II INTRODUCTION
jours mécontents des vivants , ils n'ont d'amour que pour les morts. Pour eux ;
Rien n'est beau que le vieux ; le vieux seul est aimable.
Les dates décident de leur affection ou de leur haine. Ils se sont fait une histoire à leur usage , toute parfumée de vieilles vertus, toute peuplée de vieux héros qu'ils créent à leur image par la puissance souveraine de leur ignorance et de leurs préjugés. Ce sont leurs aocêlres qui ont imaginé l'âge d'or pour humilier leurs contemporains et se donner le droit de les injurier, en vantant le bon vieux temps.
Au milieu de leur admiration générale p)0ur tout ce qui n'est plus, chacun d'eux s'est taillé dans l'histoire un petit domaine préféré. C'est le fort d'où ils foudroient la corruption présente. Toutes les institutions , pourvu qu'elles aient cessé d'exister , ont droit à leurs hommages. Depuis la théocratie silencieuse de l'Egypte jœqu'à la turbulente féodalité du moyen-âge , depuis la république opjn-essive de Sparte jusqu'à la monarchie infaillible et divine de Louis XiV, le despotisme, sous toutes ses formes et dans toutes ses œuvres, a trouvé des panégyristes parmi ces adorateurs de la mort ei des ruines.
Cette superstition est vieille comme le monde : Major e tonginquo reverentia. La remarque de Tacite est aussi vraie de notre temps que du sien. Partout nous voyons cet instinctif regret du passé en perpétuer ou