‹ Le progrès intellectual dans l'humanitéChapitre 38 sur 159 · DESCRIPTIONS NATURALISTES · texte numérisé non relu

DESCRIPTIONS NATURALISTES

c'ést-à-dire féconde la terre par la pluie. Ces tribus de pasteurs, après la nuit qui livre leurs troupeaux aux lions , aux pillards , et leur âme à toutes les terreurs , n'ont pas de plus terrible ennemi que la sécheresse. Aussi , suis-je convaincu qu'un grand nombre de passages des Psaumes doivent s'interpréter dans ce sens. Mais les expressions du texte hébreu sont tellement vagues et complexes à cause de leur antiquité même , qu'il est le plus souvent impossible de deviner s'il y est question de la pluie ou de la lumière, de la sécheresse ou de l'obscurité. Cependant , je crois que le psaume Lxvn a pour but de demander la pluie. C'est un de ces hymnes qufe l'on chantait pendant l'orage pour assurer à Dieu la victoire; l'homme devait en profiter, puisque le trésor des vaincus, ou leur sang, c'est la pluie. Mais , comme l'Arya , l'Hébreu craint sans cesse que la victoire ne reste à l'ennemi de son Dieu. La nuit, la sécheresse, peuvent ne pas finir. Les nuages mêmes qui couvrent le ciel et qui cachent la Jumière , peuvent rester là et tenir l'homme enfermé dans vune prison obscure : « Que la tempête d'eau (le nuage) ne m'enveloppe pas; qu'il ne m'engloutisse pas dans sa profondeur , que le puits ne referme pas sur moi sa bouche. » (lxvhi, v. 16.)

On peut aussi recueillir dans les Psaumes un grand nombre de descriptions de levers de soleil :

« Le ciel commence à révéler la splendeur de Dieu, et sa lumière nous permet de vpir la création de ses mains. Le crépuscule du matin annonce le jour, comme

le crépuscule du soir annonce l'approche de la nuit. Ils n'ont ni parole ni langage, et cependant nous entendons leur voix. Leur voix s'élève sur toute la terre, et leur langage est entendu jusqu'aux confins de l'univers (^). Il a placé sa tente dans le soleil, et lui-même s'avance comme un époux sortant de la chambre nuptiale. Il se lèvera comme un géant pour courir dans sa voie. Il s'élance de l'extrémité du ciel et courra jusqu'à l'extrémité du ciel, et il n'y a rien qui puisse se soustraire à sa chaleur. » (xvm, 4 à 8.)

On voit suffisamment par ces citations que l'anthropomorphisme hébraïque n'est pas moins accusé que celui du Rig-véda. Quelques traits le feront ressortir plus vivement encore : « Prends tes armes et ton bouclier et lève-toi pour me défendre; avance ta lance et oppose-toi à ceux qui me poursuivent.» xxxiv, 2, 3.) « Tu es plus beau que les fils des hommes; la grâce est répandue sur tes lèvres. Ceins le glaive sur ta cuisse, ô puissant ! Dans ta grâce et dans ta beauté marche ; hâte-toi et règne... Tes flèches sont aigiies, ô puissant! Sous elles tomberont les peuples qui sont tes ennemis. Ta demeure est éternelle, ô Dieu! (xuv, 3 à 8.)

Ce psaume est du reste fort obscur. Le Dieu dont il est question fci pourrait bien n'être pas le soleil, mais quelque dieu secondaire, comme les Aswins du Rig-

(1) Le sens des cinq premiers versets, tels qu*ilssonl dans les textes, est fort obscur. La traduction que j'er> donne ici n'est pas une traduction, mais une paraphrase du texte hébreu, que je hasarde diaprés les analogies d'idées.

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