‹ Le progrès par le christianisme (volume 2)Chapitre 7 sur 20 · LE PROGRÈS SOCIAL PAH F.-C. IL'TORITÉ · texte numérisé non relu

LE PROGRÈS SOCIAL PAH F.-C. IL'TORITÉ

défense, la sauvegarde, j'entends la défense et la sauvegarde morale, elle esl dans l'Église de Jésus-Christ, qui est sur la terre la plus haute autorité. Ali! si vous l'ignorez, mis ennemis le savent. Pourquoi contre l'Église de Dieu, dans nos temps modernes, ces cris, ces complots, ces conjurations, et ce long frémissement des peuples? Quare fremuerunt gentesj et populi méditait sunt inania?... C'est la Révolution qui en attaquant l'autorité de l'Église court à l'assaut de l'autorité de Dieu : Adversus Dont inum et adversus Christian ('jus. Oui , les révolutionnaires ont dit dans leurs complots '. Brisons les chaînes que cette autorité nous l'ait ; et ce joug qui tient partout les peuples dans l'obéissance et les gouvernements dans le respect, repoussons-le : Dirurnpamus vincula porum, et projiciamus a nobis jugum ipsorum. Voilà ce qui explique mieux que tout la conspiration qui s'agite autour du centre de l'Église; voilà ce qui dit assez haut à ceux qui veulent l'entendre , pourquoi la terre privilégiée qui porte le siège de cette grande autorité, ressemble de nos jours à une terre volcanique d'où menace de s'échapper la lave

brûlante qui tue les nations. C'est que les ennemis de l'ordre social, par l'instinct d'un génie qui ne les trompe pas, sentent que ce centre de l'autorité morale venant à s'ébranler et à tomber sous leurs coups, plus rien de l'ordre social protégé par cette autorité ne pourrait subsister : parce que la plus grande force du monde est vraiment là où apparaît parle deliors la plus grande faiblesse.

Comment comprendre autrement, je vous prie , cette conspiration de plaintes , de clameurs, d'insultes, de mépris et de mensonges que la Révolution sous toutes les formes et par tous les moyens organise cbaque jour autour du trône de la catholicité? D'où vient à Rome enfin le privilège incomparable d'attirer les colères et de concentrer les injures ? D'où vient à cette puissance humainement si faible le singulier honneur d'irriter les géants, et de retourner contre elle le bras armé de tant de forts? Pourquoi la Révolution ne se remue-t-elle pas autour du saint-synode de l'Église orthodoxe? Pourquoi laisse-t-ellc si tranquilles tous les pontificats de l'Eglise anglicane? Pourquoi n'a-l-elle rien à deman-

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dei la menace aux lèvres et I»' poignard à la main, à l'Église presbytérienne, luthérienne, calviniste ou socinienne? Pourquoi ces grands réformateurs ne courent-ils pas à Berlin, à Stockholm, à Londres, à la Haye et à Saint- Pétersbourg, au nom de la civilisation et du progrès, demander à ces religions de se transformer, de se régénérer, de se révolutionner ; en d'autres termes, de se supprimer? Ah! je vais vous dire le mot de ce mystère : c'est qu'à Berlin, à Stockholm, à Londres, à Saint- Pétersbourg, et dans toutes les capitales du schisme et de l'hérésie, il y a des religions faibles protégées par des gouvernements matériellement forts; et qu'au centre de la catholicité, il y a la religion la plus forte protégée par un gouvernement matériellement le plus faible ; c'est qu'enfin cette grande puissance morale, assise dans le néant de la force matérielle , est le plus ferme rempart de tous les gouvernements de la terre.

Voilà pourquoi l'Église catholique, et spécialement l'Église romaine, a le privilège réservé des haines révolutionnaires; et si Bossuet était ici, planant de son vol d'aigle sur ces

conspirations et ces luttes qui agitent le monde, il me semble qu'il s'écrierait encore, mais avec une voix agrandie par nos malhenrs et émue par nos dangers : Et nunc, reges , intelligite ; erudimini , qui judicatis terrain.

OÉsrlisede Jésus-Christ! vous êtes l'autorité

de Dieu dans l'humanité; demeurez au milieu de nous comme la sauvegarde et le boulevard inébranlable de toute humaine autorité !

OÉglisede Jésus-Christ! des gouvernements vous ont traitée en étrangère, des gouvernants en rivale , des ingouvernables en ennemie. Mais l'humanité qui vous comprend ne partage pas ce vertige ; elle sait que vous êtes une mère, et qu'une mère ne peut être ni une ennemie, ni une rivale, ni une étrangère pour ses enfants !

0 Église de Jésus-Christ ! vous êtes l'autorite, mais aussi la bonté de Dieu descendue sur la terre ; bénissez ceux qui vous méconnaissent; bénissez ceux qui vous jalousent; bénissez surtout ceux qui vous persécutent! Bénissez-nous tous par la main de ce bienaimé pontife qui porte dans son cœur le

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trésor de votre amour, el à son front le si^ne de votre autorité ; que cette bénédiction vienne sceller dans Q08 cœurs, avec notre dévouemenl pour vous, notre respect, notre obéissance et notre amour pour toutes les puissances qui \ons vénèrent, ^>ns aiment et nous obéissent!

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