‹ Le progrès intellectual dans l'humanitéChapitre 52 sur 159 · FATALITÉ DES FAITS · texte numérisé non relu

FATALITÉ DES FAITS

Celte croyance à la falalité des événements est le fond même de la poésie d'Homère et comme la forme de son esprit. Mais parfois elle se mêle d'un vague instinct de lil)erlé qui en obscurcit la netteté. Par moments, il semble presque que ses héros soient maîtres de leur destinée , que les dieux puissent à leur gré changer le cours des choses. Celte obscure intuition d'une idée qui ne se manifestera réellement qu'un grand nombre de siècles après Homère suffit pour jeter quelque confusion sur le point de vue général dont il envisage l'histoire, mais non pas pour enlever à l'action son vrai caractère. C'est elle qui domine et qui asservit toutes les volontés. On conçoit dès lors quel doit être le rôle de ses personnages. Us sont agités , mais ils ne s'agitent pas. Leurs mouvements en quelque sorte ne leur appartiennent pas , non /plus que leurs sentiments et leurs passions. Tout cela tient à des causes étrangères. Us ne sont que les échos du bruit qui se fait autour d'eux. C'est ainsi que s'explique cette impression contradictoire de mouvement et d'immobilité que laisse la lecture de ces poèmes, et surtout de l'Iliade. C'est l'action qui s'agite , qui est vivante. Le personnage, pour ainsi dire noyé au milieu de ses flots mou-

causalité, en s^acGUsant, ease préeisant, et grâce aussi à Panthropômorpbisme croissant, rapportera à la volonté des dieux la falalité jusqu'alors vaguement comprise dans la série même des événements. Toute cette question , très importante dans l'histoire des développements de riutelligence humaine , n'a jamais été étudiée d'une façon vraiment philosophique.

vants, tourne avec eux, saps que la cause de ses mouvements soit en lui-môme. Il n'a que l'apparence de la vie. C'est nous qui la lui préions , grâce à Thabitude que nous avons d'attribuer à l'àme humaine l'initiative de ses actes et de ses passions. Gomme toujours, nous transformons le passé à l'image du présent et nous imposons aux intelligences antiques les conceptions qui sont devenues la règle des nôtres.

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