‹ Le progrès intellectual dans l'humanitéChapitre 5 sur 159 · ADORATION DU PASSÉ · texte numérisé non relu

ADORATION DU PASSÉ

en restaurer les erreurs, et établir dans les esprits les plus dévoués au progrès des conflits et des luttes qui les condamnent à Tinaction ou aux plus tristes incopséqaeoces* Combien de nos jours n'avons-nous pas vu d'bDmmes sincères, animés des plus généreux sefitiments , égarés par ce mirage trompeur l Chacun s'attache à trouver dans Thistoire la réalisation de ses rêves, confondant ses souvenirs avec ses espérances, comme s'il n'y avait d'avenir possible que dans le passé. Au lieu de marcher résolument en avant, ils s'arrêtent à regarder en arrière. Puis ils s'étonnent que l'humanité progresse si lentement , et qu'elle soit encore si loin de ces vertus et de cette liberté dont ils m proelâmeat les apétres t

Tous les partis , dans tous les siècles , ont été plus ou moins victimes de la même erreur; c'est cette prétention de ranimer sans cesse des cadavres qui a frappé d'impuissance toutes les restaurations , dans la politique comme dans la religion , dans la philosophie comme dans la littérature. Faut-il donc croire que ce perpétuel retour vers ce qui n'est plus soit une fatalité imposée à l'esprit humain et qu'il soit condamné à une éternelle imitation ? Pour moi, je ne le pense pas. le n'y vois qu'un effet de l'ignorance où il est de sa véritable nature et de ses réelles des*tioées. U est nécessaire d'entrer à cet égard dan^ quelques développements.

IV INTROUUCTION.

Platon considère les idées comme des espèces d'êtres divins, intermédiaires entre la Divinité suprême et le monde. Ce sont elles qui ont été chargées de créer les choses et de leur donner leur forme , l'Etre parfait ne pouvant sans souillure entrer en rapport direct avec les objets et les êtres inférieurs, même pour les créer. Par conséquent Vidée, exemplaire divin et créateur , est seule réelle , parce que seule elle participe de l'Etre. La matière, inintelligente et informe par elle-même, n'est qu'un néant; elle n'arrive à l'existence que par l'opération de Vidée qui lui donne sa forme.

Ces idées, types des choses, en révèlent aux hommes l'existence en se manifestant aux intelligences. C'est par elles seulement que nous pouvons avoir quelque connaissance de la réalité extérieure. Les sens ne peuvent que nous tromper. En contemplant au dedans de nous-mêmes ces formes divines , nous voyons tout ce qu'il y a de réel dans le monde. C'est une sorte de révélation permanente , où se retrouvent les traits principaux de la doctrine de la vision en Dieu de Malebranche , et de la théorie cartésienne de la raison , qui , après avoir été détrônée par Locke et Condillac , nous a été rendue avec des modifications insignifiantes par les fondateurs de la nouvelle école éclectique.

Cette théorie platonicienne de l'origine de nos idées,

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