‹ Le progrès intellectual dans l'humanitéChapitre 42 sur 159 · SENTIMENTS ÉGOÏSTES · texte numérisé non relu

SENTIMENTS ÉGOÏSTES

eraînte qui détormine la mesure de sa reconnaissance. Aussi ne suppose-l-il pas dans son Dieu d'aulre seftliroent que celui qui Tinspire lui-même : « Protège^nous^ lui dit-il , car si tu nous laisses périr, qui ie teen des sacrifices? qui célébrera tes louanges et honorera ta puissance? I^'enlends-tu pas ces impies qui diseat s où esl-il donc ^ leur Dieu ? — Jusqu'à quatid dormiras-tu , Seigneur? Lève-loi , disperse ces ennemisi qui sont tes liens aussi bien que les miens. » 8'il lui rap^ pelke ses triomphes passés « c'est moins par gratitude que pour se rassurer lui-même contre ses craintes : « Dieu nous rejeltera-t-il un jour ? Un temps viendra^ tril où il ne se plaira plus à nos sacrifices? Renoncera^ t-il à la fin à étendre sa miséricorde de génération en génération f Dieu oubliera-tril d'avoir pitié de nous^ ou sa colère triomphera- 1- elle de sa compassion? (lxxvi)(<).

(1) Cette crainte, que le soleil ne cesse de se lever, se retrouve chez tous les peuples qui adorent cet astre. N'ayant et ne pouvant avoir aucune idée de ce que nous appelons tes lois éternelles de la natui'é, ei dont la conception n'est que le produit d'une ebservation 0I surtout d'une expérience plus complète, il n'est pas étonnant qu'ils restent en proie à ces terreurs. Nous les retrouvons sous une autre forme chez Dous/dans ces gens qui tremblent encore que le monde ne vienne à finir. L'idée de l'alliance du Dieu avec son peuple, dont nous rencontrons des tracer dans les Psaumes, n'est précisément qoe raffifmalioft éé Fespérance de n'être pas abandonné par lui. C'est une sorte de cootrat. Le peuple hébreu s'engnge à servir le Dieu, à lui offrir des sacrifices , à célébrer sa gloire. Le soleil promet en échange de se lever tous les jours. Il est possible que les légendes hébraïques attribuassent à wi ancien prophète l'idée de conclure ce singulier traité d'alliance , et que le soulagement qu'ils éprouvèrent en se trouvant débarrassés

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. Partout il s'efforce d'intéresser l'orgueil de son dieu à des triomphes nouveaux ; il l'excite à ne pas laisser périr la gloire de son nom , et à ne pas permettre que ses ennemis se rient de sa puissance.

Le sentiment même de la famille , dont nous avons trouvé si peu de traces dans les chants du Rig-véda, fait complètement défaut dans ceux de la Bible. Il semble que pour l'Hébreu il n'existe ni femmes ni enfants. Les Psaumes qui, à certains égards, comme nous le verrons tout à l'heure, supposent un état intellectuel plus développé que celui des premiers Aryas, ne nous fournissent aucune lumière sur Tétat social du peuple dont ils expriment la pensée religieuse. Le seul sentiment qui s'y marque énergiquement , c'est encore un sentiment égoïste , la haine contre ces génies mauvais qui les tourmentent. C'est le trait vraiment original et le caractère éclatant de cette poésie. L'Arya maudit bien aussi le Rakchasa, leDasyou, mais l'expression de sa haine est encore en quelque sorte objective. La forme constante de la description ou du récit jette sur tous ses sentiments une sorte de voile d'impersonnalité. Son àme est tout empreinte de cette mollesse en-

d'une partie de leurs craintes ait immortalisé chez eux le souvenir de cet acte. Il ne serait pas impossible non plus que ce prophète fût Hoïse , et que la vénération attachée à son nom pour ce fait ait déterminé les réformateurs à lui attribuer la nouvelle loi religieuse qu ils voulaient établir. Ce nVst qu'une conjecture que je hasarde , mais il me semble quNm pourrait trouver dans la Bible de quoi lui donner quelquo probabilité»

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