CONCLUSION
KO —
Et maintenant, Messieurs, avant de clore
ces conférences sur le progrès par l'éducation,
j'éprouve le besoin de vous poser cette ques-
tion : Quelle doit être votre attitude vis-à-vis de
cette grande chose, l'éducation chrétienne ?
Vous apparaît-elle comme un danger qu'il
faut repousser, ou comme un bienfait qu'il faut
CO zz
accepter ? Je l'ai dit en commençant, l'édu-
cation telle que je la défends n'est pas le fait de telle institution ; elle n'est pas la propriété de
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tels hommes ; elle n'est pas le privilège de telle classe de la société ; elle appartient à qui sait la
donner et à qui veut la recevoir. Des hommes •
qui ont d'avance contre tout ce qui est résolu-
ment chrétien des préventions toujours prêtes,
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seraient heureux de faire croire qu'en rehaus-
cm :
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sant les titres authentiques de l'éducation
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chrétienne à votre confiance, on a pu avoir la
pensée de déprécier au profit du sacerdoce
toute éducation qu'il ne fait pas de ses mains.
Je proteste devant Dieu et devant les hommes
= CD
contre de telles interprétations. Si j'étais
convaincu que le prêtre seul, ou toute main
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consacrée peut donner à l'enfance le bien-
fait que j'ai dit, je n'hésiterais pas une mi-
nute à le proclamer très-haut. Je ne crois
pas vous avoir accoutumés aux amoindris-
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sements de la vérité. Ma conviction sin-
cère est que le dévouement spécial à Jésus-
= CM
Christ imposé par l'onction du sacerdoce et les
vœux de religion est en général dans l'édu-
cation une force et un avantage de plus ;
l'aveuglement volontaire des . passions inté-
ressées pourrait seul contester une vérité ab-
solument incontestable. Mais il n'en demeure
pas moins incontestable aussi, que tout ce qui
= — CO
veut être profondément chrétien, prêtre ou
laïque, régulier ou séculier, suffît au minis-
tère de l'éducation telle que je l'ai montrée,
et n'y suffit qu'à cette condition. C'est donc
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uniquement de l'éducation chrétienne qu'il
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cm :
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fut question dans ces conférences ; et je sup-
plie tout auditeur impartial d'accepter dans ce
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sens tout ce que j'ai dit cette année sur cet important sujet.
Or, dans cette hypothèse, la seule qui ré-
ponde à la vérité des choses et à la sincérité
co — =
de ma parole, je demande qui pourrait trouver dans sa pensée une ombre de raison contre
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l'éducation chrétienne ? Qui pourrait, s'il n'est
aveuglé par des systèmes antichrétiens ou des
haines anticatholiques, faire opposition à cette
vérité: que dans un peuple chrétien et ca-
tholique l'éducation doit être avant tout chré-
tienne et catholique ? Que dis-je ? où trouver,
même parmi ceux qui veulent absolument se
co —
poser en adversaires, un homme qui ose dire : Je repousse Téducation chrétienne parce qu'elle
est chrétienne? Tout le monde en convient, il
faut à l'homme une éducation ; sauf quelques
Cn^^
rares lettrés livrés par l'orgueil au vertige de
l'impiété et à la folie du paradoxe, tout le
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monde convient encore que dans l'éducation
il faut une religion ; et de l'aveu de tous, le christianisme est la plus haute religion, et le
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h- 1 = ID =
ro = o =
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NJ =
catholicisme le sommet le plus élevé du chris-
en
tianisme lui-même. Dès lors, que pouvez-vous craindre de l'éducation chrétienne et catholique? De quoi donc devant -votre raison pourrait-elle être coupable? Quel mal fait-elle à vos enfants ? Est-ce qu'elle apprend à douter? est-ce qu'elle apprend à haïr ? est-ce qu'elle apprend à se révolter ? est-ce qu'elle apprend à mépriser? est-ce qu'elle apprend à se souiller? est-ce qu'elle corrompt les cœurs, pervertit les âmes, et abâtardit les intelligences ? est-ce qu'elle travaille dans l'ombre et agit dans le mystère? Si l'on veut la repousser, que ne diton ses griefs, ses prévarications, ses méfaits ? Que lui reproche-t-on ? Rien.
Je me trompe, Messieurs, j'oubliais une accusation si souvent repoussée et qui revient toujours. Recueillez-vous tous ici pour entendre le réquisitoire du rationalisme antichrétien contre l'éducation chrétienne et catholique. On dit : « Vous catholiques, vous surtout prêtres , vous travaillez à élever nos enfants dans des idées contradïctoires à notre civilisation ; vous inoculez à nos enfants la haine de nos institutions I » Vous l'entendez, hommes du dix-neuvième siècle, cette accusa-
n = 3 JE
Cn^^
tion devenue triviale à force d'être vulgaire. Toujours notre civilisation ! toujours nos insti-
cr-, — =
1 tutions 1 mots retentissants , mais vagues ;
grandes mais faciles formules par lesquelles
on peut accuser toujours sans articuler jamais. Notre civilisation 1 qu'est-ce à dire ? Est-ce
co — =
l'industrie ? est-ce l'économie ? est-ce le che*min de fer? est-ce le télégraphe? est-ce le