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connu.
C'est alors, en effet, que l'enfant voudrait
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demander à la nature le dernier mot de son
mystère, et à l'humanité le dernier mot de ses
énigmes. La curiosité naturelle à l'enfance
prend tout à coup en lui des proportions ef-
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frayantes ; le mystère le tourmente et devient
la séduction de sa vie ; il veut écarter les ombres et déchirer les voiles ; il veut savoir et
i— > = Cn =
savoir encore. Non content de s'interroger luimême, il interroge tout en dehors de lui : son
regard scrute toutes les choses, et sa pensée
scrute toutes les paroles ; il cherche dans les
mots des sens cachés; il les sonde dans leurs
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ro = o =
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replis ; pénétrant jusqu'à leurs racines pour
en
l'Ail LA PURETÉ CHRÉTIENNE. 281
leur arracher les secrets qu'ils renferment, il demande à leur interprétation des révélations nouvelles ; et des mots qui jusque-là lui parlaient peu et l'intéressaient médiocrement, lui rendent tout à coup des oracles inattendus ; ils offrent un intérêt immense à son imagination en éveil, et déjà en travail pour enchanter sa vie et fasciner son cœur.
Ah 1 cette imagination, c'est elle qui à cette heure de la vie lui devient une séduction et surtout un danger. Pareille à une magicienne, elle fait passer devant ses vagues aspirations un monde plein de charmes inconnus ; elle multiplie au gré de ses désirs le réel par le possible; et jetant jusque sur la matière des reflets de l'infini, elle ramène sur les choses du corps et de la chair les plus nobles sentiments du cœur et les plus saintes aspirations de l'âme. Aussi, qu'arrive-t-il ? Un besoin de jouir, ignoré de ses premiers jours, envahit cet enfant; le désir ouvre ses regards, dilate son âme, fait battre son cœur et tressaillir tout son être. Et, comme Christophe Colomb à la veille de conquérir un nouveau monde, il croit en entrevoir les rives dans les clartés de l'aube
naissante et en respirer de loin les parfums apportés par les brises.
Certes, Messieurs, même en supposant que l'enfant dans cette crise n J eût pour attaquer sa pureté menacée d'autre ennemi que luimême , le danger pour son innocence serait déjà bien assez grand. Mais tandis que, tourmenté par des orages qui lui viennent de son fonds, il est aux prises avecson imagination, ses désirs et ses aspirations ; tandis que sa chair lui est devenue à lui-même un champ de bataille, où il se débat encore pour cueillir dans la lutte les palmes d'une chasteté militante ; le monde, lui ouvrant ses horizons et lui découvrant ses réalités, lui prépare des dangers encore plus grands par le dehors qu'ils ne le sont par le dedans. Les livres viennent, lui promettant jusque par leurs titres séducteurs la révélation de tous les mystères : mystères de Paris ou mystères de Londres, mystères du peuple ou mystères de la noblesse, toujours des mystères. Et puis ce sont des révélations, des confidences, des confessions, des aveux : livres charmants où la littérature et la poésie entr'ouvrent à travers les fleurs, dans des
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perspectives riantes, tous les mystères de la vie. Le roman sensualiste, admis au foyer domestique par une mère imprudente ou un père indifférent, vient de lui-même se glisser sous sa main; et son imagination, qui n'a fait jusque-là que se bercer dans le rêve, apprend peu à peu à se fixer sur le réel. Là, son cœur assiste tressaillant à des scènes où la volupté se produit comme une reine .
avec un cortège de plaisirs, et pose devant ce cœur déjà blessé comme lidole même de la vie humaine ; trop heureux si un auteur corrompu et corrupteur, se traînant avec son cœur perverti dans le réalisme le plus abject, ne force cette jeune imagination à s'abattre avec lui dans les bas-fonds de l'orgie et dans les égouts de l'humanité ! Et si un jour, trompant la surveillance, cette curiosité insatiable l'entraîne au théâtre pour y voir se dérouler, dans leurs représentations les plus saisissantes, les draines de la vie humaine ; quelle tentation vient s'ajouter pour lui à tant d'autres tentations ! quelles pensées, quelles images, quelles ''"lotions, quelles sensations il trouve dans i;e We voluptueuse atmosphère, où l'on dirait
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28'i LE PROGRÈS DANS L'ÉDU CATION
que le plaisir l'enveloppe comme un vêtement
Cn — =
et le berce dans tous ses enchantements.
Se tînt-il loin de ces temples profanes où la
volupté a ses adorations, son encens, ses
hymnes, ses héros et ses victimes; est-ce qu'il ne lui suffit pas de traverser nos grandes cités
CO —
pour sentir de tous côtés autour de son cœur une conspiration redoutable avec ce mal qui
KO —
l'attaque ? Partout il en sent le souille et il en voit les images. Que dis-je? il en voit plus que
les images, il en sent plus que le souffle : il en touche la réalité palpable. Il croit voir l'hu-
manité entière plongée au fleuve des voluptés
comme au fleuve même de la vie; et en la
NJ =
voyant se laisser aller avec un charme in-
tarissable à son cours facile et joyeux, il se
CO
demande pourquoi il serait condamné à se
cramponner seul au rivage, ' ou à remonter
hfe. =
avec effort ce torrent qui semble emporter
dans ses flots tout un siècle fortuné. Il se
Cn =
demande si la volupté n'est pas une loi, et la
chasteté une exception; et si la première né-
cessité de son âme ne serait pas de céder
sans résistance aux exigences du son corps 1
h- 1 = co —
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ro = o =
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Comment, sous ce double assaut, l'enlaut
en
portera-t-il dans toute son intégrité l'honneur d'une âme pure et d'une chair immaculée ?
Gomment résistera-t-il, sans en être blessé, et à ces charmes de la volupté qui l'attaquent au dedans, et à ces séductions du monde qui l'attaquent par le dehors ? Et qu'adviendra-t-il de lui, si un compagnon d'âge, atteint comme lui de ce coup mystérieux, mais ayant de plus que lui, avec l'expérience de la tentation connue, l'expérience du mal accompli, se penche à son oreille et lui dit comme le serpent à la femme innocente : « Pourquoi crains-tu de toucher à ce plaisir ? Si tu savais, quel charme t quel enchantement ! » Oh (.c'est alors que l'imagination de l'enfant, surexcitée par les impulsions du mal et par les suggestions du tentateur, croit entendre retentir, elle aussi, la parole qui accomplit la première de toutes les séductions : « Eritis sicut dix : Vous serez comme des dieux : » vous verrez devant vous s'en! l'ouvrir des horizons infinis, et surgir du fond de vous-même des félicités inconnues.
Alors c'est la suprême épreuve ; et si ce n'est encore la chute, c'est le danger d'une innocence menacée de périr!
Voilà, Messieurs, la plus redoutable crise de l'homme aux jours de l'enfance et de l'adolescence. A force de sollicitude et de soins pour écarter les séductions et prévenir les dangers de sa vie, cette crise peut rigoureusement être ajournée jusqu'après l'âge de son adolescence; et tant mieux, oui tant mieux, si sous le premier coup de l'ennemi l'enfant se trouve déjà un homme armé, pour le vaincre, de raison, d'énergie et de résolution. Mais d'ordinaire il n'en est pas ainsi : la crise se déclare à l'heure même où l'éducation se fait, menaçant de la paralyser et de dévorer avant leur épanouissement les plus beaux germes de la vie. Là, sachez-le bien, est le plus profond obstacle que l'éducation rencontre dans son œuvre ; là le plus grand mal qui d'ordinaire, en compromet les résultats.
Il y a nécessairement devant ce phénomène de la vie une attitude à prendre : un instituteur sur ce point ne peut rester indécis ; il faut qu'il adopte une manière de voir, de dire et de faire, pour venir au secours de l'enfance menacée. S'il recule, il s'abdique luimême, compromet l'enfant et trahit la fa-
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raille. Eh bien, je le demande, avec un sympathique intérêt pour vous, qui vient ici efficacement au secours de l'enfance? Pour protéger la vie contre l'ennemi qui la menace, qui est le plus fort, ou de l'instituteur qui s'inspire de la raison et de la nature, ou de l'instituteur qui s'inspire de Jésus-Christ et de l'Église ?
Je n'imagine ici pour la sagesse humaine que trois procédés possibles : ou bien nier le mal et le danger qu'il amène; ou bien admettre le mal en désespérant du remède; ou bien essayer de conjurer le danger et de guérir le mal.
Et d'abord, nous rencontrons ici encore sur notre chemin cette molle philosophie, qui estime se débarrasser du mal en niant l'existence du mal, et qui, bien loin d'entreprendre de le combattre, lui donne généreusement la consécration de ce qu'elle appelle la science nouvelle de l'homme. Cette science, fort nouvelle en effet, est singulièrement simple : elle consiste à bien savoir, sauf à n'en donner jamais la preuve, que dans l'homme tout
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238 LE PROGRÈS DANS i/ÉDUCATION
est bien ; que les premiers mouvements de notre
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nature sont toujours droits ; que l'homme est naturellement bon, et qu'il n'y a point de per-
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version native dans le cœur humain. C'est l'hy-
pothèse rationaliste déjà signalée ailleurs.
Devant cette hypothèse, la question que nous
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venons de poser : Comment remédier à ce mal de l'enfance, est pour le moins étrange ; et la
KO —
philosophie, qui fait de la négation du mal dans l'homme son dogme fondamental, ne peut
devant cette question que se prendre à sourrire. L'homme étant proclamé bon, il n'est pas
difficile de comprendre que tous les instincts
qu'il apporte en naissant lui ressemblent
et sont bons comme lui-même. Dès lors,
pourquoi tant s'inquiéter de cet éveil de la
co —
nature humaine dans l'enfant qui déjà se sent
devenir un homme? Pourquoi le développe-
ment des instincts de son corps serait-il
plus à redouter que le développement des ins-
Cn z^
tincts de son âme? La chair comme l'esprit
n'est-elle pas bonne et sainte ? Si l'esprit a ses légitimes besoins que l'éducation doit sa-
tisfaire en y répondant, pourquoi la chair
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n'aurait-elle que des besoins pervers que l'é-
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ducation devrait combattre en les réprimant ? Loin de nous ces doctrines qui condamnaient une moitié de l'homme à la douleur du combat et à l'humiliation de la servitude. Le temps n'est plus où l'on emmaillottait la vie pour la mieux développer, et où, sous prétexte de lui donner de l'essor, on ne lui donnait que des chaînes. Laissez l'enfant, comme le chêne de la forêt et comme le palmier du désert, épanouir librement sa vie; à l'âge où cette vie surabonde et cherche ses issues, laissez-le respirer les parfums qu'il sent passer dans l'air, et répondre sans contrainte aux appels que la nature faitàson adolescence. Ensuivant ce penchant de sa vie, il n'est pas plus coupable que la fleur qui donne son parfum, que l'arbre qui épand sa sève ; et il n'y a de mal sous ce rapport que les excès qui tuent l'homme, ou brisent les harmonies de ses facultés.
Voilà une doctrine qui a le mérite incontestable de n'être pas rigoriste. On peut craindre qu'elle ne soit quelque peu relâchée. Cette philosophie voluptueuse recèle dans ses flancs des violences et des cruautés cachées, mais elle n'a sur les lèvres que des formules
de paix et de fraternité : s'il y a parfois du sang au fond de sa pratique, il n'y a que du miel au fond de ses paroles. Évidemment, Messieurs, cette bienheureuse philosophie a sur nous des avantages incontestables; elle se débarrasse d'un mot des difficultés qui nous arrêtent. Elle dit à l'instituteur effrayé de cette crise de l'enfance : Que craignezvous ? Pourquoi trembler devant un phénomène qui annonce la floraison de l'homme et l'exubérance de la vie? Vous demandez comment prévenir ce mal avant qu'il n'arrive, et comment le combattre quand il est venu? J'admire votre sollicitude et je plains votre simplicité ; le mal n'existe pas : il n'y a là qu'une phase de l'être, une effervescence de la vie, une surabondance de la sève humaine. Ce mouvement nouveau est le progrès même de l'homme : c'est l'homme qui se fait : c'est sa sève qui s'épand, c'est sa vie qui s'accroît et qui veut être davantage.il n'y a là que le bien tombé dans la créature du sein du Créateur ; ou, comme disent les théologiens du panthéisme, une manifestation de l'être, une forme du grand Tout, où l'esprit et la chair s'embrassent dans l'infini.
Malheureusement le genre humain est d'un autre avis; il estime que cette perturbation soudaine produite dans l'enfant atteste l'invasion d'un mal. Et quiconque a vu de près l'enfance, ne peut plus sur ce point se faire d'illusion. Ahl Messieurs, si cette passion qui a la puissance de séduire toute humanité et spécialement la jeunesse était le bien, rien que le bien, elle entrerait dans une âme comme y entre le bien, c'est-à-dire dans la paix et la sérénité. Quand elle serait entrée, elle y verserait ces tranquilles joies que le bien multiplie partout où il se pose. Et quand elle sortirait de la vie, elle y laisserait après elle comme le vestige embaumé d'une félicité qui a passé, pareil à cette odeur suave que laisse dans un vase un parfum précieux. Or, est-ce bien là ce que vous avez vu dans les enfants à cette heure du mystère? Hélas! non; lorsque l'enfant subit pour la première fois les atteintes de la volupté, je l'ai dit, et vous l'avez pu lire à son visage, il éprouve un trouble inconnu ; et à la perturbation qui se fait en lui, on peut juger qu'un mal vient de le toucher. S'il ouvre son cœur à cette passion redoutable, si elle y entre
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et y demeure comme dans son domaine, alors elle y fait ce que fait le mal : elle souille, elle
cr-, — =
déshonore, elle ravage ? et quand elle se retire,
elle laisse derrière elle ce que laisserait sur ses
traces un monstre dévorant, des désastres et
des désolations. Ainsi, tout proclame dans la
co — =
vie des enfants, encore plus haut que dans la vie des hommes, que cette puissance qui entre
KO —
dans l'âme pour la troubler, qui y demeure
pour la dévaster, et qui en sort en y laissant la
ruine, n'est pas un bien qu'il suffit de diriger,
un instinct légitime qu'il faut satisfaire, mais
un mal qu'il faut combattre, un instinct désor-
donné qu'il faut réprimer dans l'enfant, pour
LVJ
sauvegarder la vie dans l'homme.
h- 1 = co =
Mais je dois en convenir, il s'en faut que toutes les philosophies même purement hu-
maines aillent jusqu'à légitimer dans l'enfance cet empire de la volupté. Des sages affectant
h- 1 = Cn =
une doctrine plus austère diront : Non, cette invasion de la volupté dans un enfant, ce n'est
pas le bien, c'est le mal, c'est le grand mal de
l'enfance ; mais ainsi le veut la condition hu-
maine ; c'est un mal nécessaire, c'est une crise
h- 1 = co —
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ro = o =
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inévitable. L'enfant à l'heure normale de cette
PAIt LA JPURETÉ CnRÉTlIîNNIî. 293
crise entre en possession de lui-même ; à lui de
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se défendre contre le mal qui le menace. Si
par le fait des hommes ou par le malheur des
situations, cette crise vient avant l'heure, c'est
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un mal et un péril de plus; mais un mal qu'on
ne peut guérir, un péril qu'on ne peut conju-
rer. C'est d'ailleurs un mal qui par lui-même
B= LQ
ne franchit pas le domaine de la personnalité.
Jusqu'à ce qu'il arrive à des manifestations qui
blessent ce qui l'entoure, et heurtent avec vio-
lence les hautes convenances de la vie sociale,
■= lH
les instituteurs n'ont qu'à laisser l'enfant aux
conseils de sa raison et aux décisions de sa
liberté. Sur ce point, la surveillance est im-
possible, la sollicitude inutile, la répression
dangereuse. Donc, se renfermer vis-à-vis de
cette inévitable crise dans une réserve et une
abstention prudente; fermer les yeux pour ne
■EE — en
pas voir et n'avoir pas l'obligation de sévir :
tel est le système de pédagogie que des institu-
teurs n'ont pas toujours craint d'avouer, et que
des parents quelquefois ne craignent pas d'ac-
cepter.
Et cependant, Messieurs, qui parmi vous
pourrait avec sa raison, sa conscience et son
H= — ^ ■EE — m
cr
CO — 3
iP^ 1
cœur, souscrire à ce système d'abstention pro-
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posé par une sagesse désespérée ? Où est l'instituteur, où est le père, où est la mère surtout,
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qui fermera les yeux, calmera sa conscience,
et, se croisant les bras, dira devant cette enfance si effroyablement menacée : « Il n'y a
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rien à faire? » Où donc cette facile, ou plutôt cette cruelle abstention produira-t-elle pour
ko — 3
l'enfant et pour son éducation des fruits de vie, de salut et de fécondité? Où cette abdication du
ministère de l'amour et de l'autorité devant le plus grand mal qui menace un enfant, pourra-l-
elle être acceptée ?
Sera-ce dans l'éducation privée? Sera-ce
là, dans ce sanctuaire de religion, dans ce
royaume du dévouement, dans la famille enfin,
co =1
que la paternité et la maternité conspireront
avec le représentant de leur tendresse et de leur
autorité, pour laisser leur enfant dans un iso-
lement si fatal au développement de sa vie ?
père ! ô mère ! ah si le mal est déjà si grand
qu'il a fermé devant vous le cœur de votre enfant, je comprends votre embarras. Mais où
est le père qui, dans cette crise solennelle,
NJ 3