‹ Le progrès par le christianisme (volume 4)Chapitre 6 sur 10 · DEVANT L^ÉCONOMIE. 2H · texte numérisé non relu

DEVANT L^ÉCONOMIE. 2H

tions supérieures. Alors, l'idéal de ma yie n'est plus cet idéal vulgaire rêvé par les chercheurs d'or et les faméliques de la jouissance : travailler pour jouir, amasser pour consommer ; faire sa fortune en dix ans par un opiniâtre travail, pour se reposer trente ans dans une oisiveté stérile. Riche ou pauvre, qu'importe! je travaillerai, parce que tra- "vailler est mon devoir de demain, comme mon devoir d'aujourd'hui ; je travaillerai, parce que l'homme est né pour travailler^ comme l'oiseau pour voler^ selon le beau mot de l'Écriture. Si je me suis créé, à force de labeur, le nécessaire de la vie et un rempart contre la faim, ce n'est pas pour ensevelir toutes mes énergies dans un stérile repos et une molle opulence ; c'est pour les retourner vers des sphères plus élevées et de plus nobles fonctions : pour moi, le travail succédera au travail, comme le jour au jour et le devoir au devoir. Adorateurs de la jouissance, travaillez pour jouir ; travaillez pour vous repaître, si ce n'est pas pour vous dégrader et vous avilir : moi, je travaillerai pour ajouter, si je le puis, au progrès do l'humanité le progrès de ma propre vie.

Ainsi la société entière recueille jusqu'au bout les fruits de ces vies soumises à la loi du travail chrétien ; vies toujours fécondes, qui produisent en toutes saisons, et quelquefois font éclore, même à l'heure du déclin, leurs plus riches moissons ; pareilles à ces arbres forts qui versent à un automne tardif, dans des fruits plus suaves, la meilleure part de leur sève.

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