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dessousde ce que le christianisme nous montre ?
Mais à côté de cet aveu que je dois à la vérité,
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je maintiens deux affirmations que j'estime inébranlables : la première, c'est que le chris-
tianisme pose devant nous cet idéal, et oblige à y tendre ; la seconde, c'est qu'en réalité le
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christianisme produit des hommes qui y tendent de toutes leurs forces, et, malgré des dé-
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faillances que l'humanité porte partout avec
elle, réalisent cet idéal dans la mesure néces-
saire pour faire dans vos enfants l'éducation de
la pureté.
Aussi, heureux les pères, heureuses les
mères dont l'âme a su deviner ces âmes, et dont
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le cœur a su comprendre ces cœurs ! Plus
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heureux les enfants qui, ayant trouvé au début de leur vie, préparés par la Providence,
des instituteurs tels que je viens de les peindre, conspirent avec eux pour garder leur pureté ;
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qui se laissent sans résistance édifier par leurs exemples, surveiller par leur sollicitude, gar-
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der par leurs dévouements et façonner par
leurs mains sur le modèle du Christ et de sa
Mère immaculée ! L'enfant dans cette atmos-
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phère de lumière et de vie surnaturelle, gardé
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par ses maîtres comme une fleur du ciel loin des orages de la terre, demeure jusqu'à dixhuit ans pur et sans tache. Oh ! qu'il est beau alors l'enfant bien élevé ; il était beau à dix ans, portant sur son front candide une pureté encore ignorante d'elle-même ; mais qu'il est bien plus beau à dix-huit ans, alors qu'il porte dans une beauté déjà virile la gloire du combat. Son intelligence est inondée de lumière ; son cœur est ouvert aux saintes affections ; son âme s'est élevée par l'habitude de respecter ; sa volonté s'est affermie sous la mâle discipline de l'obéissance ; et homme déjà par sa force et par sa dignité, il est enfant encore par son innocence et par sa pureté. Il est à cette heure charmante mais solennelle de la vie où la beauté de l'homme a déjà tout son éclat, sans avoir encore une souillure ; et l'admiration en le saluant peut lui dire avec amour dans un langage qui ne ment pas : Vous êtes beau, aimable enfant, vous êtes beau tout entier. Votre pensée est pure, votre imagination est pure, votre cœur est pur, votre âme est pure, votre corps lui-même est pur : tout en vous est pur ;
et vous aussi vous êtes immaculé ; car il n'y a pas de tache en vous, macula non est in te. C'est l'éclat de cette- pureté qui, en rejaillissant de toutes les profondeurs de son être sur un front déjà si beau, donne à cet enfant le dernier complément de la beauté humaine. Sa foi, son amour, son respect, son obéissance, reçoivent de cette pureté, avec un sceau de leur durée, un parfum qui les embaume et une fleur qui les embellit ; et quand cette race de bien élevés traversera le monde, portant au front cette douce mais éclatante auréole, le monde malgré lui s'écriera : Voyez passer la génération des chastes ; génération choisie, formée sous les regards du Christ et de la Vierge immaculée, portant au milieu des hommes la pureté des anges, et montrant à la terre un rayon dérobé à la beauté du ciel.
SEPTIEME CONFERENCE
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SEPTIÈME CONFÉRENCE
LE PRjOGRÈS DANS L'ÉDUCATION
(SOI rE.)
Éminence,
Le complément nécessaire de la formation de l'homme, nous l'avons vu, c'est la pureté de son corps. École de foi, d'amour, d'obéissance et de respect, l'éducation est encore une école de chasteté. Une heure sonne d'ordinaire dans la première saison de l'homme, où l'éveil des sens et l'invasion de la volupté deviennent la grande crise de sa vie et le suprême danger
de son éducation. Il faut conjurer ce danger et le défendre dans cette crise. Or, que fait pour l'enfant dans cette heure redoutable l'éducation qui ne s'inspire pas dé Jésus-Christ? Ou elle nie le mal qui envahit l'enfant, ou elle dissimule pour n'avoir pas à le réprimer, ou elle demande à la sagesse humaine des remèdes inefficaces ; en toute hypothèse, elle laisse l'enfant sans défense suffisante contre le plus grand péril de son éducation et de sa vie.
Le christianisme, au contraire, a sous ce rapport, pour préserver ou guérir, pour* empêcher de tomber ou relever après la chute, des ressources que la sagesse humaine ne connaît pas ; ressources des doctrines qui donnent la lumière, ressources des sacrements qui donnent la force, ressources des personnes qui donnent la protection par la triple influence de l'exemple, de la sollicitude et du dévouement. Et lorsque le génie du mal ou une perversion exceptionnelle n'a pas trompé dans l'éducation les industries du ciel et de la terre, l'enfant demeure chaste et pur comme un ange; sa pureté, rejaillissant sur tout son être, donne à toute sa vie une incomparable beauté ; et l'institu-
PAR LA I'UltEÏÉ CIIHÉTIKJSNK.
teur peut, en regardant son chef-d'œuvre, comme Dieu après la création de l'homme, se reposer et s'applaudir.
C'est ici que je voudrais me livrer avec vous aux transports d'une légitime admiration devant la ravissante beauté de cet enfant, chef-d'œuvre de Dieu achevé par la main de l'homme. Je voudrais parcourir la création entière, interroger le ciel et la terre, pour trouver des images capables de peindre aux regards toute cette beauté de son âme qui se reflète sur son corps, et ajoute à toute sa vie une grâce et une suavité toute céleste. Une seule nous suffira pour laisser dans vos âmes une esquisse de ce bel et grand ouvrage.
Représentez-vous comme un arbre cette vie de l'homme qu'un auteur a nommée la plante humaine. Cet arbre semé par la main de Dieu a poussé dans une terre ferme des racines profondes ; secoué par la tempête, il s'est ployé et redressé sans se rompre jamais, et il s'est fait avec de vigoureuses racines un tronc robuste ; il est solide et ferme; arrosé par les pluies du ciel et fécondé par des soleils chauds, il a déployé ses vastes rameaux et son large feuillage ;
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■ et poussé tout à la fois par la sève qui montait
de ses racines et par la chaleur qui l'attirait
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en haut, il s'est élevé dans les airs, et porte sa tête dans les nues; enfin, aspirant autour de
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lui un air libre de toute corruption, il a gardé
tout l'éclat et toute la pureté de sa vie ; et il
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se baigne avec une grâce, une force, une majesté et une beauté pareilles dans la lumière
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du ciel.
Messieurs, voilà l'enfant bien élevé : la foi
lui a donné ses racines, l'amour son épanouis-
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sement, l'obéissance sa force, le respect sa
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grandeur, la pureté sa grâce; et la religion, et
la piété ont tout transfiguré : c'est la plus
grande merveille de la création ; c'est le plus
beau chef-d'œuvre de Dieu achevé par le tra-
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vail de l'homme.
Pour anéantir ce chef-d'œuvre de Dieu, et
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dévorer le fruit de tous les efforts de l'homme ;
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pour effacer toute cette grâce et ternir au front de l'enfance tout l'éclat de cette beauté ;
pour épuiser enfin toute la sève de la vie, et faire languir avec toutes ses puissances
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l'homme tout entier, que faut-il ? Une seule
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chose: la volupté, qui venant se poser au
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