‹ Le progrès par le christianisme (volume 2)Chapitre 15 sur 20 · PAU LEGALITE CHRETIENNE · texte numérisé non relu

PAU LEGALITE CHRETIENNE

Messieurs,

Après avoir considéré l'autorité chrétienne au point de vue du Progrès social, nous avons montré au même point de vue la liberté que crée le christianisme. La liberté considérée par rapport au perfectionnement de l'homme

224 CINQUIÈME COKFÉHÈNCE.

et de la société n'implique pas, nous l'avons démontré, la faculté de choisir le mal; tout acte mauvais dans l'homme est une dégradation de la liberté individuelle, et tout acte mauvais dans la société est une dégradation plus ou moins directe de la liberté sociale. l L'ordre et le progrès dans les êtres libres résultent de la faculté du bien et de son exercice; une société, comme un homme, élève et agrandit sa liberté dans la mesure où elle choisit le bien. Voilà pourquoi nous avons admis de la liberté cette définition qui renferme avec son essence le secret de son perfectionnement : mouvement sans entraves des volontés dans le bien. Cette définition, vraie dans l'homme , est vraie aussi dans la société ; la plus grande faculté de se déployer dans la sphère du bien, et la plus grande sauvegarde contre les envahissements du mal, c'est vraiment la formule des peuples libres; et cette formule au point de vue doctrinal absolument incontestable, est la condamnation de la liberté fausse et malsaine qui consisterait à consacrer entre le bien et le mal l'égalité réciproque des droits, et à leur assurer une même

n PROGRÈS m«hi. PAH LEGALITE CHRETIENN]

sauvegarde et une même protection ; idée impraticable, socialement et rationnellement inacceptable, parce que le mal par lui-même ne peut avoir de droits, et qu'il est de sa nature impuissant à tolérer la liberté du bien. < >r, étant admis que la liberté vraiment progressive résulte du progrès des volontés dans le bien, il est facile d'entendre que le christianisme crée la liberté, parce que le propre de Tact ion de Jésus-Christ est de provoquer et de réaliser partout le moin ement dans le bien : i! met le bien dans ceux qui obéissent, le bien dans ceux qui commandent, le bien dans les constitutions qui expriment leurs mutuels rapports ; et par ces trois influences qui n'en font qu'une, il fait croître et mûrir les \ raies libertés, comme le soleil fait croître les plantes et "mûrir les fruits. Plus le mouvement de toutes les volontés dans le bien se développe et se perpétue par Jésus-Christ, plus la liberté humaine et sociale se rapproche de son type éternel ; plus ce mouvement diminue par l'abaissement du christianisme, plus la liberté humaine et sociale s'éloigne de son type éternel. Le complément et la consommation de la

lo

liberté, c'est le paradis; le ciel est la vraie patrie des libres : le complément de la servi tude, c'est le règne de Satan; l'enfer est la vraie patrie des esclaves.

En vous démontrant ces choses, Messieurs, je n'ai nullement la prétention de vous rien apprendre de nouveau; j'ai voulu éveiller en vous-mêmes le témoignage intérieur que vous rendez, sans y songer, à des vérités incontestables. Quoi qu'il en soit des difficultés pratiques qu'impose aux sociétés le mélange de la vérité et de l'erreur, du bien et du mal, il n'en fallait pas moins faire reluire dans la région des principes une vérité élémentaire, voilée aux intelligences les plus droites par tant de livres ténébreux et de discours obscurs.

Le travail de restauration évangélique que nous avons fait pour l'autorité et la liberté, nous essayerons de le faire aujourd'hui sur un autre élément du Progrès social, qu'on a désigné par ce mot : YÉgalité. Le mot Égalité est plus clair que toute définition : matériellement, il n'y a rien de plus simple qu'une chose égale à une autre, ou deux choses avant une

Page 1