‹ Le progrès par le christianisme (volume 4)Chapitre 8 sur 10 · DEVANT L'ÉCONOMIE CONTEMPORAINE · texte numérisé non relu

DEVANT L'ÉCONOMIE CONTEMPORAINE

Monseigneur,

Messieurs,

La plus grande puissance que Dieu ait donnée à l'homme pour créer la richesse et se défendre contre la misère, c'est la puissance du travail. Et si le christianisme est une si grande force, même dans l'ordre économique, c'est que^ par sa doctrine et sa législation, il

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crée et maintient dans les peuples le travail \i'aiment productif et vraiment fécond.

Le christianisme donne la vraie notion du travail; pour lui, le travail est un effort, une peine, le résultat d'un châtiment. — Le christianisme assigne au travail sa véritable fin ; le chrétien ne travaille pas pour jouir; il travaille pour faire son devoir et perfectionner sa vie. — Le christianisme donne au travail un ressort généreux^ le dévouement, ressort composé de ces trois éléments sacrés : l'expiation, le sacrifice et la solidarité. — Le chistianisme fait au travail une dignité : il l'ennoblit par tout ce que je viens de dire, et surtout par son assimilation avec le divin ouvrier de INazareth. — Le christianisme, enfin, crée l'harmonie du travail, en lui donnant sa vraie mesure, et en déterminant entre la fatigue et le repos la proportion qui rend l'un et l'autre productifs et salutaires.

Et maintenant, Messieurs, après vous avoir montré l'objet de l'économie, l'homme , la source de l'économie, la famille, — le but social de l'économie, l'extinction du paupérisme, — l'instrument de l'économie, le tra-

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vail ; il me reste à vous dire ce qui doit gouverner le tout, pour tout rendre fécond ; il me reste à vous montrer ce que je désigne par ce seul mot, la loi de l'économie ; loi générale, nécessaire et absolue, sans laquelle rien n'aboutit, et tout meurt plus ou moins dans une stérilité honteuse.

La loi est la règle qui conduit les choses à leur terme. Tout ce qui dévie de sa loi s'égare, se corrompt, se déshonore et se dégrade dans la mesure exacte de cette déviation. Il importe donc souverainement au bonheur môme terrestre de notre humanité, de dégager et de formuler clairement la loi supérieure qui doit dominer toute l'économie, si l'on ne veut qu'elle conspire avec toutes ses puissances contre le vrai bien-être de l'humanité. Cette loi, Messieurs, j'ai hâte de le proclamer en face du mystère de la croix qui resplendit à nos yeux, c'est la loi du renoncement et de l'abnégation.

Le christianisme, dans sa grande affirmation du renoncement et de l'abnégation, a manifestement contre lui les tendances générales de notre siècle. Or^ il se trouve que cette loi

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de l'abnégation, à laquelle le siècle fait une opposition radicale, est pour le monde économique lui-même une loi de salut, d'harmonie et de progrès (1).

Ainsi, Messieurs, nous terminerons ce que nous avions à dire sur le point de vue économique de notre thèse générale. La nature de cet enseignement et l'étroite limite du temps nous a forcé de ne montrer que les grands aspects de ce sujet; notre compétence, d'ailleurs, ne nous permettait pas davantage.

Si des économistes éminents trouvent que cette prédication ne les atteint pas, je ne puis que m'en réjouir. Tous comprendront du moins, j'ose l'espérer, qu'un séparatisme absolu entre l'ordre économique et l'ordre moral tel que l'entend le christianisme, est désormais une thèse insoutenable ; c'est une utopie désavouée par la nature des choses et fatale à l'économie elle-même. Que certaines sciences se jouent avec une indépendance absolue dans

(1) Un auteur chrétien a fait sur ce sujet un ouvrage remarquable que tous liront avec profit : De la richesse dans les sociétés chrétiennes, par Charles Perrin, professeur d'économie "a l'université de Louvain.

DEVANT l'Économie contemporaixe. 307 le domaine de l'abstraction et de la mécanique pure, aussi loin que possible des confins de la vie réelle, nous n'avons pas à nous en inquiéter. Mais, lorsqu'une science vient à toucher à la vie humaine, il ne lui est pas permis de scinder l'homme sous le prétexte vain d'être une spécialité. Le prêtre kii-même, qui exerce la thérapeutique de vos âmes, ne peut faire abstraction de vos corps ; réciproquement, les sciences qui touchent à vos corps vivants, ne peuvent faire une abstraction absolue de la vie de vos âmes. L'économie est de ce nombre. Elle est obligée de tenir compte des âmes sous peine de blesser même les corps ; et ses grandes lois régulatrices ne se trouvent pas, en définitive, dans l'ordre matériel où elle se meut^ mais dans l'ordre moral sur lequel elle doit s'appuyer. Nous allons voir aujourd'hui spécialement que le renoncement, qui est par excellence la loi de l'ordre moral, est par une connexion nécessaire la grande loi de l'ordre économique. Dieu me donne de mettre dans une pleine lumière cette vérité tout à la fois la plus méconnue et la plus fondamentale, laplus incomprise et la plus nécessaire en économie.

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Et d'abord, Messieurs, avant d'aller plus loin, il importe de mettre ici le renoncement et l'abnégation en face du christianisme ; il faut affirmer la vérité absolue de la doctrine évangélique en elle-même et dans ses rapports avec l'usage et la jouissance des biens terrestres. Il le faut d'autant plus que, comme nous le verrons tout à l'heure, la doctrine évangéhque subit, sous ce rapport, dans notre siècle, des altérations, des déguisements et des agressions qui tendent à l'amoindrir, à l'effacer de plus en plus, et même à la détruire tout à fait. Il ne manque pas d'hommes bien intentionnés qui^ rêvant avec l'esprit du siècle des alliances impossibles, semblent rougir de l'austère doctrine de leur Évangile et de l'austère visage de leur Christ ; on dirait qu'ils voudraient voiler l'un et l'autre^ pour les faire mieux agréer d'une génération qui repousse la vérité pleine et la sincérité absolue.

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A Dieu ne plaise que je rougisse de mon Évangile et de mon christianisme, si âpre dûtil paraître à la mollesse de mon siècle ; îion erubesco Evangelium. Or, mon Évangile et mon christianisme, c'est la doctrine et la pratique du renoncement et de l'abnégation. Le renoncement est l'essence de mon christianisme. Le christianisme est un renoncement divin ; c'est une abnégation infinie. Le renoncement est la lésrislation de mon christianisme: il en est le divin abrégé ; abnega temetipsum; c'est la parole qui sépare les deux mondes, le monde chrétien du monde antichrétien. Le renoncement est l'histoire de mon christianisme; c'est par là qu'il a soulevé l'humanité, et c'est par là qu'il la maintient, et la fait marcher vers tous les légitimes progrès. En un mot, le renoncement est mon christianisme lui-même.

Je voulais développer et étendre ces considérations ; mais, pressé par le temps, j'ai cru que je pouvais poser ces affirmations comme des données incontestables et incontestées. Que le renoncement soit le fond substantiel du christianisme, les chrétiens le savent, et les adversaires eux-mêmes ne le peuvent ignorer.

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Il fallait au moins rappeler, comme point de départ, ce principe fondamental : le renoacement et le christianisme sont identiques.

Sans doute, et je m'empresse de le proclamer, pour ceux qui pourraient craindre ici l'exagération de l'austérité évangélique, le christianisme ne repousse pas le bien-être des nations qui relèvent et s'inspirent de lui. L'Évangile dit anathème aux riches qui abusent de la richesse, et à ceux-là surtout qui laissent Lazare affamé et mourant sur le seuil de leur palais ; mais il ne dit pas anathème à la richesse prise en elle-même ; surtout, il se garde de maudire la félicité que l'homme se prépare, même sur la terre, en se faisant par son travail une défense contre la misère. Ceux qui s'en vont redisant, sous toutes les formules, que le christianisme maudit la matière et anathématise le bien-être, répètent, sachant ce qu'ils font^ un mensonge calculé ; ils s'efforcent de lui arracher, pour s'en couronner eux-mêmes, cette auréole de popularité qui l'environne encore aux yeux des nations.

Pour le christianisme, comme pour toute philosophie qui a le secret de la vie, les ri-

DEVAM" l'Économie contemporaine. 31J chesses ne sont pas le souverain bien, et l'homme n'y peut attacher ses désirs comme au terme final de ses ambitions ; mais les richesses sont des biens; biens inférieurs, relatifs et transitoires ; que l'homme accepte en passant dans la vie, à peu près comme le voyageur accepte sur sa route l'aliment, le secours, le rafraîchissement, et quelquefois les charmes que la Providence y a semés. User de la richesse dans une mesure harmonieuse, non pour se laisser dominer par elle, en s'y attachant comme à sa fin, mais en s'affranchissant d'elle, comme un libre voyageur s'affranchit des servitudes du chemin : voilà tout d'abord ce que veut le christianisme face à face avec les biens matériels.

Mais, Messieurs, il faut le dire pour le triomphe de la vérité pleine, le christianisme va plus loin. Non-seulement il demande la modération dans le désir ; non-seulement il ordonne l'usage raisonnable des biens inférieurs pour une fin supérieure ; il demande aux chrétiens, au moins dans une mesure, l'abnégation, le renoncement, le sacrifice et la privation ; et à ceux qui veulent suivre de plus

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près leur Dieu pauvre et crucifié, il en conseille l'héroïsme.

Le Christ, en touchant de son cœur le cœur de l'humanité généreuse, se fait une aristocratie digne de lui, ornée des insignes de Bethléem et du Calvaire ; et il dit à cette légion choisie : Va dans ta pauvreté volontaire et ta libre abnéo;ation ; marche devant l'humanité, pour l'arracher à l'orgie de ses sens, et entraîne-la sur tes pas, ne fût-ce que de loin, vers l'idéal du sacrifice et de l'abnégation.

Telle est, dans son résumé véridique, la vraie doctrine évangélique apphquée à l'usage des biens matériels et de la richesse terrestre.

Qui croirait, Messieurs, que cette grande doctrine du renoncement et du sacrifice, la plus progressive et la plus réformatrice des doctrines^ pût rencontrer contradiction de la part de ceux-là mêmes qui appellent toutes les réformes et tous les progrès? Comment concevoir que cette doctrine si essentiellement généreuse, qui combat tous les égoïsmes, retrempe toutes les âmes, et rehausse l'humanité par toutes ses divines influences, rencontre cependant une si opiniâtre opposition?

DEVANT l'Économie contemporaine. 313 Comment se fait-il surtout que ce siècle, qui a réagi avec quelque courage contre les préjugés et les haines du siècle précédent, qui a remis lui-même au front du christianisme cette couronne de respect et de popularité que le siècle de Voltaire avait essayé de faire tomber de sa tête divine, fasse par son fond une opposition plus ou moins ouverte à cette doctrine de l'abnégation et du sacrifice, c'est-à-dire au fond même du christianisme?

Il est trop vrai, pourtant ; et nous voudrions en vain le taire : oui, ce siècle, dans son ensemble, fait à la doctrine et à la pratique du renoncement une guerre plus ou moins avouée, tantôt sourde et tantôt éclatante, mais profonde cependant. Cet antagonisme contemporain à la loi du renoncement chrétien n'a pas, je le sais, dans tous les opposants les mêmes caractères : il est, dans ses formes et même dans son fond;, infiniment varié. Afin d'embrasser sous trois couleurs distinctes toutes les nuances d'opposition faites par les doctrines contemporaines à l'austère loi de l'abnégation ' et du renoncement, distinguons surtout trois écoles, séparées entre elles par des lignes pro-

fondes, mais se rencontrant dans une tendance qui, sans être identique, a quelque chose d'analogue et de commun .

La première de ces écoles, que je nommerais volontiers semi-chrétienne, tout en arborant le drapeau du christianisme, altère et diminue l'austère loi du renoncement. Des hommes de notre temps, s'inspirant plus du souffle de leur siècle que de l'esprit de leur foi, l'amour du Christ au cœur et l'Évangile à la main , nous annonçaient je ne sais quel règne terrestre de Jésus-Christ, dans lequel le christianisme, au point de vue économique et social, devait recevoir sa véritable application et son entière réalisation, estimant que l'Évangile, jusqu'à nous, n'avait reçu encore dans ces deux sphères qu'une médiocre apphcation, si tant est qu'il ait reçu même une application quelconque, sorte de millénarisme nouveau, nous montrant, sous les portiques entr'ouverts d'un ravissant avenir, l'humanité chrétienne souriant à son Dieu sous un ciel inondé de rayons; utilitarisme pieux, socialisme évangélique, faisant consister le règne de Dieu dont parle l'Évangile dans je ne sais quelle sereine posses-

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sion de la terre par des chrétiens fortunés ; paradis terrestre futur dont on nous faisait, toujours au nom de l'Évangile, comme un vestibule du ciel.

Comment devait se réaliser ce nouveau règne de Dieu, règne du bien-être achevé et de l'aisance universelle, ayant pour roi le Dieu pauvre de Bethléem, le Dieu ouvrier de Nazareth, le Dieu crucifié du Golgotha?... Mystère. Quand surgirait |cette humanité qui devait adorer couronnée de roses son Christ couronné d'épines?... Mystère. Les plus hardis révélateurs des prophéties apocalyptiques ne poussaient pas jusque-là la sûreté de leurs vaticinations : ils n'osaient marquer du doigt sur le cadran de l'avenir l'heure qui verrait lever le soleil de ce terrestre paradis, oià le Dieu du Calvaire régnera sur des discipleSj en partie affranchis de l'austère loi de la privation, de la souffrance et de la pauvreté. Mais, tôt ou tard, ce soleil se lèvera; et déjà on peut l'entrevoir dorant de quelques reflets les lointains horizons.

Certes, Messieurs, quand même ces théories hasardées ne seraient pas une utopie, elles

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seraient toujours une altération grave de l'austérité évangélique. Le renoncement et le sacrifice, dans ces systèmes légèrement sensuels, et aussi féconds en prophéties que vides de démonstrations, ne sont plus guère qu'une sorte de pis-aller qu'il faut accepter encore quelque temps, en attendant la première aurore de ce règne de Dieu, qui doit réaliser dans toute sa prétendue perfection l'idéal évangélique. Rêve charmant qui trompait des âmes généreuses, religieusement émues au spectacle des misères humaines ; mais qui n'avait rien de commun avec la lettre,, et heaucoup moins encore avec l'esprit de l'Évangile. La page évangélique qui prophétise le plus explicitement le règne de Dieu, est un démenti donné par le Verbe luimême à ces théories quelque peu païennes imaginées par des chrétiens : et il faut avoir perdu, en partie du moins, le sens évangélique, pour s'obstiner à ne pas voir que ce règne de Dieu, annoncé par le Sauveur, est en contradiction flagrante avec ces rêves de félicité terrestre (1).

(l)MaUh. VI, 19-35.

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En effets pour quiconque cherche d'un œil simple dans cette page de l'Évangile la pure lumière évangéhque, il est évident que ce règne de Dieu et de la justice, qu'il faut chercher avant tout^ n'a sa réalité que dans un ordre purement spirituel, surnaturel et divin ; et jamais la vraie race des chrétiens ne se laissera séduire par ce pieux mirage, semblant de terrestre paradis, entrevu au bout de nos progrès par ce que j'appelle ici le semi - christianisme au dix-neuvième siècle.

Il est une seconde école moins chrétienne encore que la précédente, qui, sans lever contre le christianisme la bannière de l'opposition, écarte tellement de l'ordre social et économique les applications du vrai christianisme^ et en particulier du renoncement et du sacrifice chrétiens, qu'on arrive à n'y plus reconnaître, en effet, ni l'un ni l'autre. Cette école, qui parle encore de christianisme, n'en a plus que le simulacre; elle en garde autant qu'elle peut la popularité, et elle en décline dans toutes les sphères^ et particulièrement dans l'ordre économique, toute la réahté. Elle

est un perpétuel compromis entre le christianisme et l'antichristianisme, entre le sensualisme païen et le renoncement évangélique; et ce n'est que justice de la nommer de son vrai nom;, pseudo-chrétienne.

Cette école, généralement composée de toutes les nuances du spiritualisme philosophique et économique indépendant de toute révélation positive, déploie un art infini à s'envelopper et à se débarrasser tout à la fois du christianisme et de l'Évangile. Elle rase avec une merveilleuse habileté tous les confins du paganisme, sans prétendre pour cela abdiquer jamais son christianisme. Elle ne repousse pas d'une manière absolue la loi du renoncement et du sacrifice ; mais elle la fait plier aux aspirations de ce temps, et la rend facile aux exigences de l'humaine sensualité. Elle conserve ces noms pleins de prestige, en supprimant à peu près tout ce que ces noms signifient.

D'après ce christianisme commode^ le renoncement n'est ni la privation ni le détachement de la richesse et de la jouissance ; il n'est que la modération dans l'usage. La recherche

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du bien-être toujours croissant n'est pas seulement un droit, elle est un devoir ; Dieu même nous la commande. Le renoncement à la richesse n'est pas l'amour de la pauvreté; et la privation de la jouissance n'est pas l'amour de l'austérité ; et si le riche doit donner, c'est pour que le pauvre jouisse^ ce n'est pas pour se priver lui-même.

Ce renoncement, quoi qu'en dise une sagesse trop ingénieuse à se tromper elle-même, n'est, à le bien définir, qii'wi certain art de jouir j, selon la remarque d'un publiciste : il n'échappait pas à Épicure , et il eut ses héros même en plein paganisme. Au fond, il est la suppression même du renoncement et du sacrifice chrétien. L'idéal païen s'élevait jusquelà ; et si le Christ n'eût rien demandé de plus, il n'eût pas rehaussé d'une hgne les mœurs de notre humanité. Mais, l'Évangile sur mon cœur et la croix dans ma main, j'affirme que mon Christ a demandé davantage; il a demandé plus que la suppression de l'excès, plus que la modération dans l'usage; je jure qu'il demande, comme un bonheur pour nous et comme un honneur pour lui, la volontaire

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privation et le Yolontaire dépouillement : et moi, apôtre de l'Évangile, je l'en remercie; et j'atteste que je ne reconnais plus dans ce simulacre de christianisme la religion de mon Evangile.

Aussi chose remarquable, cette Économie, qui garde sur son fond païen les apparences chrétiennes, donne-t-elle la main en toute rencontre aux ennemis du sacrifice et aux insulteurs du Calvaire : et nous l'avons entendue absoudre, dans des discours et des livres applaudis, des théories philosophiques et économiques, dans lesquelles se déploie l'antagonisme le plus absolu à la loi du renoncement chrétien.

Il est, en effet, une troisième école plus conséquente que les deux autres, et qui dit hardiment anathème à la loi du renoncement; je la nomme, sans la calomnier^ antichrétienne.

L'homme, selon cette école, à travers laquelle le sensualisme déborde de toutes parts, n'est avec toutes ses puissances, qu'un des foyers de la vie divine. Dès lors tout est divin dans l'homme. Et parce qu'en lui tout est

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