ET LA SCIEN'CE DU MONDE
VOUS puissiez définir. Et, bon gré mal gré, celte question s'attache aux flancs de votre science impuissante, pour lui demander son dernier mot sur le rapport du fini et de l'infini. Dieu pouvait-il ne pas créer le monde, oui ou non? S'il pouvait ne pas le créer, comment la création n'est-elle pas libre? S'il ne pouvait pas ne pas le créer, comment la création n'est-elle pas nécessaire? Si elle est nécessaire^ comment la substance créée se distin2;ue-t-elle de la substance incréée? Et si elle ne s'en distingue pas, comment le monde n'est-il pas Dieu ; et comment prétendez-vous n'être pas panthéistes?... La tergiversation ici n'est pas de mise. La métaphysique n'est pas comme la politique, elle ignore les accommodements. Il faut que votre science se prononce pour l'athéisme, pour le panthéisme, ou pour le Christianisme. En vain vous voudriez trouver un dernier rempart derrière ce théisme timide et honteux, qui naguère encore admettait^ presque en rougissant de sa piété, qu'à la rigueur on pouvait reconnaître qu'une certaine intelligence préside peut-être aux lois et au mécanisme du monde. Ces peut-être ne nous disent qu'une chose, votre
impuissance de savoir. La science ne vit pas de peut-être. Et puisque tous gardez l'ambition de formuler une science du monde, au no mdela science, il faut que vous disiez d'où vient le monde, quelle est la cause du monde, qui a fait non-seulement ses lois et son mécanisme, mais sa substance elle-même; oui, il le faut; et contre le dogme cbrétien, vousn'y parviendrez pas. Votre Dieu qui crée le monde de sa substance;, ou votre Dieu qui coexiste avec un monde coéternel à lui-même , ab ! nous le voyons trop clairement^ ce Dieu n'est pas un Dieu. Votre monde avec Dieu , n'est qu'un monde sans Dieu ou un monde-Dieu. Athéisme ou panthéisme; c'est-à-dire le monde sans raison d'être et sans solution scientifique : voilà votre alternative ; vous n'en pouvez sortir que par la formule catholique , la seule que la raison sanctionne. Il n'y a de scientifique ici que la foi de la catholicité, la foi qui chante : Credo iiiDeumpatrem omnipGtentcm... creatorem cœ'i rlterrœ : hymne harmonieux du mystère de la création et de la science du monde.
TROISIÈiME CONFERENCE