‹ Le Progrès par le ChristianismeChapitre 12 sur 33 · EE CN · texte numérisé non relu

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hommes et dans les choses une domina lion qu'il est forcé de subir ; et au fond de tout, cette puissance de Dieu, qui ne nous commande jamais mieux, que quand elle s'arme pour se faire obéir de la force même des événements. J'ai vu partout dans la société, de degré en degré, les hommes obéissant à des hommes; oui, partout dans ce mécanisme vivant qui fait l'ordre et l'harmonie sociale, de bas en haut et d'une extrémité à l'autre, j'ai vu l'obéissance répondant à l'obéissance; à pju près comme dans ces chefs-d'œuvre de l'industrie moderne, chaque rouage obéil dans son action à un autre rouage , et ne trouve la liberté de son jeu que dans la perfection de sa dépendance. J'ai vu enfin l'humanité comme une hiérarchie de soumissions et comme un accord de volontés, où tout homme est appelé à obéir aujourd'hui, à obéir demain, à obéir toujours : et devant ce spectacle si plein d'enseignement et d'illumination, je me suis écrié : L'obéissance est la loi de la vie: et parce qu'elle est la loi delà vie, elle est et sera à jamais la loi de l'éducation.

Qu'est-ce donc ipie cette éducation de

PAU l'obéissance chrétienne.

l'homme qui prétend affranchir l'enfant de la loi de l'obéissance, alors que sa vie entière, alors que la société où cette vie doit se mouvoir, n'est à toutes ses étapes et à tous ses degrés que la perpétuité et l'universalité de l'obéissance? Vous le voyez, c'est une éducation radicalement fausse, puisqu'elle suppose une vie qui n'est pas noire vie et prépare à un avenir qui n'est pas notre avenir; éducation de la vie égoïste, non de la vie fraternelle; éducation qui élève pour le désert,, non pour la société ; éducation qui jette l'homme dans le faux pour le précipiter dans la contradiction, et par la contradiction à la décadence, si ce n'est à la ruine. Que sera cet être humain élevé dans l'indépendance et pour l'indépendance ? Que sera-t-il enfant? que sera-t-il adolescent ? que sera-t-il devenu un homme ?

Enfant, il aura tous les défauts moins les qualités du premier âge de la vie. II n'a pas connu la discipline de l'obéissance volontaire, devant lui l'autorité s'est abdiquée , le père s'est fait son bon ami et le maître son bon camarade : il a commandé à son père et il a gouverné son maître. Le voilà, le mal élevé, qui a

fait tout ce qu'il a voulu ; regardez-le à dix ans: il est esclave et despote lout ensemble; esclave de lui-même et despote des autres, il inflige à tous la tyrannie de ses caprices; il est mutin, arrogant, fier, insolent, provocateur, irascible, furieux quelquefois jusqu'à suffocation : car il faut un jour arriver à un refus : alors cet Impuissant ne se contient plus: il éclate, il frémit, il écume ; il frappe à droite et à gauche sur tout ce qui lui résiste, même sur la matière, si la matière ne lui obéit et ne fait ce qu'il veut : il est méchant, il esl féroce; vous diriez un sauvage.

Sauvage dans l'enfance, que sera-t-il adolescent? Voyez-vous d'ici le coursier plein d'ardeur, bondissant dans la prairie, captif et libre tout ensemble entre les barrières qui le protègent contre sa propre fougue? Impatienl de sa captivité, il s'élance en rompant ses attaches par-dessus ses limites; il court et se précipite sans guide et sans frein à travers les espaces. Pris du vertige de sa nouvelle indépendance, sa tête se trouble et il ne sail OÙ il va : il se heurte aux obstacles, il se déchire aux broussailles, il s'abat dans

TAU L'OBEISSANCE CHRÉTIENNE

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