DES IMAGES DANS LES PSAUMES
n'étail plus, il veut dire que le soleil s'est montré dans Tintervalle du temps nécessaire pour faire le tour de Tenceinte consacrée, ce qui diminue singulièrement la rapidité apparente de l'image.
C'est ainsi que s'expliquent dans le sens réel du mot toutes ces métaphores poétiques dont notre naïve admiration a semé les Psaumes. Ce n'est pas que la métaphore en soit absente , mais jamais elle ne renferme un sens intellectuel ; elle ne fait qu'exprimer des impressions physiques. C'est ainsi que l'Hébreu appellera les ténèbres un filet, un sac, un lac, une mer, un puits, un abîme, l'enfer, la mort même; les génies dont son imagination effrayée peuple la nuit seront des lions , des impies , des méchants , des fils d'étranger , des dragons. Mais tous ces termes ne font qu'exprimer pour lui la réalité , telle qu'il croit la voir ou la connaître. La métaphore n'est pas pour lui comme pour nous un procédé pour élever les mots du sens oiatériel au sens intellectuel ; elles les laisse dans leur sphère propre; elle ajoute à l'énergie du terme par une addition de sens , mais ce sens reste physique ; elle naît de deux impressions de même ordre qui se combinent. L'homme enveloppé par l'obscurité marque
eantabo et psaîlam Domino (xxvi,6). J'ai tourné en cercle, el j'ai immolé dans la tente du Seigneur une victime de vocifération. — La tente du Seigneur, c'est son séjour terrestre, l'enceinte sacrée. La victime de vocifération est tout simplement iHiyrane. Ce verset revient à ceci : J'ai fait le tour de l'enceinte sacrée , en appelant le Seigneur par mes chants. *
133 DM P9AUME9.
pkrs vivement sa crainte en comparant celte obscufîlé à un abime ; de même il personnifie ses terreur» en leur donnant un corps , en les revêtant de l'apparence de lions ou de serpents. Mais d'allégorie , de symbolisme, c'est une illusion que d'en chercher dans la poésie vraiment primitive. Ge n'est pas à l'âge 06 , instinctivement , nécessairement l'homme transforme à son insQ toutes ses conceptions en des réalités matérielles, qu'on peut croire qu'il va inventer à [^isir de$i images pour y cacher volontairement de» idées morales ou métaphysiques qu'il est encore incapable de concevoir. La métaphore intellectuelle^ telle que nous l'entendons et la pratiquons» est une nécessité de notre progrès inldlectuel qui tend à entraîner dans le même courant et à spirilualiser le sms des termes consacrés à l'expregeiofi des perceptioos objectives. U serait oonlradicloire que ce procédé fut antérieur dans la poé^e à l'état d'esprit qui en a rendu l'usage néo^fr-* saire.
§ VI
Les sentiments qui se rencontrent dans les Psaumes sont, comme dans le Rig-véda, purement égoïstes. Le sentiment religieux qui les anime se compose presque exclusivement de crainte et de désir. La joie de l'Hébreu à la vue du soleil n'est que le résultat des terreurs qui l'assiègent pendant les ténèbres W. Cest sa
(4) Primus in orbe deos fecit timor*