‹ Le Progrès par le ChristianismeChapitre 15 sur 33 · HH^B · texte numérisé non relu

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docile et doux, porter sans murmurer et sans

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fléchir le joug affranchissant de la libre obéis-

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sance ; ceux surtout qui auront travaillé à façonner son caractère, et qui auront mis à ses

désirs impétueux, mais soumis, le frein qui a donné à son vouloir le ressort et la force; ah!

ceux-là diront : C'est un fils de l'obéissance ! Il a obéi, c'est un homme ; il a obéi, c'est un

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vainqueur ; il a obéi, c'est un dominateur; il a obéi , c'est un triomphateur : vainqueur de

ses passions, dominateur de sa volonté, triom-

phateur de lui-même, il ira désormais de con-

quête en conquête, et il racontera ses vic-

toires : vir obediens loquelur victorias. Ce n'est

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pas d'aujourd'hui qu'il gagne des batailles; H

y a dix ans qu'il remporte des triomphes,

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triomphes plus glorieux, combats plus difficiles

que tous ceux d'Alexandre : car il y a dix ans

qu'il triomphe de lui-même et qu'il dompte ses

passions. Fort contre ses ennemis du dedans, il sera plus fort contre les ennemis du dehors;

aguerri au plus âpre des combats, il briser'' 1

toutes les résistances ; sa vie racontera ses vic-

toires, ses victoires raconteront sa force, et s

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foire elle-même attestera par ses triomphes

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bienfait d'une éducation virile et la puissance

féconde de l'obéissance.

Voulez- vous que toute la lumière de mon dis-

cours se condense et se réfléchisse avec éclat

dans une figure illustre? Écoutez. Il y a trois

siècles, Dieu se préparait à l'accomplissement

d'un grand dessein ; il allait donner à la catho-

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licité un monde nouveau. Tandis que Luther

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brise de sa main sacrilège quelques rameaux

du grand arbre catholique, Dieu veut porter

sa sève toujours jeune à l'extrême Orient ; les

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bides et le Japon vont tressaillir au contact

de la vie catholique. Pour l'accomplissement

de ce dessein, il faut un homme, un homme

tel que nous l'avons montré tout à l'heure : un

homme fort, un homme héros, un homme

géant. Qui enverrai-je ? a dit le Seigneur.

Quem mittam ? Un homme a répondu : Me voici.

envoyez-moi : Ecce ego, mitte me. Que fait

Ce t homme? J'abrège une héroïque histoire.

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^e l'extrême Occident à l'extrême Orient, il

s élance comme un géant pour fournir sa car-

ri °re : exultavit ut gigas ad currendam viam.

s'élance plus loin que Gyrus, plus loin qu'A- (1 xatul t-o, plus loin que Pompée, plus loin que

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tous les conquérants. Dieu lui avait prédestiné dix ans. Et en dix ans, qu'a-t-il fait? Il a parcouru dix-huit mille lieues ; il a converti plus de dix millions d'hommes ; il a prosterné dans l'adoration du Christ cinquante rois delà terre: et après dix ans, il est mort dans l'humilité, orné des plus grandes conquêtes, et, de ce rivage où Dieu l'arrêtait, rêvant des conquêtes plus grandes encore. Lui qui ne cherchait que l'anéantissement, il a trouvé un nom illustre parmi les plus illustres ; il a fait des miracles de force, de puissance et de fécondité qui déconcertent l'humaine raison, et que la nature regarde avec étonnement.

Qu'avait fait cet homme pour susciter en lui cette force surhumaine, ce courage héroïque, cette expansion apostolique devant la' quelle le monde entier se trouva petit ? Qu'avait-il fait?... Il avait obéi. Soldat d'une jeune légion sortie armée de pied en cap de la fécondité immortelle de l'Église catholique, il avait entendu la voix de son capitaine : « Allez au bout du monde ; tandis qu'un moine en révolu montre par ses ravages le fruit de l'indépendance, allez, montrez ce que peut pour glorifier

Dieu et sauver l'humanité un homme armé de l'obéissance. »

Telle apparaît dans ses plus grandes proportions la force de l'obéissance : une force qui fonde, une force qui sauve, une force qui régénère ; tandis que la force qui vient de la révolte apparaît dans toutes les sphères ce qu'elle est de sa nature, une force qui renverse, une force qui ravage, et pour le moins une force stérile. Donc, si vous voulez pour la société qui s'élève une génération virile, forte, féconde, créatrice, que vos fds avant tout soient des fils d'obéissance; qu'ils puisent dans le sens de votre autorité le besoin de vous obéir, et que 'a pratique de cette obéissance, qui est la loi de leur vie et de leur éducation, devienne le secret de leur force et le ressort de leur puissance.

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CINQUIEME CONFÉRENCE

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CINQUIEME CONFÉRENCE

Messieurs.

Le plus grand honneur de l'homme, le signe le plus authentique de sa virilité, c'est la perfection de sa volonté. Or, ce qui perfectionne la volonté de l'homme, c'est l'obéissance de l'enfant; c'est dans le travail de son éducation la pratique généreuse et constante de cette formule : apprendre à obéir. L'obéissance esl la loi indéclinable de toute vie humaine : l'enfance, l'adolescence, l'âge mûr sont soumis à s <m inévitable empire. L'éducation de l'indépendance rêvée par des sophistes est une éducation radicalement fausse, et par suite néces-

sairement dégradante, parce qu'elle viole la souveraine loi de la vie. Au contraire l'éducation de l'obéissance est une éducation essentiellement progressive, parce qu'elle est l'expression fidèle de la première loi de la vie; elle donne à la volonté ces trois choses qui font sa grandeur et sa puissance : une liberté souveraine, une rectitude inflexible et une force féconde qui prépare l'homme aux grandes créations et aux grandes victoires. C'est que cette obéissance qui fait des hommes forts, ce n'est pas une obéissance de caserne ou de corps de garde; c'est une libre et royale obéissance, ressort vivant par lequel la volonté, se comprimant librement elle-même, se donne une expansion égale à sa compression, et se prépare des triomphes visibles proportionnés à ses luttes invisibles.

Ainsi, apprendre à croire pour développer l'intelligence; apprendre à aimer pour développer le cœur; apprendre à obéir pour développer la volonté : tels sont les trois éléments primitifs de toute éducation légitime. Il y a une quatrième chose que doit apprendre l'école de toute généreuse éducation, une chose qui

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tient à la fois aux trois autres et qui s'en dis-

tingue cependant, une chose dont le naturel

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