‹ Le progrès par le christianisme (volume 2)Chapitre 2 sur 20 · PROGRÈS v"< IAL P IB L*AI TOB · texte numérisé non relu

PROGRÈS v"< IAL P IB L*AI TOB

\|nc> avoir détruit autant qu'il était en eui toutes les autorités, ces hommes emportés par un même penchant à l'abîme d'une même contradiction, onl rêvé de reconstruire avec les débris de toutes les autorités une seule autorité, <>u plutôt une seule autocratie; autocratie colossale, monstrueuse, impossible.

qui sous le nom d'Étal devrait tout absorber, religion, enseignement, philosophie, gouvernement et propriété : l'État pontife, l'Étal révélateur, l'État roi. l'État propriétaire et maître unique de tout : autocratie impersonnelle, la plus despotique qu'on ait jamais imaginée, seule capable de châtier les peuples révolutionnaires des outrages faits à toutes les autorités par la confiscation de toutes les libertés.

Tel est, Messieurs, le courant qui depuis trois cents ans entraîne le monde moderne : et ce courant orageux qui passe en ébranlant toutes les autorités, s'il ne les renverse tout à fait, j'entends dire que c'est le Progrès qui emporte les sociétés aux magnificences de l'avenir ! Ah ! je n'en suis pas étonné ; le Progrès, avec toute sa magie, toute sa séduction, tout son

prestige , on l'a fait responsable de toutes les modernes folies. Il est temps qu'à la dignité <[ue porte ce nom, une réparation soit faite ; il est temps que la vérité qui sauve, élève aussi haut qu'elle peut sa protestation contre des mensonges qui tuent ; et il ne tiendra pas à moi que cette réparation ne soit faite, et que cette protestation ne soit entendue !

Non, Messieurs, non; toutes ces guerres déclarées à l'autorité n'ont pas marqué les vrais progrès du monde : elles ont marqué des degrés divers de notre décadence.

Non, la révolte religieuse contre l'autorité de l'Église ne fut pas un progrès dans la religion. Le protestantisme n'est pas l'accroissement du christianisme, il en est la diminution : diminution du doçiiie chrétien, diminution de la morale chrétienne , diminution du culte chrétien, voilà le protestantisme : hors de là il n'y a plus de protestantisme, il n'y a que le christianisme. Tout ce qui dans le protestantisme ne diminue pas le christianisme, n'est pas protestant mais catholique.

Non, le rationalisme ne fut pas un progrès dans la philosophie, ce fut une décadence. Les

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vérités les plus conservatrices el l<'> mieux protégées par l'autorité de I Eglise el le bon Bens des peuples, il les a ébranlées ; el aujourd'hui comme toujours, il déracine les vérités sans en raffermir aucune. Tout ce qu'il <lii de vrai, i! le dit avec nous; imii ce qu'il dit de t';m\. il le dit <lo lui-même, el il le «lit contre nous : toul ce qu'il tient de nous l'empêche de tomber plus lias; el tout ce qu'il tient de lui-même tend à nous délira (1er.

Non , la révolution politique dans sa guerre faite à l'autorité no fut pas un progrès. Les quelques vérités mises alors peut-être dans un plus grand jour, ne furent que l'évolution prématurée dos principes qui germaient an fond de la société chrétienne. Sans la violence de ses secousses, le mondo social eût obtenu un perfectionnement progressif pareil à ceux que l'ont ensemble Dieu et la nature. La Révolution, comme antagonisme à l'autorité , n'a fait que déraciner ; et depuis ce temps le monde politique toujours ébranlé ressemble à un édifice qui cherche ses fondements.

Non, le socialisme qui veut renverser avec toutes les autres autorités cette dernière auto

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rite . la propriété , ce n'est pas le Progrès social. Vainqueur un jour, il précipiterait le monde de la civilisation dans la barbarie , et de la barbarie dans l'état sauvage; car son suprême aboutissement , c'est l'homme débarrassé de toute autorité : l'homme en tout et partout ne dépendant que de lui-même. Or cette autocratie personnelle de tout homme par rapport à lui seul, en d'autres termes, l'individualisme à la plus haute puissance, cela veut dire, non plus l'homme civilisé, l'homme social ; cela veut dire l'homme sauvage. Vous qui rejetez le frein de toute autorité, sortez, sortez de la civilisation ; allez où votre penchant vous pousse , allez conquérir au désert l'indépendance de l'homme. En vérité, je vous le dis, si la nature n'était pas dans les hommes plus forte que leurs erreurs, la guerre faite à l'autorité vous conduirait là; et l'horreur de l'état sauvage se mêlerait parmi nous aux splendeurs de la civilisation.

Et dès lors, Messieurs, nous pouvons juger au point de vue du Progrès social notre société au dix-neuvième siècle. Les grands coups portés successivement à l'autorité depuis trois siècles,

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lui onl donné des ébranlements jusqu'à nous inconnus, el menacent toujours le inonde moderne d'une catastrophe dont il n'y .1 pas eu d'exemples. Oui, Messieurs, le grand danger de notre monde social, le voici : la haine des autorités; la conspiration contre les autorités; el, ce qui est encore plus redoutable, le mépris dos autorités. On l'a l'ail remarquer : jouir, s'rnricliir et mépriser, sont les trois grandes passions qui tourmentent le présent et menacent l'avenir : et je n'hésite pas à dire que la troisième nous menace encore plus que les autres. Je ne sais quels souffles de mépris semblent monter de toute part jusqu'aux fronts les plus augustes, pour emporter avec leur auréole leur prestige et leur majesté. L'idée révolutionnaire incarnée dans des hommes , organise dans le monde entier une conspiration contre l'autorité, telle que l'histoire n'en a pas racontée : elle marche sous terre et au soleil ; tandis qu'elle l'orge dans des arsenaux mystérieux les armes dont elle médite de 1 rappelles corps, elle s'avance portant au grand jour le glaive redoutable qui frappe l'autorité au fond des âmes, le mépris. Non, jamais rien

de semblable ne s'était vu. C'est la tentative la plus gigantesque qui ait été faite dans les siècles pour anéantir le point d'appui de tout ordre et de tout progrès social : c'est, le suprême effort de l'anarchie contre l'autorité, ou du socialisme contre la société. On dit que Galigula souhaitait une seule tête au peuple romain pour se donner la joie de l'abattre d'un coup. La Révolution moderne a surpassé l'ambition de Galigula: elle voudrait une seule tête à toutes les autorités de l'Europe, pour consommer en l'abattant d'un coup le règne de l'anarchie.

Et, chose plus désolante encore, tandis que cette haine de l'autorité sort du cœur des méchants armée de menaces , de foudres et de machines infernales, elle rencontre aujourd'hui de toute part une complicité aveugle qui semble vouloir accélérer le triomphe de l'anarchie préparé par les complots. La conversation mondaine, telle que la fait l'esprit de ce temps, devient comme un parlement universel où loute autorité avec ses actes esfren but à la critique, si ce n'est à l'insulte : là tous sont de l'opposition, tous prêts à l'attaque, personne à la

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défense. Que dis-je? Qu'une grande autorité .fans le monde paraisse un momenl compromise, même par l'héroïsme «lu devoir, on entend retentir au fond des âmes un bruil « 1 1 1 ï ressemble à un applaudissement ; el si un homme se rencontre plus audacieux que tous les autres, qui, à la face du monde, ose lui jeter l'outrage . il excite dans les multitudes un tressaillement mauvais : l'insulte à l'autorité l'ait le charme de sa parole, ou le succès de son livre; et l'on croit entendre des millions de \oixqui disent : Il a bien fait.

\ussi, lorsque je prête l'oreille au retentissement de ces entretiens révolutionnaires où l'autorité sous toutes les formes est livrée à la contradiction des langues, et où les honnêtes gens eux-mêmes gagnés par la contagion du siècle , s'égayent à ces jeux mortels (jui font périr les nations : lorsque je vois au milieu de l'Europe tout un monde de lettrés occupé chaque jour à écrire des mensonges, des calomnies , des invectives , qui s'en vont frapper tantôt avec audace , et tantôt avec hypocrisie, ici une autorité civile, là une autorité politique , ailleurs une autorité reli-

gieuse : lorsque je vois le mépris armé de la littérature, sortir des ateliers de la presse et monter chaque jour par les colonnes du journalisme à l'assaut de toutes les grandes autorités morales , avec d'autant plus d'acharnement que ces autorités sont placées plus haut dans l'estime et le respect des nations : lorsque je vois vos théâtres faisant du mépris des autorités l'amusement des multitudes, les livrer à la risée du peuple dépouillées de leur prestige et découronnées de leur gloire ; m>s dramaturges cherchant aux sources de la démagogie des inspirations antisociales, montrer sur la scène tout ce qui doit commander couvert de tous les vices, et tout ce qui ne doit qu'obéir orné de toutes les vertus: lorsque je vois aujourd'hui un magistrat, demain un prêtre, après demain un monarque, travestis sur la scène sous les regards du peuple, et n'y paraissant que pour y recevoir, avec l'anathème que Ton jette au crime, le mépris que l'on accorde au ridicule : lorsque enfin je crois voir et sentir partout, contre toute autorité une conspiration permanente, universelle, implacable : ah ! Messieurs, je me de-

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mande avec effroi où va oolre Bociété mo- Jerne emportée par ce vent «lu mépris qui semble depuis trois siècles souffler de toutes paris; el je me dis .- Elle \a où laRévoiuliim la pousse: elle ^a où Satan l'entraîne. à l'abîme où les sociétés périssent avec l'autorité I...

Sachons-le bien, Messieurs, là est dans notre présent la question de notre avenir; il faut sauver toutes les autorités: autorité des pries, autorité des maîtres, autorité des magistrats, autorité des fonctionnaires, autorité des prêtres, autorité des évêques, autorité des rois, autorité des pontifes. Ah! croyez-le bien, nous ne demandons pas contre les excès de l'indépendance des réactions despotiques , nous demandons pour tous les représentants de l'autorité des respects nécessaires ; nous ne voulons pas la servitude des sujets qui obéissent, nous voulons l'obéissance aux autorités qui commandent. Que tous ceux qui veulent avec nous le Progrès du monde par les voies légitimes répondent noblement à notre appel. Hommes d'ordre et de progrès, somenez-vous que si l'asservissement aux pouvoirs usurpés est l'abaisse-

ment social, la grandeur des nations n'est que dans la soumission aux puissances légitimes. Elevez-vous au-dessus de ce préjugé barbare qui met le Progrès des sociétés dans l'affranchissement de toute autorité ; et ne craignez pas de donner à tout ce qui en porte l'honneur cet amour, ce respect et cette obéissance qui remontent jusqu'à Dieu, quand on les donne aux autorités qui descendent de Dieu.

Et vous tous, que le Ciel a marqués avec un éclat divers de ce signe de la puissance et de la majesté divine, dépositaires de l'autorité, de quelque nom que l'on vous nomme , et sous quelque forme que vous apparaissiez, magistrats, fonctionnaires, capitaines, Prêtres, Rois, Empereurs et Pontifes, ah ! n'oubliez jamais la loi de solidarité qui lie toutes les autorités dans la communauté des mêmes mépris et des mêmes respects : à travers les agitations révolutionnaires qui ébranlent le monde moderne, donnez-vous la main : formez de toutes les grandes autorités morales un bouclier pour la société et un rempart pour la civilisation; et, afin de donner à votre autorité une sauvegarde

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plus Porte (|ti«' La conspiratioo «1*> hommes^ tombez tous aux pieds <]<■ Jésus-Cbrisl ; aimez, respectez, adorez i < »us ensemble cette autorité d'où nous vient pour le Progrès du mondr i(»uki véritable autorité.

DEUXIEME mNKKIiBNGK.

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