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effet est d'élever l'âme tout entière : apprendre
à respecter.
Le respect est, après la religion, le plus
sublime sentiment de l'âme humaine. Lors-
qu'une supériorité se découvre, et qu'une ma-
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jesté se montre à une âme assez grande pour
la reconnaître et pour la sentir, il se fait en elle
une impression généreuse qui a besoin de se
produire comme un hommage rendu à cette
grandeur reconnue et sentie par elle-même.
La grandeur, en se posant devant elle, lui
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dit dans son silence : Me voici, me recon-
nais-tu? Et l'âme répond en s'inclinant : «Oui,
je vous reconnais ; et ce que j'éprouve sous
votre regard d'où la majesté descend sur moi,
ce n'est pas ce que j'exprime par ce mot : je
crois ; ni par ce mot : j'aime ; ni par ce mot :
j'obéis ; ni par ce mot : je crains ; ni par ce mol :
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J'admire ; c'est un je ne sais quoi composé de
lo| U cela, el que je traduis par cette parole, la
Se ule qui rende bien la révélation que vous me
f| °nnez de vous-même : je vous vénère, je vous
re specte. »
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LE PROGRÈS DANS i/ÉDUCATION
Le respect, vous le voyez, n'est ni un acte pur de l'intelligence, ni une simple émotion du cœur ; il est un sentiment de l'âme devant la majesté présente ; c'est la grandeur répondant à la grandeur, et s'attestant elle-même en la reconnaissant. Le respect ainsi compris a pour se produire des formes et des nuances infinies ; mais sous toutes ses nuances et sous toutes ses formes, il demeure partout identique à luimême, à savoir : une impression de la grandeur, un sens de la supériorité reconnue au dedans, avec un besoin de l'attester au dehors par des hommages visibles, qui constituent ce qu'on nomme le culte du respect. Telle est la notion essentielle du respect et l'idée mère de tout ce discours. Celui qui respecte se sent en face d'une majesté; réelle ou imaginaire, la grandeur lui apparaît; à défaut de la réalité présente, il en honore l'image ; son hommage est déposé aux pieds de la statue ; et si la représentation est fausse, le respect n'en monte pas moins à la grandeur elle-même.
Je ne sais si je m'explique assez clairement pour tous. Le respect est comme la componction, on le sent mieux qu'on ne le peut dé-
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finir. Lorsqu'on a reçu une fois dans sa vie ce coup délicat et profond que porte en toute âme bien née le regard d'une majesté présente, on n'a plus besoin de demander à la parole la définition d'une chose dont on a connu en soi le mystère vivant.
Quoi qu'il en soit, continuant de chercher avec vous dans le christianisme le secret du progrès de l'homme par celui de son éducation, je vais essayer de montrer comment le christianisme produit le véritable respect dans les enfants ; et comment ce respect, à son tour, produit la véritable élévation des âmes.
Un homme éminent a écrit un mol qui a conquis une assez grande célébrité venant de la bouche qui le prononçait : il a dit avec une haute raison et une impartiale justice : « Le catholicisme est la plus grande école de respect qui soit au monde. » Prononcée par nous du haut d'une chaire catholique, cette parole eût paru si ordinaire qu'on l'eût à peine remarquée; mais venant d'un homme du monde
rallié à un autre drapeau religieux, ce mot a fait une rare fortune ; et il a une portée qui ne vous peut échapper. Il s'agit de justifier cette parole, et de vous montrer dans sa pleine lumière la vérité qu'elle exprime.
Pourquoi le catholicisme est-il la plus grande école de respect? Parce qu'il est la vraie religion, la plus grande religion qui soit sur la terre. La religion est ce qui donne le plus à l'àme humaine l'impression du respect : et le catholicisme est ce qui y fait pénétrer le plus la religion, et avec elle les respects qu'elle inspire pour Dieu, et pour tout ce qui, de près ou de loin, vient se rattacher à Dieu.
Il y a entre la religion et le respect une affinité si profonde, que pris à une certaine élévation, le respect vient se confondre avec la religion elle-même. Le premier acte qui met l'homme en rapport avec la Divinité, ou le premier acte religieux, c'est l'adoration ; et qu'estce que l'adoration, si ce n'est la suprême expression et le dernier terme du respect? L'adoration vraie est le plus profond prosternement de l'homme devant la plus haute grandeur dont l'âme humaine puisse avoir la révélation el le
l'AR LE RESPECT CHRETIEN.
sentiment. C'est l'homme voulant en quelque sorte s'anéantir lui-même devant l'infini, dont la majesté se fait sentir à son âme : sens vraiment religieux, qui n'est autre que le rapprochement de Dieu venant toucher le fond de l'âme humaine, et de l'âme humaine sentant le contact de Dieu. Or il est manifeste que cette adoration, ce prostemement, ce sens de l'infini qui nous touche, n'est pas autre chose que le sentiment de la grandeur reconnue, c'est-àdire le respect tel que nous l'avons défini, mais le respect élevé à sa plus haute puissance. Le respect est un commencement d'adoration; et l'adoration est la consommation du respect; C'est la reconnaissance et le sentiment de cette grandeur qui renferme toutes les grandeurs, et qui rend tous les autres êtres plusou moins vénérables en y mettant plus ou moins éclatante ii ne image d'elle-même.
Tel est le principe éternel de tous les respects descendant de Dieu même au fond de l'âme humaine Ainsi se découvre cette parenté sacrée qui unit la religion et le respect, et les fait remonter l'une et l'autre et l'un par l autreà leur source commune, c'est-à-dire à
l'infini, pour en redescendre sous des apparitions diverses sur l'humanité qui se prosterne devant Dieu, alors même qu'elle paraît ne se prosterner que devant l'homme. Pour avoir la raison dernière du respect dû aux choses, et surtout du respect dû aux hommes, il faut remonter jusque-là. Dieu seul est la raison du respect qui s'attache aux choses descendues de lui ; et toutes les fois que l'homme s'est dépouillé devant l'homme du reflet de Dieu, jamais il n'a pu parvenir à conquérir pour lui-même et par lui-même des respects sincères. C'est que le respect, à le bien définir, n'est que la reconnaissance sympathique des plus belles et des plus grandes images de Dieu dans la création. Quand le rayon de Dieu tombe des visages; quand l'image de Dieu s'obscurcit dans les hommes, et quand le vestige de Dieu disparaît dans les choses : alors les respects s'en vont ; parce que le respect n'a plfls de raison d'être lorsque la majesté s'enfuit, et que la majesté sur la terre n'est que l'image de Dieu dans ses créatures.
Voilà pourquoi la religion est dans l'humanité la grande école du respect. La religion est,
par sa nature même, un commerce efficace avec l'infini ; et prosternant les âmes devant la première de toutes les majestés, elle fait descendre sur nous le respect, en nous montrant dans tout ce qui a droit à nos hommages des représentations de Dieu. C'est le profond travail de l'éducation religieuse de créer le respect dans l'âme des enfants, en leur découvrant, partout où elles se posent devant lui , ces représentations et ces images de Dieu, seules capables de commander nos respects en nous donnant le sens de la vraie grandeur. Aussi, avec quelle sollicitude elle montre à l'enfant tout ce qui raconte ou représente Dieu ! Elle le lui montre partout dans l'univers, oui partout : et dans les splendeurs du ciel, et dans les spectacles de la terre, et dans l'immensité des mers, et dans le bruit de l'orage , et dans le souffle des brises, et dans le parfum des fleurs, et dans la fraîcheur des matins, et dans l'éclat des jours, et dans la sérénité des soirs, et dans la majesté des nuits; partout et toujours elle fait parler la création à l'âme de l'enfant, pour lui enseigner Ûieu et lui découvrir dans ses plus grandes niagnificences des rayons de l'éternelle gran-
deur : car le monde entier est une parole et une lumière ; une parole prononcée par le Verbe pour le raconter; une lumière créée par lui pour le montrer lui-même à toute créature.
Mais c'est surtout dans le monde moral que l'éducation religieuse découvre à l'âme de l'enfant les plus majestueuses représentations de Dieu, et provoque ses plus profonds respects : elle le conduit, de sphère en sphère, à travers le monde vivant où Dieu a jeté de lui-même les plus splendides reflets; et lui montrant partout dans les hommes, dans les institutions, dans la société, dans la religion et dans la patrie, les supériorités qui le dominent de toutes parts, elle lui dit : Enfant, voici la représentation de Dieu, le vestige de Dieu, le rayonnement de Dieu : il faut respecter; et il respecte : il faut s'incliner; et il s'incline. L'enfant ne comprend pas qu'on refuse un hommage à ce que la religion lui montre descendant de si haut, pour entrer dans son âme et y commander ses respects.
Mais il faut aller plus loin : car nous n'avons pas seulement à montrer que le respect a sa vraie source dans la religion prise en général ;
nous avons à justifier cette parole dite par un protestant, pour le plus grand honneur de notre religion: « Le catholicisme est la plus « grande école de respect qui soit au monde >, Quelle qu'en soit la dernière raison, c'est un fait que toute éducation qui ne s'inspire que de la religion dite naturelle n'arrive pas, ou n'arrive que médiocrement au résultat 'que nous cherchons. Cette religion a tout à la
fois pour les pères, pour les mères, pour les instituteurs et pour les enfants eux-mêmes, 1 inconvénient de rester à peu près à l'état de chose abstraite et inefficace. Dieu tient toujours peu de place dans les âmes dont la religion ne s'inspire que de la nature et ne relève que de la raison ; et l'éducation qui se fait sous sa seule influence, a peu d'efficacité Pour créer le respect. C'est que la religion naturelle, même la meilleure, ne rend pas Uicu assez palpable à l'âme des enfants, et que dès lors elle est impuissante à y produire <* sens profond de Dieu, racine première de l °us les vrais respects qui pénètrent l'âme hu- '"aine.
Et voilà ce qui explique radicalement pour-
quoi le catholicisme a une incomparable puissance pour créer le respect : c'est qu'il est de toutes les religions celle qui rend Dieu plus présent et plus sensible dans l'humanité; il est la plus complète et la plus intime conr munion avec Dieu; il est, au sens le plus vrai, la religion de l'Emmanuel, de Dieu avec l'homme, et de l'homme avec Dieu. Dans le vrai christianisme, ce n'est plus seulement un vestige de Dieu, un reflet de Dieu, une ombre de Dieu que l'éducation découvre à l'âme des enfants ; c'est Dieu lui-même avec sa majesté invisible mais présente, venant se poser devant son âme pour recueillir ses respects. A Bethléem, au Calvaire, à l'autel : Dieu incarné, Dieu immolé, Dieu donné; c'est toujours Dieu présent par Jésus-Christ Notre- Seigneur ; et partout le catholicisme nous crie par la voix des chants , des cérémonies et du temple tout entier : « Voilà Dieu; prosternons-nous : Dieu est ici ; il faut adorer Dieu qui réside dans ce temple, il faut respecter ce temple qui renferme Dieu. » On ne comprendra jamais tout ce que le temple chrétien dans lequel la majesté de Jésus-Christ présent plane
sur le peuple prosterné, fait germer de respects au sein des générations, et surtout au cœur des enfants élevés dans un vrai christianisme.
Ce sens de Dieu présent que l'enfant catholique puise dans le temple où habite le Christ vivant, il le puise encore plus dans les sacrements et dans les mystères où Dieu vient de plus près toucher à son âme et le pénétrer de sa vie. On a dit, ici même, qu'une grande source de respect dans le catholicisme, c'est la confession. Qui ne voit, en effet, tout ce que produit de respect dans une âme que le repentir et l'humilité prosternent ensemble cette bénédiction du prêtre laissant à celui qui la reçoit l'impression de son Dieu? L'enfant qui a l'intelligence de ce qui s'accomplit en lui sous cette bénédiction ne peut plus mépriser qu'une chose, le mal qu'il vient de couvrir de ses larmes et de son repentir. Et quand il se relève de ce prosternement volontaire qui le réhabilite devant lui-même, et le fait si grand devant Dieu, il a pour toute grandeur légitime et pour toute sainte majesté des respects transfigurés qui vont d'eux-mêmes à leur rencontré.
Mais il s'en faut bien que la confession soit
la seule source chrétienne où l'éducation va puiser les respects, pour en abreuver l'âme de vos enfants. Tout ce qui dans le christianisme le met en rapport intime et en communion efficace avec Jésus-Christ, agrandit ses respects dans la mesure même où cette communion s'accroît et s'agrandit. Tous les sacrements ont leur part relative dans cette création du respect ; mais la plus profonde impression de respect dans l'âme d'un enfant, si vous voulez savoir quand elle se produit, je n'ai qu'à vous dire : Souvenez-vous ; oui, souvenez-vous de ce jour radieux entre tous vos jours, alors que votre âme revenait de l'autel où elle avait senti le premier contact de Dieu : oh 1 alors, quel sens de Jésus-Christ en vous 1 quel respect de sa majesté ! quelle adoration de sa divinité! Les chérubins suspendus sur le tabernacle, dans l'attitude d'un recueillement et d'un respect qui ne sont pas de la terre, représentent à peine à nos yeux les respects invisibles qui saisissaient votre âme adorant Dieu présent en elle, comme en son tabernacle. Quiconque ne peut comprendre ce qu'une âme d'enfant bien préparée à la
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première consommation de ce mystère de
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Dieu en lui, y puise de respect pour tout ce
qui est grand et saint, manque de ce sens su-
périeur qui saisit les grandes choses et fait
les âmes élevées ; et il n'y a qu'à prier Dieu