‹ Le progrès intellectual dans l'humanitéChapitre 8 sur 159 · XII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XII INTRODUCTION

je suis^ contenait en germe la méthode psychologique. Mais elle servit peu à celui qui l'avait trouvée. Après s'être placé si hardiment hors du domaine de l'autorité , il s'empressa d'y rentrer aussitôt. On a beau se jurer d'être libre , il est toujours difficile de secouer en un moment les servitudes imposées à l'esprit par l'éducation. Descartes, malgré tout son génie, plus géométrique du reste que philosophique, ne put échapper à cette loi ; en dépit de lui-même et sans s'en apercevoir, il retomba dans l'ornière de la scholastique.

M. Cousin n'a pas été plus heureux. Appuyé d'un côté sur la- psychologie , de l'autre sur l'histoire de la philosophie , il semblait qu'il n'eût qu'à contrôler les résultats de l'une par ceux de l'autre. La méthode était simple ; la jeunesse d'alors applaudissait , considérant le résultat comme certain. 11 l'était en effet, mais tout au rebours de ce qu'elle attendait. L'éclectisme, tant prôné, a reproduit exactement les illusions qu'on pouvait croire ruinées par le xvin* siècle , et toute la gloire de M. Cousin^ se réduit à avoir rejeté la pensée contemporaine d'un siècle en arrière, en pleine philosophie cartésienne, c'est-à-dire à l'enfance de la philosophie moderne. Sa doctrine est celle de Bossuet et de Fénelon, qui eux-mêmes, sans y songer, ne font guère que reproduire , à l'imitation de Descartes , les théories et les procédés de la philosophie grecque. C'est toujours ^a même conception de la vérité une et immuable , révélée à Tintelligence, soit par Dieu lui-

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