans le pur (le ciel). Quel dieu est grand comme notre Dieu ? Tu es le Dieu qui fais toutes les merveilles ; lu as manifesté ta puissance parmi les nations. Ton bras a sauvé ton peuple , les fils de Jacob et de Joseph. Les eaux t'ont vu, Seigneur, les eaux t'ont vu, et elles ont tremblé, et les abîmes (les nuages) se sont troublés. On a entendu un grand bruit dans les eaux ; les nues ont crié , car tes flèches les ont sillonnées. La voix de ton tonnerre courait dans le cercle • du ciel, tes éclairs se sont montrés à l'univers; la terre a été ébranlée et secouée. Ton chemin a été à travers une mer, et ton sentier à travers les grandes eaux, et nul n'en retrouvera les traces. » (lxxxvi.) « Seigneur, abaisse tes cieux et descends ; touche les montagnes ; qu'elles s'en aillent en fumée. Fais briller tes éclairs , et tu les disperseras; envoie tes flèches, et tu les mettras en fuite. Envoie ta main d'en haut , sauve-moi et
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anache-moi des grandes eaux , de la main des fils de rélranger. » (cxun.)
Ces citations font bien voir que ces montagnes sont les nuages comme dans le Rig-véda. Les abîmes, abyssi, si fréquents dans les Psaumes, ne sont pas autre chose. Ce Dieu qui traverse la mer et les grandes eaux, sans qu'il en reste de traces, c'est le soleil reparaissimt vainqueur après l'orage (^). Le dernier verset est important, parce qu'il fait bien comprendre que ces fils de l'étranger ne sont pas les peuplades voisines , mais les fils de l'obscurité ou de la nuit, les dragons ou Ahis, qui amoncèlent les nuages et volent les eaux.
Nous les retrouvons plus nettement indiqués aux versets 15 et 14 du Ps. Lxxni : « Tu as fendu la mer par ta force, lu as broyé la tête des dragons dans les eaux. Tu as broyé la léte du Lévialhan, tu Tas donné en nourriture aux peuples du désert. Tu as ouvert les fontaines et les rivières, tu as tari les fleuves d'Etham. » Ce sont toujours les mêmes images. La foudre crève les nuages , la mer aérienne, le corps du Lévialhan, et le donne en pâture au peuple du désert.
(4) Ce sont toutes cos images du soleil traversanl la mer desnungi^s, arrachant son peuple de la raer des ténèbres, et faisant périr les génies de la nuit qui les persécutent, qui ont fait imaginer plus tard ces légendes du Sinaï, de la mer Rouge, du Pharaon englouti, et toutes ces merveilles que les liVïes mosaïques nous donnent comme des faits historiques. L'histoire primitive de tous les peuples est rempiie de contes semblables tenant aux mêmes causes. C'est sans doute à une interprétation de même nature qu'il îaut rapporter la légende du déluge, qui se retrouve dans toaies les cosmogonies antiques.