‹ Le progrès intellectual dans l'humanitéChapitre 39 sur 159 · DIVINISATION DE L AURORE · texte numérisé non relu

DIVINISATION DE L AURORE

véda. Il s'agirait ici du crépuscule du matin. Nous ne pouvons qu'indiquer celte idée dont la démonstration nous entraînerait trop loin. Une autre particularité remarquable, mais plus nettement marquée, c'est la déification de l'aurore : « A ta droite se tient la reine, vêtue d'un manteau d'or, aux mille couleurs. Ecoute, ô fille! regarde, incline ton oreille, oublie ton peuple et la demeure de ton père, car le roi désirera ta beauté, et lui-même est ton maître. Et les filles de Tyr l'adoreront avec des présents, et les riches de la terre supplieront ton visage. Toute radieuse, la fille du roi est à l'intérieur ; elle est vêtue de broderies d'or, ornée de mille couleurs variées. Après elles, seront présentas au roi d'autres vierges, qui sont ses sœurs; elles seront présentées au milieu de la joie et de la splendeur; elles seront amenées dans la demeure sacrée du roi. Tes fils remplaceront tes pères; tu les établiras souverains sur toute la terre. Toutes les générations se souviendront de ton nom ; tous les peuples te célébreront éternellement et de siècles en siècles. » (xliv, 10 à 48.)

C'est l'aurore, telle que nous la trouvons dans la mythologie grecque et surtout dans le Rig-véda. Fille du soleil, épouse du crépuscule brillant, elle se renouvelle elle-même chaque jour dans ces vierges, ses sœurs, qui chaque jour recommencent un nouveau mariage. Tout rapprochement, chez les anciens, s'exprime par l'idée de mariage ou de filiation. Dans le Rig-véda, l'aurore est tantôt la mère, tantôt la fille ou

i2$ D^ PSAUMES.

la femme du'soleij. Chaque aurore est cmsidérée comme um aurore nouvelle, Me ou sœur de Id précédente. Ces fiJs de l'aurore qui, daus le verset 47 du psaume KLiv, devront remplacer leurs pères, ce sont les jours PU les soleils qui naissent suceessivement les uns des autres.

Un des caraelères qui contribuent parfois à embar^ rAs^er le sefi$ des Psaumes, c'est la difBculbé fréquente de savoir à qui attribuer les paroles prononcées. On compTmà combien les attributions différentes peuvent en transforaver la signification. Ainsi au commencement du psaume lxxiv : « Nous le louerons, Seipeur, nous te louerons et nous invoquerons ton nom. Je raconterai toutes tes merveilles. Quand le moment convenable sera venu, je jugerai les justices (^). La terre a été fondue et tous ses habitants ; moi, j'affermis ses colonjies. »

Est-ce le prêtre, est-ce Dieu qui parle? Si c'est le prêtre^ le dernier verset prend un sens très remar--'

{<) Je jugerai les justices. Les expressions analogues sont très fréquentes dans les Psaumes. Elles signifient que Dieu punira et^li^^m les ipéchanls qui envoloppenl leshomooes dans leurs fijels de lémèhres. Très souvent aussi le mot que nous traduisons ipdiV justice 'à un sens toui metériei : Illumine ta face , ô Dieu , afin que je puisse iniircber dans t^^ vf)ies« suivant la jusiioe , c'çst-Mire afiu que la lunEÙère im permette de marcher sans crainte de m'égarcr ni de tomber. Toutes les expressions de cette nature dont nous transformons le sens doivent être remenés à leur sigR4(ieation matérielle : PofîLeruni scandatum qpfepedes meoi, veut dij-e simplement : ils opt mis devjant me^ piedf dçs pierres pour me faire tomber. L'Hébreu attribue à la malveillance des démons nocturnes les chutes qu'il peut faire en marchant dans tes ténèbres.

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