‹ Le Progrès par le ChristianismeChapitre 28 sur 33 · M — = CO — = ^ — EE · texte numérisé non relu

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connaît pas : illuminations de la doctrine, force des sacrements, influence des personnes ; trois

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choses qui se complètent pour constituer dans l'éducation chrétienne la grande école de la

pureté.

Et d'abord, tout ce que peut dire et ensei-

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gner de plus efficace la philosophie la plus spiritualiste, le christianisme le dit et l'enseigne;

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et il le dit et l'enseigne mieux que la philoso-

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phie elle-même. Mais plus haut que cette sphère

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où la sagesse humaine rond ses oracles, pres-

que toujours, à son insu, échos des enseigne-

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ments divins, l'éducation chrétienne donne à

l'âme de l'enfant des illuminations transcen-

dantes, qui font à la pureté qu'elle lui demande

une couronne céleste et lui donnent une at-

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traction divine. C'est elle qui apprend à l'en-

fant que son corps est un temple, son âme un sanctuaire, son cœur un tabernacle où Jésus-

Christ vivant vient résider, pour faire ainsi de tout son être un habitacle de la Divinité, et

comme un ciel où doit briller sans cesse aux regards de Dieu et de ses anges l'astre de la

sainteté. C'est elle qui découvre à l'enfant dans

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le [trésor de son innocence le prix du sang

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d'un Dieu ; et qui le montre lui-même à luimême vêtu de sa pureté, comme d'une robe céleste et comme d'une pourpre divine. C'est elle enfin qui fait apparaître dans les profondeurs du ciel l'idéal de la pureté, rayonnant du visage du Christ et de la Vierge immaculée sur l'humanité chrétienne, appelée par le christianisme à se faire à leur image.

Ainsi l'éducation donne à l'enfant des illuminations qui font aimer la pureté, en lui faisant une couronne de lumière surnaturelle qui réfléchit dans son âme la sainteté de Dieu. Et avec la lumière qui lui montre la pureté dans sa beauté idéale et réelle, l'éducation chrétienne crée la force de l'embrasser. Car, malgré ce céleste rayonnement qui l'embellit, et lui donne sur l'âme de l'enfant une attraction merveilleuse ; à l'heure où la nature en lui fait appel au sens dépravé, le disciple de l'éducation chrétienne ne laisse pas de sentir, lui aussi, à l'égard de la pureté,je ne sais quelle répulsion, qui n'est autre que la difficulté de vaincre en lui l'homme inférieur, pour la faire régner couronnée de la gloire du combat dans les hautes régions de lui-même. Alors, avec

la lumière qui montre la pureté sur la terre plus belle que les anges du ciel, il faut dans la volonté une force que ne donne pas la nature toute seule. Ce qui vous manque à vous-mêmes, Messieurs, pour vaincre en vous cet ennemi, l'expérience vous l'a trop bien appris : ce n'est pas la lumière, c'est la force. Vous avez dans votre nom le signe de la force, mais vous avez dans tout votre être la réalité de la faiblesse. Donc, pour que cette âme, ce cœur et ce corps encore purs se sentent invulnérables, il faut que, comme Achille, ils soient trempés dans des eaux mystérieuses, d'où ils sortent non plus seulement vêtus de la grandeur et de la beauté de l'homme, mais vêtus de la force et de la puissance de Dieu, pour vaincre dans ces difficiles combats où l'homme du ciel est aux prises avec l'homme de la terre. Et voulez-vous savoir où se fait dans l'éducation chrétienne cette trempe de l'âme et du corps qui préserve de la mort ou ressuscite à la vie la pureté des enfants ? Ah ! vous ne pouvez l'ignorer ; elle se fait au bain fortifiant et régénérateur où l'Église nous plonge par tous ses sacrements; elle se fait

dans les eaux de la pénitence, et elle se fait dans les flots du sang de Jésus-Christ; elle se fait dans la confession, et elle se fait dans la communion ; elle se fait, en un mot, dans cette pure atmosphère formée autour de l'enfant par toutes les pratiques saintes et toutes les célestes choses.

Avec ces illuminations qui font rayonner la pureté d'un éclat tout divin, et avec ces sources sacrées d'où jaillit jusqu'à l'âme des enfants une force toute divine à l'heure de ses combats, il y a dans le christianisme pour sauvegarder la pureté dans le cœur de vos enfants une troisième chose non moins décisive : il y a des instituteurs capables d'inspirer la pureté par leur exemple, de la surveiller par leur sollicitude, de la défendre par tous 'leurs dévouements. C'est ici surtout qu'il importe de s'interroger et de se rendre compte de soi-même à soi-même, alors qu'il s'agit d'accepter vis-à-vis de l'enfance ce ministère trois fois redoutable. Quand on songe qu'il faudra toucher chaque jour de ses mains ces fleurs humaines où se peint la beauté de Dieu; quand on se dit qu'il faudra former

ces âmes avec son âme, ces cœurs avec son cœur : cœurs tendres, âmes candides, qu'un regard peut souiller, qu'un souffle peut ternir et qu'une seule parole peut blesser à jamais; oh! c'est alors qu'on a lieu de se demander devant soi-même et devant Dieu, si l'on a bien pour ce ministère tout ce qu'exige le christianisme d'un véritable instituteur de l'enfance ? Et quoi donc ? Que demande ici le christianisme à l'instituteur chrétien? Il veut qu'il soit le bouclier de l'homme pour cette pureté de l'enfance déjà couverte de la force de Dieu; et pour constituer cette protection efficace, il exige de lui ces trois choses qui concourent au même but : une pureté d'ange, une sollicitude de prêtre, un dévouement de mère.

Une pureté d'ange : oui, car si l'instituteur doit parler peu de la pureté, pour ne pas même évoquer l'idée du vice qui fait ombre à sa beauté, il faut que tout son être la respire et la rayonne; il faut qu'il en porte sans cesse aux regards de l'enfant la physionomie céleste et en verse en son cœur le naturel parfum. Une sollicitude de prêtre : oui, une garde sainte faite la nuit et le jour autour de ce cœur d'en-

fant qu'habite une pureté encore ignorante et candide, ou autour de ce cœur d'adolescent qui renferme l'orage, et déjà connaît l'honneur d'une chasteté éprouvée : voilà ce qu'il doit accepter et pratiquer comme le plus simple et le plus vulgaire devoir de sa fonction. Regarder ou écouter pour déjouer l'ennemi qui menace ; ouvrir les yeux pour voir un signe, les oreilles pour entendre un mot ; écarter d'une main discrète le poison qui se cache dans un livre, dans un discours, dans une amitié dangereuse ou prête à le devenir ; veiller en un mot autour du cœur de vos enfants pour y garder la pureté, comme le prêtre veille sans se lasser autour du tabernacle d'or pour y garder Jésus-Christ : vigie sacrée qui couvre la nuit et le jour d'un sympathique regard ce trésor inestimable que l'homme encore enfant porte au début de sa vie dans un vase, hélas ! si fragile : telle est la seconde chose que Jésus-Christ met au cœur de l'instituteur digne de sa vocation et de lui. Et avec cette sollicitude de prêtre et cette pureté d'ange, le christianisme produit dans les instituteurs pour protéger la pureté des en-

fants, ce qui est plus fort que tout, un dévouement de mère ! Ah ! qui mieux qu'une mère chrétienne peut sentir le prix de ce trésor céleste déposé par le Christ dans l'âme d'un enfant, l'innocence ? J'ai vu des mères verser leurs larmes les plus brûlantes devant une révélation qui, déchirant pour elles le voile de leurs plus chères illusions, laissait voir à leur cœur à jamais blessé la chute de cette innocence ; j'en ai vu, et c'étaient des plus saintes et des plus tendres, préférant la mort pour ellesmêmes à une souillure pour l'âme d'un enfant ; et prêtes pour conserver leur chasteté dans tout son virginal éclat, à accepter tous les sacrifices, même les plus douloureux et les plus héroïques. Aussi, qui sera digne de prendre prés d'un enfant la fonction d'une mère, s'il n'a dans son cœur ce généreux amour et cette abnégation sublime, qui fait du dévouement de nos mères la plus belle et la plus grande chose de l'humanité? Eh bien, Messieurs, quelle qu'en soit la raison, c'est un fait, le christianisme crée dans l'âme de l'instituteur vraiment chrétien ce dévouement des mères, qui a l'ambition de se sacrifier de toute manière pour

protéger l'innocence des enfants ; dévouement trempé dans le sang du Christ, et qui, pour faire croître sous la rosée de ce sang la fleur céleste de la pureté, consent à donner ses loisirs, ses talents, ses forces, son travail, sa souffrance, ses larmes, oui ses larmes ; et au besoin donnerait son propre sang.

Voilà ce que le christianisme' s'efforce partout de créer pour conserver dans l'éducation cette pureté sans laquelle, comme je le montrerai, il ne peut plus y avoir d'éducation.

Peut-être votre pensée m'arrête et me dit : Mais cet idéal d'instituteur pur comme un ange, vigilant comme un prêtre, dévoué comme une mère, c'est un beau rêve, une chimère sainte, que l'imagination peut produire partout, mais que la réalité ne nous laisse rencontrer nulle part. Messieurs, j'en conviens, il n'est pas donné à tous de réaliser cet idéal ; et je veux avouer que, même dans le christianisme, tous en effet ne le réalisent pas. Qui ne comprend tout ce qu'il faut de vertu, de sainteté, d'héroïsme quelquefois, pour reproduire dans toute sa grandeur un type si sublime ? et quoi d'étonnant que notre faiblesse nous retienne ici au-

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