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26 LE PROGRÈS PAK l.'ÉDBCATION CHRÉTIENNE.
resplendit dans sa demeure, elle s'étale en ses
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festins ; mais il ne connaît ni la civilisation de l'âme, ni la civilisation du cœur : civilisé par
toutes les faces inférieures de la vie, il est barbare par tous les autres côtés de sa vie de-
meurée sans culture. Ce lettré, cet élégant, cet opulent, ce parfumé, peut-être le charme des
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plus brillants salons ; ah ! pénétrez-le bien : vous le trouverez égoïste, insensible, dur, sans
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affection, sans dévouement, sans pitié, sans
tendresse ; poli dans la forme, il est grossier
par le fond ; et selon le vent qui passera sur le
monde ou soufflera dans son cœur, un jour il
sera cruel et féroce. Pour assouvir ses instincts
demeurés sauvages, s'il le faut, il tuera des hommes, boira leur sang, déchirera leurs en-
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trailles ; et ce fils de la civilisation étonnera la barbarie !
A la place de cet homme, mettez un peuple
dont l'éducation n'a pas réprimé dans l'enfance
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les instincts dépravés : grand Dieu, quel
peuple ! un peuple qui a de la science, et point
de foi; de l'intelligence, et point de principes.
Un peuple qui connaît la haine, non l'amour;
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ro = o =
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la révolte, non l'obéissance; le mépris, non le
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LE PROGRÈS PAR l/ÉDUCATION CHRÉT1EME. 21
respect; l'impiété, non la religion; le blasphème, non l'adoration; la volupté, non la chasteté. Un peuple qui a des passions, et qui ne sait se contenir; de la force, et qui ne saitse vaincre ; capable de prévariquer, non de se repentir; de s'enrichir, non flese dévouer : un peuple dans son ensemble cupide, menteur.
Parjure, hypocrite, sans foi, sans amour, sans générosité, sans vertu, sans religion et sans Dieu : et pour tout dire en un mot, un peuple mal élevé.
Certes, Messieurs, voilà bien l'humanité barbare, l'humanité sans culture morale, déchue de la Civilisation et ne connaissant plus d'antre empire que le brutal empire de la force. Aussi pour voir dans ce peuple se renouveler des scènes de cannibales et des spectacles de barbarie, que faut-il ? Presque rien, un coup soudain, un rouage qui se déconcerte, un mécanisme qui se rompt, un trône qui se renverse, "ne autorité qui tombe et brise clans sa chuté tous les freins de la force qui retenaient captifs au cœur de ces civilisés tous les instincts barbares. C'est alors, qu'en pleine civilisation vous voyez apparaître, multipliée avec
2S LE PROGRÈS PAU l'ÉPUCÀTION CHRÉTIENNE.
une rapidité effrayante, pareille aux reptiles éclos d'un orage, cette génération d'êtres impurs, méchants, audacieux, scélérats, obtenant tout à coup de la faiblesse des hommes et de leurs propres crimes, la puissance de faire trembler toute une nation sous le despotisme de la terreur. C'est alors, qu'au sein d'une civilisation menteuse, la barbarie éclate ; elle se dresse farouche, échevelée, sanglante, la fureur au visage, la haine au cœur et le poignard à la main ; elle fait ce que que font tous les barbares vainqueurs ; elle ravage, elle tue, elle massacre, elle détruit pour détruire ; elle écrit, sur les débris des institutions les plus saintes et les plus respectées, ce que peuvent pour perdre les nations et hâter leur décadence les hommes mal élevés : et le bruit de toutes les grandes choses qui tombent et la chutedes âmes qui se précipitent, proclament mieux que tout discours, que le vrai progrès de l'humanité c'est l'éducation de l'enfance. Ainsi le progrès tient à l'éducation par un indissoluble lien. Voilà pourquoi l'éducation garde au milieu des peuples civilisés un intérêt toujours vivant, et pourquoi elle a dans ce
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siècle qui poursuit le progrès, une actualité plus grande encore : c'est que tous comprennent aujourd'hui que le progrès de l'humanité est en germe dans son éducation, et que les peuples progressifs ne sont que des peuples bien élevés.
Mais, Messieurs, vous montrer comment le progrès tient à l'éducation n'était que la moitié de ma tâche. Il me reste à montrer comment l'éducation tient au christianisme.
L'éducation, pour être progressive, doit être sérieusement religieuse et chrétienne. De Maistre écrivait à une sainte et noble mère, en parlant de l'aimable enfant formé par ses mains : « Si la vertu avait jeté en lui de si profondes racines ; si le vice le trouva toujours invulnérable, et s'il parut dans la société armé de toutes pièces, vous le devez au courage que vous eûtes de contredire les fausses idées de votre siècle, et de rendre l'éducation de vos enfants éminemment religieuse. Les char-
30 le hioohks i-aii l'éducation chuétii;nnk.
latans modernes qui oui diffamé le titre de
philosophe, ont dicté des méthodes hieû dif-
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férentes ; ils ont travaillé sans relâche à séparer la morale de la religion ; ils nous ont re-
cr-, — =
commandé surtout de ne point livrer au prêtre les premières années de l'homme. Un d'eux
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est allé jusqu'à soutenir nettement qu'il ne fal-
co — =
lait pas parler de Dieu aux enfants; Paradox.!
qui touche d'assez près à la démence pour
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n'exciter que la pitié ! »
Sous ce rapport, nous avons des philoso-
phes encore plus modernes qui ne sont pas
devenus plus sages. On dirait que ce qu'ils
craignent le plus dans l'éducation c'est la religion, sans laquelle il ne peut pas même y
avoir d'éducation : eux aussi recommandent
de ne pas livrer au prêtre les premières an-
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aées de l'homme, sans doute parce que le
prêtre est pour Tentant la principale person-
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nification de la religion. Ne pouvaut imiter
ses inimitables influences, ils prennent le parti
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de les jalouser, et ils s'acharneût à les dé-
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truire.
Que l'éducation de l'homme doive être avant
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tout éminemment religieuse, c'est ce qui ré-
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LK PfcOGRÈS PAR L'ÉDUCATION CIUIÉTIBHNE. ,'J 1
suite tout d'abord de ces deux vérités absolument incontestables : il n'y a pas d'éducation sans morale, et il n'y a pas de morale sans religion : donc l'éducation est religieuse, ou elle n'est pas. Telle est la démonstration éternellement populaire de la vérité que j'établis en ce moment. Laissons une démonstration dont me dispense l'intelligence de cet auditoire, et cherchons au cœur même de l'éducation une révélation plus intime de la même vérité.
L'éducation, comme son nom le révèle, est un développement et une expansion; développement des instincts les plus généreux, expansion des plus légitimes besoins de la vie. Découvrir du regard pénétrant de l'amour dans l'âme d'un enfant ce qu'il y a de plus pur et déplus noble, de plus profond et de plus su- Wime, et donner à tous ces instincts supérieurs une expansion harmonieuse et un développement fécond : telle est l'éducation. Or le besoin le plus légitime et le plus profond ^'apporte en naissant une âme humaine, c est le besoin de Dieu; son instinct le plus " Catj Ie Ptaa sublime, le plus divin, c'est
l'instinct religieux; l'instinct religieux, qui n'est que la respiration de l'âme appelant l'infini. Voilà pourquoi la religion est la première passion de l'âme humaine; c'est sa dernière encore; et quand le despotisme de la chair et la tyrannie de l'orgueil ont cessé de l'opprimer sous le joug des égoïstes instincts, alors cette divine passion se relève au fond de l'âme avec une force multipliée par tous les refoulements qui l'ont comprimée dans de longs jours de servitude; et cette âme qui a faim et soif de l'infini, pareille à un être qui a perdu son élément, rappelle Dieu son premier besoin, Dieu sa première passion, Dieu sa première respiration, l'élément même de sa vie. Aussi l'âme de l'enfant, alors que le mal ne l'a pas encore flétrie, est sympathique à Dieu ; les harmonies de la religion répondent aux harmonies de son cœur; elle exerce sur lui, même sans qu'il y songe, une séduction sacrée. L'enfant a besoin d'adoration; il ouvre son cœur à Dieu, et Dieu y entre avec la religion comme dans sa naturelle demeure. Quand la religion vient h lui, en disant : Voilà Dieu; l'enfant le re-
tK PROGRÈS PAR L'ÉDUCATION CHRÉTIENNE. 33
connaît comme un ami dont on a gardé le portrait cache dans sa maison ; il a besoin d'entrer avec lui dans une douce familiarité ; il cherche son sourire, ses caresses et ses bénédictions : et c'est avec une facilité inexprimable et un charme ravissant, que l'enfant tombant à genoux lui crie en le cherchai) tj le ses regards : Notre Père !
Tel est le premier penchant, je devrais plutôt dire le premier essor d'une âme que le mal n'a pu encore pervertir. Tout instituteur de l'enfance qui ne répond pas à ce noble penchant, et ne favorise pas eu le dirigeant ce sublime essor, fausse radicalement l'éducation et blesse mortellement la vie morale de l'homme. Lorsque l'éducation ne seconde pas en lui le développement progressif de ces angéliques instincts; lorsqu'elle ne tra. vaille pas à agrandir cette divine image que Dieu lui-même a imprimée dans son ânie :
f s que, enfin, elle ne répond pas par les spec- L Cs du culte, par les élans de la prière et par
er ce des choses divines, à son invin-
Clb le besoin rivu ,• , , •
u «tioration : alors ce besoin
d ™, fond divin de l'âme humaine, se re-
.14 LE PROGRÈS l'AU L'ÉDUCATION CHRÉTIENNE.
tourne vers la créature ou retombe sur luimême. Alors l'enfant est prêt à toutes les idolâtries : jusque encore et jeune dans les grâces de l'enfance, l'irréligion le flétrit et le déshonore; elle le corrompt à l'endroit le plus délicat et le plus céleste de son être ; elle le déflore ; elle le découronhe ; elle lui enlève sa plus céleste candeur et sa plus idéale Beauté ! S'il n'y a rien de plus lieau à contempler sous le ciel que l'enfant prosterné devant Dieu, pareil à l'ange de la prière ; je n'imaginé rien de pi iis affreusement laid qu'un enfant impie déjà livré au démon du blasphème, Toujours désolante à voir partout où elle se produit dans une âme comme une apparition de Satan dans l'homme, l'irréligion dans un enfant mVsl un spectacle dciw fois lamentable, pins triste que tontes les tristes choses qui Invoquent nos gémissements sur la terre. Quand |e crois l'avoir" rencontrée dans un enfant aimé, je l'avoue, je voudrais avoir les larmes de Jéréniie pour pleurer sur celle Jérusalem ravagée avant l'heure, où déjà la religion se tait dans les riMiies! Aile/, dans un pensionnat, dans un collège, dans une institution on la religion non-
LE PROGHÉS j'AK LÏî IlUCATlON CflHÊTIENNË. 35
seulement est négligée, écartée comme un commerce inutile, mais peut-être, liélas ! méprisée el flétrie comme un opprobre dans l'âme des enfants: quelle désolante vision! quelle laiâéw morale à l'âge où la vie a ses plus beaux rayonnements! Essayez de reneontref là des enfants qui domptenl leur égoïsme, leur orgueil, leur indépendance, leur colère, leur vorupté surtout; tous n'y. parviendrez pas: l'enfaisans religion ae dompte pas ses passions.
Là vous verrez l'enfant déjà incrédule, déjà
im P le Prêtre; et ,,, j( , lm( (| ., {] ( , s|
hautain, orgueilleux. réYoïiè, insolent, grossier, voluptueux, méchant, presque barfcarc.
Sou éducation sans religion s'annule el se dé-trait elle-même; sa vie la plus .élevée manque
de sou élément; elle étOUffe dans I,- vide ou
elle meurt dans la fange;
Donc, Messieurs, rêver un système d'éducation d'OÛ la religion sérail ahsenle. ou, ce qui serait plus désastreux encore, mie édurali,l,J "" l'on apprendrait à dédaigner et à insulter la religion, ce sérail appeler sur l'enfoncé toutes les flétrissures de Pâme et toutes lés dégradations de | a vie. Éîëvér l'homme dans