‹ Le progrès intellectual dans l'humanitéChapitre 6 sur 159 · PLATON · texte numérisé non relu

PLATON

commune à tout^ les écoles qui se disent spiritualistes, a pour premier inconvénient de supprimer la liberté humaine, dont elle se considère pourtant comme la protectrice , en Tasservissant à l'obligation de Tuniforrailé intellectuelle et à la fatalité d'une science octroj ée et révélée , en autorisant , au nom d'une vérité unique et de principes immuables , l'intolérance contre toute dissidence d'opinion, la persécution contre toute tentative de progrès. Le second est d'introduire la fantaisie dans la science par cette hypothèse des idées divines qui créent le monde à leur image. C'est grâce à la faculté de se tirer d'embarras en imaginant des entités métaphysiques de cette sorte que les philosophes se sont si peu appliqués à l'observation psychologique , et qu'ils se contentent d'ériger en systèmes toutes les puérilités qu'ils trouvent sur leur chemin.

De même que toutes les doctrines soi-disant spiritualistes qui se sont produites depuis Platon sont plus ou moins ébauchées dans les théories du philosophe grec, on peut dire également que tous les systèmes sensualistes et matérialistes se retrouvent, au moins en germe , dans les livres d'Aristote. Il n'y a pas à s'en étonner, la philosophie, jusqu'à ce jour, n'ayant guère (ait que pivoter sur deux idées fort obscures et fort étroites , l'esprit et la matière. Comme ces deux idées, presque également inintelligibles, n'existent qu'en vertu d'une grossière apparence et d'une définition arbitraire, il en est résulté qu'en acceptant l'une ou l'autre comme principe , tous ont été forcément poussés par

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