MILLE
façonnée elle-même sur son type éternel, imprime aux enfants du foyer, devenus les fils de la patrie, un cachet qui les distingue et une gloire qui les illustre; mélange exquis de respect, d'obéissance et d'amour, avec ce je ne 3 quoi d'achevé que la religion met au fond de toutes les choses saintes; il n'y aura rien de plus facile à gouverner que ces enfants bien élevés, qui trouvent tout simple de faire dans la société publique ce qu'ils ont toujours fait dans la société domestique : aimer, obéir et respecter! Vrais enfants de la patrie, parce qu'ils sont les fils généreux de la famille, ils seront plus que la gloire et l'honneur de la société, ils en seront la force et la défense.
Voici, Messieurs, le troisième et dernier rapport, efficace qui lie la société domestique à la société publique. Vous avez vu jusqu'ici que la seconde a dans la première son principe et son modèle; j'ajoute qu'elle y trouve sa plus grande
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force et son plus solide rempart. S'il est vrai de dire que la patrie défend et protège la famille, il est encore plus vrai de dire que la famille protège et défend la patrie; parce que l'amour de la famille, tel que Dieu l'a mis au cœur de l'homme, est à jamais la plus invincible force de la société envahie par le dehors ou attaquée par le dedans. La première chose nécessaire aux hommes pour être la force et la défense de la patrie, c'est, si je ne me trompe, de tenir à la patrie, et d'y tenir, remarquez-le bien, comme la vie tient à quelque chose, par un point vivant. Si entre moi et ma patrie il n'y a pas de contact vivant; si je n'y tiens par quelque racine et quelque fibre de moi-même, jamais je ne serai pour la patrie ni une force ni une défense. En un mot, ce qui fait la plus grande force de la société, c'est l'amour sincère de la patrie, c'est le patriotisme.
Il s'agit donc de savoir quel est ce point vivant, et, je puis le dire, ce lieu sensible par où l'homme tient à cette chose si pleine de douceur et de séduction que l'on appelle la patrie? comment vient et se développe dans les âmes, avec l'amour de la patrie, le vrai patriotisme?
La patrie! ce mot a tau f de charmes pour tout
cœur bienfait, que quand on l'entend résonner,
os n'éveillant à toutes les profondeurs
de l'âme y redisent ensemble : La Patrie!...
D'où vient ce charme sans pareil? Qu'est-ce
que nous aimons surtout au fond de la réalité
exprimée par ce mot? Est-ce l'eau des fontaines? le cours des fleuves? la verdure des prairies? les moissons des champs?le sol foulé par nos premiers pas? ou le ciel ouvert à nos premiers regards? Sans doufe, Messieurs, même les conditions physiques du lieu qui nous vit naître ont pour le cœur humain des charmes que je ne conteste pas; charmes des vallées, des plaines et des montagnes; charmes dos eaux, di et des ombrages; charmes
de l'air, du ciel et de la lumière; toutes ces choses s'unissent et se confondent dans ce mélange suave de réalités et d'illusions qui composent pour nous l'amour de la patrie. Mais il est manifeste qu'au fond de tout, cela il y a une chose qui explique tout, une réalité plus luisante que les plus séduisantes illusions : cette chose, déjà vous ! avez nommée, c'est la famille : ce qui explique la mystérieuse séduc-
tion de la patrie, c'est ce que ce no m même renferme, c'est la paternité.
La paternité entre si profondément dans l'idée mêmedela patrie, qu'elle luia donné son -nom : Terra palria. Qu'est-ce à dire, si ce n'est la terre des ancêtres, le lieu où l'oneutun père? Et, dès lors, pourquoi chercher ailleurs le mot de ce mystère? N'est-il pas manifeste que tous ces charmes que la patrie nous offre, même à sa surface, ne sont que des reflets de quelque chose de plus profond qui nous a si bien séduits dans nos premiers jours, qu'il y a encore du bonheur à en retrouver le vestige? Si cet air de la patrie a pour mon cœur je ne sais quoi de rajeunissant, c'est que là il a senti, comme une fleur à son premier matin, ses souffles les plus purs. Si cet héritage, quelque modeste soit-il, vaut pour moi l'univers, c'est qu'il est plein de mon père, et que partout j'y retrouve une trace de lui. Si ce rivage pour moi s'embellit à mesure que le temps m'en éloigne, et si mon cœur y revient toujours avec un attrait qui se fortifie par la distance ; ah ! c'est que là, dans les bras de ma mère, j'ai connu des caresses et vu des sourires que je ne retrouve plus. Oui,
va
danstoutes les images que la patrie m'envoie de loin et les souvenirs dont je garde le parfum, je reconnais quelque chose de la paternité et de la maternité; et je ne sais quoi me dit au cœur, que cet amour qui me tourne de ce côté, comme l'aimant vers le pôle qui l'attire, c'est encore l'amour de la famille, mais l'amour de la famille se répandant autour d'elle sur tout ce qui se rattache à elle; l'amour de la famille agrandi et devenu l'amour de la patrie ! Et dans cette révélation du cœur dont ma raison s'illumine, je sens et je comprends tout ensemble que la vie de la patrie n'étant que le perpétuel écoulement de la vie de la famille, j'aime ma patrie de l'amour même que j'eus pour mon père, et que le second amour n'est que le naturel épanouissement du premier.
Aussi je me demande avec surprise ce qu'avaient fait de leur cœur et de leur raison les hommes qui ont osé prétendre que le culte de la famille amoindrit le culte de la patrie, sous prétexte qu'il renferme le cœur dans une sphère trop étroite. Est-ce que la fleur répand moins de parfum pour être attachée à ce lieu de la terre où elle puise avec sa sève sa
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vie et sa beauté? Est-ce que l'amour de la patrie pour être fort n'a pas besoin, comme tout autre amour, d'avoir quelque part sa racine Pt son centre? Est-ce que Dieu, qui fait tout avec force et suavité, n'a pu mettre entre tous le? amours de nos cœurs, comme il a mis entre les attractions des mondes, une harmonie suave et forte? Non, non, entre l'amour qui attache à la famille et l'amour qui attache à la patrie l'antagonisme ne petit pas être; j'en ai pour garants le cœur de l'homme, la sagesse de Dieu et toutes les hiérarchies des êtres. De même qu'il y a un légitime amour de soi qui s'épanouit dans l'amour de la famille, l'amour de la famille s'épanouit dans l'amour de la patrie, et l'amour de la patrie dans l'amour de l'humanité : chaîne magnifique qui desoend du sein de Dieu à travers la création pour y tenir tous les êtres vivants dans l'équilibre et l'unité; chaîne divine qui fortifie tous nos légitimes amours en les unissant entre eux, et en les rattachant tous à leur centre commun.
Ils se trompaient donc, ceux qui ont rêvé un patriotisme germant dans les ruines de la fa-
mille. Sur les débris de ce qui est légitime et saint, il n'y a qu'une chose qui prend racine : la barbarie. Si la famille était anéantie, ou si seulement l'amour de la famille venait à mourir dans les cœurs, il ne sortirait de leur tombe qu'un patriotisme sauvage ; voué d'instinct à la destruction, il passerait dans l'humanité comme un monstre destructeur, laissant derrière lui les choses saintes ravagées et des populations muettes devant des ruines !
C'est que tout patriotisme qui n'a pas coulé au cœur de l'homme des sources de la paternité est un patriotisme faux, exagéré, violent, fanatique et presque toujours cruel ! Ah ! cette patrie que l'on prétend élever sur les débris de la famille, de la propriété et de la religion, nous la connaissons, nous ne la connaissons que trop; divinité lugubre ayant pour prêtre un bourreau, pour autel un échafaud, pour adoration la terreur, et pour sacrifice le massacre : voilà la patrie que le socialisme nous prépare; et ce que des hommes n'ont pas rougi de nommer patriotisme, c'est le culte de cette idole sanglante que nos pères ont honorée par des sacrifices humains !
'. î LE PROORK? DE LA SOCii
Arrière ce patriotisme farouche qui n'est ni la gloire ni la force, mais la honte et le fléau de la société. Ah ! si vous voulez avoir un patriotisme sincère, capable de protéger et d'illustrer la patrie, faites qu'il jaillisse du foyer par ces deux sources qui n'en font qu'une, du cœur du père et du cœur de la mère ; que, développé dans la famille comme dans sa naturelle atmosphère, il croisse et s'élève pour la défense de cette patrie qu'on apprend à aimer comme on aime son père, et qu'on retrouve tout entière au lieu de son berceau. Car la famille est une patrie dans la patrie; c'est la patrie des souvenirs, c'est la patrie des espérances, c'est la patrie des affections, c'est la patrie du cœur; c'est la patrie elle-même concentrée à ce point vivant par où l'homme lui demeure attaché d'un invincible attachement et d'un impérissable amour. Oui, c'est par là, c'est par ce lien sympathique qui a conquis son premier amour, qu'il se sent enchaîné à la patrie, associé à ses malheurs et à ses prospérités, à ses gloires et à ses humiliations; c'est par là qu'il se sent voué lui et les siens avec toute sa richesse, toute sa force et tout son
courage, à la protection et à la défense de la patrie; c'est par là enfin que tout homme bien élevé devient pour elle un glaive et un bouclier; un soldat dans la guerre et un soldat dans la paix !...
Ainsi la famille enchaîne l'homme à la patrie par ses racines profondes que rien ne peut plus briser, ni la persécution, ni l'exil, ni la barbarie. Ainsi elle prépare à la société ces héroïques défenseurs pour qui ces mots • Mourir pour la patrie, ne sont pas un cri banai retentissant dans les émeutes, mais le cri spontané de la vie retentissant en son lieu natal; cri des héros prêts à mourir pour elle, parce qu'ils ont appris à aimer et à défendre jusqu'à la mort ces deux choses saintes qu'on aime avec la patrie : les autels et les foyers. Qu'est-ce à dire, en effet, Mourir pour la pairie? La langue et l'instinct de tous les peuples vous répondent par ces deux mots qui ont partout traduit cette passion généreuse : mourir pour les autels; mourir pour les foyers : pro aris el focis. Et si à ces deux choses éminemment patriotique, vous joignez les berceaux où l'on protège les petits enfants et les tombeaux où
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l'on garde le culte des ancêtres, vous avez tout ce qui enchaîne l'homme à la société en rattachant à la famille. Otez tout à coup du milieu de nous le foyer, les autels, les berceaux et les tombes; que reste-t-il pour attacher l'homme à la patrie el le-vouer à sa défense? Rien. La patrie perd toute sa puissance en perdant tout son charme : elle n'est plus qu'une froide abstraction incapable de créer le dévouement el de susciter des défenseurs.
Aussi, malheur aux sociétés où se multiplient de jour en jour les populations qui n'ont pas de foyer à défendre, ni de berceaux à protège*, ni de tombes à honorer! Si déjà déshéritées de toutes ces saintes choses, elles ' n'ont pas gardé des autels où elles se prosternent; oui, je le répète, malheur à la société! Au jour de ses grandes crises elle ne trouvera pas les défenseurs qu'invoquent ces dangers; elle entendra passer avec un éclat bruyant dans le vent des révolutions les soldats de l'égôîsme enrôlés par la révolte; elle ne trouvera pas les vrais soldats du patriotisme qui ont puisé au cœur de leurs pères la passion de donner leur vie pour protéger la terre qui
PAR LA FAMILLE \~j
porta leur berceau ; et elle apprendra par ses désastres ce que c'est que de ne pas faire de la famille la première source du patriotisme, et du foyer le premier rempart de la patrie !
Messieurs, voulez-vous savoir quelle est la plus terrible menace suspendue aujourd'hui sur cette grande cité, où se frappent à certaines heures les coups de foudre qui ébranlent l'Europe? Ah! je vais vous le dire : la diminution progressive du vrai patriotisme par l'accroissement de plus en plus effrayant des hommes sans famille. Vous tous qui mieux que moi connaissez les mystères de cette moderne Bahylone, je vous adjure de me répondre : dites-moi, les êtres qui dans cette immense population n'ont rien ou presque rien qui les attache à la patrie en les attachant à la famille, les avez-vous comptés? Et pourriez-vous me dire combien, parmi ces quinze cent mille âmes qui se remuent dans la cité, se rencontrent des foyers permanents où les familles puissent remonter seulement jusqu'à trois générations? Qu'est-ce que la famille au milieu de vous, si ce n'est une chaîne qui se brise par tous les bouts? Et si à cette insta-
LE PRQiiHE? UE f,A SOCIETE
bililé des familles qui se t'ont et se défont du jour au lendemain dans un perpétuel changement, vous joignez la multitude toujours croissante des hommes jetés par ce mouvement de nos mœurs seuls comme en un désert, au milieu de ces foules; que penser au point de vue du Progrès de ce chef-lieu de la civilisation moderne, où diminue et périt de plus en plus la famille, sans laquelle il n'y a pas de véritable civilisation?Messieurs, dans cette grande ville de Paris où tout abonde de partout, il y a une chose qui devient de plus en plus rare ; quoi donc? me permettrez-vous de vous le dire? Eh bien, ce que l'on rencontre de moins en moins à Paris, on dit que ce sont des Parisiens! Oui, Messieurs, les Parisiens rares à Paris, c'est la réalité contemporaine ! Et quand je vous dis cette parole étrange, ah ! croyez-le bien, ce n'est pas un jeu de mots que je fais sur nos malheurs, c'est un cri d'alarme que je jette à la patrie ! Je me demande avec effroi ce qui doit advenir tôt ou tard de ce centre illustre de la vie moderne, qui perd chaque jour, avec l'amour de la famille et le culte du loyer, laplusfermedéfensedelapatrie?
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Que dis-je? l'homme qui n'a pas de foyer
non-seulement n'est pas une défense; tuais, sauf des exceptions qne je consens à reconnaître, il est un danger pour la patrie. Rien ne le rattache à elle; il ne tient ni à son passe par ses pères, ni à son avenir par ses enfants; il n'y a pour lui en quelque sorte que le présent, et presque toujours un présent qui l'accable. Il se sent seul au inonde; la foule qui l'environne est pour son cœur pire que la solitude, et facilement il prend en haine la société qu'il accuse de son isolement. Si le malheur vient à le toucher, il croit sentir sur lui la main cruelle d'un été qui le bro
et son cœur contre elle amasse des colè] Dès lors toute sa force, s'il a de la force, ci tout son génie, s'il a du génie, ce n'est pour la société une défense, c'esl un danger; ce n'est pas un bouclier prêta le couvrir, c'est un glaive prêt à le frapper.
Au contraire, l'homme de la famille tient à la société qui le protège par mille chai puissantes; il y tient par ses pères, ; a femme, ses enfants; il y tient par suri présent, son passé, son avenir; il y tient par ses tombes,
ses berceaux, ses autels; il y tient surtout par ce foyer tutélaire qui abrite avec lui la famille entière. Debout entre ses tombes si sacrées et ses berceaux si cbers, entre le foyer où il aima son père et l'autel où il adore son Dieu, il attend, l'arme au bras, le dévouement au cœur et la fierté au visage, toute barbarie qui menace; barbarie du dehors marchant par la force brutale à l'attaque de la civilisation, ou barbarie du dedans sortie des entrailles mêmes de la civilisation et prête à dévorer sa mère. S'il succombe dans la lutte, couché sur le seuil du foyer il meurt heureux encore de faire de son cadavre un dernier rempart à la patrie; et sur ces ruines faites par des barbares il écrit de son sang cette vérité que ma parole voudrait avoir gravée h jamais dans vos âmes : la famille, qui est la source et le modèle de la société, en est par-dessus tout la force et la défense ; elle est, par l'amour qui attache les cœurs au foyer, le plus ferme rempart de la patrie !
Tel est, pour résumer en quelques mots tout ce discours, le fondement inébranlable sur lequel nous appuyons notre édifice du
> -Mil, LE
Progrès : la société domestique", principe, m dèle et force de la société publique, Et voici l'inévitable conséquence que la vérité impose à toute intelligence : donc créer la famille ç créer la patrie; élever la famille, c'est élever la patrie; sauver la famille c'est sauver la patrie; en un mot, perfectionner la famille c'est préparer le Progrès du monde, le Progrès qui naît au foyer pour s'épanouir dans la Bociété et resplendir dan- l'histoire.
DEUXIÈME CONFÉRENCE
DEUXIÈME CONFÉRENCE
Messieurs,
Mou? avons recherché les rapporte efficaces qui lient la société publique à la Bôolété domestique, la patrie à la famille. La famille est par rapport à la société publique la soeU principe. Elle est la vie qui naît, la vie qui s'élève, iii vie qui se transmet dans la société ; elle esl la génération, la formation, la tradition de la vie sociale, et a oe triple titre la
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mère féconde et ingénue de la patrie; en un mot, la société-principe.
La famille est par rapport à la société publique la société-modèle. Sa constitution se compose de trois choses harmonieusement unies, le père, la mère, l'enfant; en d'autres termes, l'autorité, le ministère, l'obéissance ; et sous ces trois rapports, elle est l'exemplaire parfait de toute société bien ordonnée; parce qu'elle est l'autorité indiscutable, l'obéissance affectueuse et le ministère dévoué : trois conditions nécessaires pour l'harmonie et le Progrès de la société.
La famille, principe et modèle de la société publique, en est aussi la force et la défense. Ce qui fait d'un homme une défense et une force pour la société, c'est l'amour sincère de la patrie ou le patriotisme : or, la vrai source du patriotisme c'est la famille. C'est par la famille que l'homme tient à la société, et c'est par l'amour de tout ce qui tient au foyer qu'il est voué, même jusqu'à la mort, à la défense de la patrie. Tout patriotisme puisé à une autre source est un patriotisme faux et presque toujours sauvage ; et le grand danger de la
patrie dans nos temps modernes, c'est la multiplication toujours croissante des hommes sans famille.
Ainsi la famille exerce sur la société une influence décisive, parce que la vie sociale a dans la vie domestique sa cause efficace, son type idéal et sa naturelle défense. Vous comprenez dès lors pourquoi nous posonsle perfectionnement de la famille et le Progrès de la vie domestique comme la condition souveraine du perfectionnementde la société et du Progrès de la vie sociale. Organes vivants du Verbe qui nous envoie, c'est en son nom que nous répudionslesdoctrines sociales qui font abstraction de la famille, ou, ce qui est encore plus désastreux, travaillent à la déraciner: travail de fou construisant sur le vide un édifice impossible ; rêve de sauvage coupant par la racine l'arbre dont il attend le fruit. Seul le Verbe créateur et révélateur connaît dans quelles profondeurs il a caché, pour préparer la grandeur des sociétés, les vrais éléments de la croissance humaine. C'est parce que la famille est la cause efficace et toujours agissante de la perfection humaine et de la grandeur sociale, que ce
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Verbe divin, auteur de l'une et de l'autre, exerce sur la famille elle-même son action la plus profonde et la plus décisive. Ceux qui/ne cherchent le bienfait du christianisme que dans les institutions publiques et les créations directement sociales, n'ont pas le sens de la civilisation chrétienne ; le mystère le plus fécond de son action dans l'humanité leur échappe. Sans doute dans les sociétés chrétiennes Jésus- Christ, à qui sait le reconnaître, se découvre partout : car notre Christ est au centre et son rayonnement est universel ; mais c'est dans la famille surtout qu'il pose son action pour transformer par elle la société qui sort d'elle ; c'est au foyer qu'il prend son point d'appui pour soulever le monde et l'élever jusqu'à lui. Voilà pourquoi, Messieurs, après vous avoir montré ce que la famille est par rapport, à la société, je suis conduit, par le courant des idées et l'enchaînement des choses, à vous montrer ce que Jésus-Christ est par rapport à la famille. Je n'ai établi que d'une manière générale l'influence de la famille sur la société : je n'établirai aussi que d'une manière générale l'influence de Jésus-Christ sur la famille. Je
PAR JÉSUS-GHBIST 59
suivrai dans ce second discours le plan et la marche du premier, ne voyant pas de bonne raison pour en chercher une autre. J'ai établi dimanche dernier que lafamille est le principe, le modèle et la force de la vie sociale; j'établirai aujourd'hui que Jésus-Christ est le principe, le modèle et la force de la famille chrétienne, et par là le Progrès divin de la société par le Progrès divin de la famille.
Ce serait peut-être ici le lieu de vous montrer ou Jésus-Christ avait trouvé la famille, quand il viut pour restaurer et relever toutes choses en lui. Après avoir vu l'abîme où le paganisme l'avait précipitée comme de son propre poids, vous pourriez mieux mesurer la hauteur où Jésus-Christ l'a fait remonter par sa divine énergie. Mais, Messieurs, j'estime que sur ce point vos convictions rendent superflu le secours de la parole. Un seul regard même superficiel jeté sur les monuments de