‹ Le Progrès par le ChristianismeChapitre 5 sur 33 · OD · texte numérisé non relu

OD

laquelle l'homme ne se peut même concevoir.

KO —

On peut être un homme sans être instruit: on n'est pas un homme sans être intelligent. Si

Dieu me vient en -aide et ouvre vos âmes au

rayonnement de la vérité, j'espère vous faire

voir clairement dans cette conférence, que te christianisme, et spécialement le catholicisme,

pose seul dans Tàme humaine tes vraies assises

de l'éducation ; paire que seul il réalise les

conditions premières d'une véritable formation

de l'intelligence.

La véritable formation de l'intelligence, Mes-

sieurs, esi bien .différente de ce que pensent

co — 1

beaucoup d'hommes de notre temps. On ap-

NJ 3

^■BHMMMM

P retw ï à des enfants un peu d'histoire, un peu de géographie, un peq de mathématiques, un peu de gré»-, ll() peu de latin : un peu de loin. °" Surcomposé de tout cela une sorte de bagage littéraire el scientifique. Plus tard, de ces enfants Parvenus à l'âge d'homme on fait des «avants ou des lettrés ; des spécialités de la SCreu ceou des illustrations de la littérature : " V1( ' s savants qui ne possèdent pas toujours esor il,, bon sens; tristes i I ! tist rai ions qui ^gardenl pas toujours l'honneur de l'homme, r etre la formation de l'intelligence dans • co ^ 8sement d e tant de choses plus ou moins clmôes >oudan 8 Pétnde d'une seule chose

, e f c 2r nS approf0û ^. c'est méconnaître

2 7 d,,, ° n8,e 'l''«««-'l,:,no„,,. lm)sl , JJ ,V,l„cn.

ptln n6; e ' eSl Cmîm ^ bernent de '77««avecl'intellige s è ii e . m ême; c'est

™ re ce qu'Un auteur nommait bien ^ em-

™ Smw ^ e ^«pour S avéHtablear-

wecture. L'homme est un vivant édifice eôn-

«trurtpar un divin architecte, et la hase de cel

édifice, nous lavons dil rVsl i'i„i n iir>, aat „• , „. '' cesi ' intelligence.

C'est l'intelligence oni nnwn i . , .

s qui porte toute la vie; mais

hntelhgence elle-même comment se soutient-

n = 3 iE

WÊUÊÊÊËÊÊÊÊKKÊm-. ,

co — =

1)0 LE PKOGRÈS DANS l/ÉÛUCATION

elle? Sur quoi doit-elle s'appuyer pour arriver

Cn^^

plus tard à son développement, el avec, ellemême élever toute la vie?

cr-, — =

Messieurs, ce qui soutient et porte l'intelligence, ce sont les principes. Pour soutenir la

vie et la porter haute et ferme, elle doit elle-

même s'appuyer sur sou inébranlable fond ; el

co — —

son fond ce sont les principes, c'est-à-dire le

KO —

fond même des choses. Ce qui crée cn nous l'être raisonnable, ce qui constitue la raison

elle-même, c'est, selon la pensée d'un savant

O rz

el profond écrivain, « l'habitude des principes

et la possession des grandes luis. » Là, dans la connaissance certaine des grands principes et'

des grandes lois, sont les premiers éléments de la vie, intellectuelle : là est la lerre ferme el fé-

CO

conde où l'intelligence doit jeter ses racines

pour arriver à sa hauteur, et atteindre la pléni-

Ji. EE

tude de son développement. J'ai ditque l'homme

est un vivant édifice ; j'aime mieux dire :

Cn =

l'homme est un arbre vivant ; comme tout

arbre et toute plante, ce qu'il lui faut d'abord

CJl =

c'esl de s'enraciner dans le sol qui le nourrit.

Pareil au chêne qui, avant de monter haut

h- 1 = co —

dans la forêt, commencé par pousser loin sous

ID

ro = o =

ro =

NJ =

err

l'Ali LA. FOI CHRÉTIENNE. 61

terre ses racines vigoureuses; l'hoi unie jeune encore doit tenir par ses premières convictions comme par de fortes attaches à la terre des Y(Tll, ' s primordiales que l'éducation enseigne ^ son enfance. Il faut qu'autour de ces vérités ^mentales, son intelligence s'enlace ellememe P ar des étreintes que rien ne puisse plus oni Pre : alors, et alors seulement, l'homme te eUt *f elever ' ol dans son élévation défier les

chenet' Q " e feraient même aU pIus §Tand e lla tr onc sublime, des rameaux super-

dan;ïT te ^ ndidefeuilIa ^ s,i1 ^ Pigeait

«efaudr 11C01 ' 6 P '" S ,J "° daDS lc ciel?11 Par terre m C0U P de vent 1™»' le coucher deviendrait^ ^ magnifk l ues débris. Et que sa °ce,l e ^^m^^^^.

Par toutes" feC0nd l^r le génie, le plus fort dans la' ^. SpU,SSances ' s ^a vie n'était lixee 2 ^udeetaffermiedanslavéritéîQne

2 27' ^«vcs avez vingu™, !iUS ,

mais! f ' C0Mai — **» — *m* » ls dont absolument vous pourriez vous pa"-

'. ( . S1 léd «cation vous a laissé vide de ces ventes nécessaires (|ui ])m , f , ll( ri anfiû .9 k ■ l Portent l'homme tout •ntier?Aquoi vous servira, an point de vue

co — =

(V2 LK i'ROGRICS DANS l,' ÉDUCATION

de la destinée eUlu progrès de votre vie, tant

Cn^^

de mathématiques, d'histoire, de physique et

d'astronomie, si vous n'avez pas de symbole-/

Ou,, vous lait ce fardeau de mille systèmes phi-

losophiques, qui surcharge votre jeune intelli-

gence, si l'appui i\>^ vérités premières se dé-

robe sous elle : et si vous êtes condamné par h'

co — =

vice de votre éducation à marcher toute, votre

vie sur des abîmes de doute?

KO —

Jeune homme, qu'avez-vous gagné à creu-

1 — i rz

ser avec une opiniâtreté douloureuse tant de

mystères de la vie. si vous en êtes encore,

après tant de fatigues, à vous demander avec

effroi que est le principe, quel est le terme et

quelle est la règle obligatoire de la vie? si-.4e-

N3 zz

vant ces questions que vous voulez, écarter et

ipie tout vous ramène : « D'où venez-vous .' où

CO zz

allez-vous? » voire intelligence sans dogme dé-

fini cl sans point d'appui certain, en est réduite à se répondre à elle-même : « Je ne sais pas? <•

Cn =

Qu adviendra-t-il un jour de cette intelligence

h- > zz

sans symbole, de cette âme sans croyance, de

CTï =

cette science sans boussole ? Comment celle

vie qui manque de stabilité' poiirra-t-ellc sans

co — h- 1 =

ID

ro = o =

NJ =

danger pour elle-même S'élever cl grandir 1

err

TAR LA FOI CIIItÉTIENNK. 63

C°™« l'enfant déraciné à l'heure de la croissance deviendra-Wl un homme? Gomment tera-t-.l pour enchaîner ses passions et vaincre

U] leur fo ™e rétrograde? Sur quoi s'appuiera-t-il poar résister à lours atteiBtea Qt

dompter leurs violences, s'il ne sent au fond SOn '"telligeuce le roc des vérités incontestables ? si le père qui l'a formé, le maître

»tm l'a enseigné, ne lui a bien appris que ses doutes ? ( .f .; „ n

ei si pour résoudre pratiquement

^gme de la vie, il lle lui a donné que des Problèmes de philosophie?

Jtao*. Messieurs, appnyer l'àme de l'eafent

Wktod éternel des principes et sur une

prem * T* ' m ' ™ * condition ^-Po«r former IMnteliigenceetposerl.s

-le la v,e. Mais par queile vo,e L ,„,„- ^sprendront-ils racine dans rinlem.elce?

, rt ' P ° nSe à Cette 'i-estion ne peut être dôu- ^6: ce qui pose les principes au Ion, l de 1 intelligence, c'est l'affirmation. Ici la *énl1 '' dos choses se révèle dans la philosophie

deS mots - n s ' a g' lt de donner à une âme ses premières assises; il 8 > agit (le ^^

dans la région du vrai : or, C e qui affermit

co — =

64 LIS PROG-ftÈS DANS L'ÉDUCATION

l'âme et la fixe dans le vrai, c'est l'affirma-

tn^^

tion ; c'est le verbe fondateur posant au fond

de l'âme la base de tout l'édifice : c'est, en un

cr-, — =

mot, la parole ou l'enseignement de l'autorité.

L'autorité est de l'essence de toute éducation

humaine. L'autorité du père se révèle et se com-

plète elle-même par l'éducation do Feulant; et

co — =

le premier acte de l'autorité paternelle porte

sur son intelligence. Au besoin que l'enfant

KO —

éprouve de croire le père répond par la puissance

d'affirmer. C'est la beauté de l'œuvre de Dieu

dans l'homme. Ce qui pose l'intelligence vi-

vante et ferme sur la vérité, c'est ce coup mys-

térieux du Verbe afiirmateur, c'est l'autorité

qui crie par la voix du père à l'a me de l'en-

N3 rz

fant sortant de son sommeil : « Je t'appelle,

h- 1 = CO =

réponds-moi ; moi qui suis l'amour, moi qui ne trompe pas, je te le dis : voici la véri té ! » Et

la vérité du fond de l'âme de l'en faut répond à

la yojx qui l'appelle : car l'intelligence, même

Cn =

en ces premières fondations de la pensée, n'est

pas purement passive ; elle a une activité in-

CT-,

time qui fait écho au dedans à la parole qui re-

tentit au dehors.

h- 1 = CO —

Telle est la voie simple, mais profonde que

1 — ' — ID

PAR la FOI CHRÉTIENNE. 65

r^i;:; i, ^ ,,Ms,afo, '" ,ai,o " prei " i,ire

m Z .r " e eMlère s ' a i>l™to su, rin-

° 7 : ' " Uelli ï<»« « foude sur le, ,,„,.

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LIS PROGRÈS DANS h ÉDUCATION

intellectuelle, morale et religieuse est soustraite à toute influence doctrinale et dogmatique. A la réserve d'un certain développement intellectuel entièrement étranger à la conscience et à la vie morale, le corps seul est admis jusqu'à quatorze ans au bénéfice de l'éducation : il grandit et se développe au souffle de la nature, tandis que l'âme ci la conscience donnent ensevelies comme dans un lourd sommeil, attendant l'heure d'an éveil spontané et d'une éclosion tardive. Jusqu'à quatorze ans, ne parler à un enfant ni de l'âme, ni de Dieu, ni de vertu, ni de religion ; ne rien lui demander au nom d'une idée morale ni d'une idée religieuse, afin qu'un jour l'enfant choisisse libre de tout préjugé la morale, la doctrine, la religion et la divinité à laquelle il veut donner le gouvernement de sa vie : tel était le secret nouveau apporté à la terre pour élever l'homme et agrandir l'humanité. Il faut, citer pour ceux qui n'onl pas lu; car ici le vrai est à peine vraisemblable.

« Nous qui ne voulons rien enseigner à « notre Étoile qu'il de pu! de lui-même ap- « prendre en tout pays, dans quelle religion

WR l A loi dÉHÉWEHKlî. (.17

; : L* , T ,S - Dl '" s ' N« lo mellK» m «Ht

™« le conduire, (lardons-nous de

jawou* easeignef la vérité à eëltf qUl ne

«*JP« en état do l'eiueMre : car C'est

VOul «u- y substituer l'erreur. Si j'avais à

«Peindre j a tttipiAitg lâcheuse, je peindrais

""n Pédant enseignement Je catéchisme à des

]^s de huit ans: et si je voulais rendre

***** m, je l'obligerais d'expli^ < «j

« <fu il du en disant son catéchisme. „

«us n'attendez pas, Messieurs, que je lasse

r .' f les folies l'iionflçùr d'ttflë réfutation sérieuse. Onni i

iGUhlê g6r qHe rClil; " Jt L ' huisisse

] ui à ( C U T | Une moraIe ' ""° rêligiori, un Dieu,

dereli ■ °"' '^ J ' iU "' lilis [mlr "' tlë l,ie " "'

flOfl, ni de mur ! Élever sans notion

Mie conscience, de religion et do divinité

2" 1 " ***** miS ' œllG Cr ^re hmuaine " t0Us Wtome* attitëldeMétot l'ëtUUflt de lu

nutll,,e ;cor„n,osiJ'â.n,, Inconscience ,]„„„,. la 'e, la religion n'avaient rien à démêler avec notre nature ! Au nom de la raison sommer «tout qui ne sait rien d'embrasser la doctme et ia reli § ;i0û OÙ doit le condu.re le

HH^HHHi^^V , ,,

co — =

68 LE PROGBÈS DANS L'ÉDUCATIOH

meilleur usage de sa raison, lorsque sans idée

de l'âme, de Dieu et de la conscience, il ne peut pas même faire usage de sa raison !

philosophe, vous nous parlez au nom de la nature, et vous ne voyez pas jusqu'où vos pa-

radoxes insultent la nature? vous nous parlez au nom de la raison, et vous ne voyez pas le

co — EE

cercle vicieux où s'enferme ici votre raison ?

KO —

Au nom de l'une et de l'autre, nous vous demandons l'éducation de l'homme ; et votre

génie vous répond par l'éducation d'une brute !

Allez, sophiste, allez : l'humanité vous méprise ; elle répond à vos utopies par une in-

faillible pratique; elle confond le génie de l'in-

novation par le génie du sens commun ; et taudis que quelques esprits attardés, rares héritiers

co —

de vos sophismes, font de vos théories des exriences cruelles qui tuent dans leurs enfants la

vie religieuse et même la vie morale; elle con-

tinue, guidée par le bon sens autant que par

Cn =

la foi, d'apprendre à ses enfants de huit ans

la morale, l'âme, la conscience, la religion,

CT>

Dieu : le catéchisme enfin, divin abrégé de

tout ce que doit savoir un enfant pour devenir

h- 1 = co —

ID

ro = o =

NJ =

un homme.

cm '..

Je le sais, Messieurs, la plupart des adversaires do la méthode affirmative ne vont pas

Très!" 19 '" 11S n ° ,le,nailfIenl RS d'ajourner f Pr6S tout le développemenl matériel de l'enm > «a culture morale, ils conseillent à ce jtue l'enfant le plus tôt possible soit initié à a vj e de Pâme et de la conscience; mais comment? Par voie de raisonnement et de disons, sion. On ne veut pas de l'éducation qui eommence par dire à l'enfant au nom d'une au- °nte: Croyez parce que j'ai parlé; affirmez P^e que j'affirme. .A ceprocédé trop naturel ^ substitue m, procédé artificiel : on yen!

1 éd UCation qui dit à l'enfant: Croyez parce lue vous voyez ; affirmez parce fine je démontre.

sages de la terre, c'est là toute voire sagesse? vous demandez à cette jeune intelligence de juger vos démonstrations, lorsque !?* r ; mcil,es ot «™ *Lées déterminées ,11, ^ Pas même entendrez éléments d'une ^ nstr a^ ^lorsqu'il s'agit de poser les

^^ vous supposez la consiructimid, née f v faite§ w m

pour former la raison: et vnns i)llh |,zq,M,

o = 3 iE

co — =

faut déjà la raison pour entendre vos raisonne-

tn^^

ments ? J'admire votre simplicité; Rousseau lui-même vous dirait ici en raillant une sagesse

un peu moins folle que la sienne : « C'est com-

mencer par la fin. » Et moi, je vous dis : C'est

ruiner l'œuvre avant même qu'elle ne soit faite. Quoil il fallait commencer par donner à la vie

co — =

«ne base que rien ne puisse plus ébranler, et

KO —

vous commencez par y creuser des abîmes que

rien ne comblera plus? Prenez garde: vous

meniez aux plus intimes besoins de la vie; in-

tellectuellement vous créez un être manqué.

Vous dérogez à la nature ; la nature vous punira par des avorlemenls. Vous pensiez à foire de

raisonnements former l'homme raisonnable ; vous formez l'homme rationaliste. Vous avez

co —

craint de lui inculper des dogmes, vous lui avez

| — i ZZ

inoculé le scepticisme : vous n'avez pas voulu

Ji. EE

semer en lui les vérités premières et les fé-

conder par un verbe affirmâteur; votre vérité

Cn =

raisonneur desséchera cette terre vierge de

l'intelligence: tous les vents de l'erreur y souf-

fleronl avant le temps, la vérité n'y germera pas. Cet enfant, à dix-huit ans. n'aura pas de

h- 1 = co —

doctrines: il n'aura que des opinions, etquelles

1 — 1 — KO

ro = o =

NJ =

ZV.

opinions ! changeantes, incertaines, flottant au

LTI etout8 ? arolesang foi - vous n ' avez p^

san e les dogmes invariables et définis du chris- ^me: l'enfant s'en ira errant à travers .us les chemins sans Issue Mans le labyrinthe '^opinions humaines; il poursuivra d'ëtape en éta Pe et de fatigue en fatigue le long itinéla ' re de ] ' err eur, sans rencontrer jamais le remm sein de la vérité.

enfant est ainsi fait; il a besoin de croira, ^mme il a besoin d'adorer. Ce besoin fadesfUctible, vous ne Pavez pas satisfait par lVn- ^ementaffirmatifdela vérité; il se lourne,, a à tous les rêves de Terreur; il poursuivra d outrance, et peut-être avec, une frénésie déférée, tontes les chimères de l'humaine Pensée : il (Toira tou|> Qu] ^ ^^ ^ ^

^•^ tantôt à droite et tantôt à gauche, ^om m tous les souffles d'erreur qui pasi ,0 " «■«"■■■s.M,intn|| itfl m C eonlMm.Ii,ianlr.„nn„.

on r ^ r ° SeaU; U * m nl '»'» reli- ?:° n ' m Me doct ^e, ni même une opinion bien arrêtée. Et lui n on * *♦

ai mi, peut-être une gloire de

la science ou de la littératn™ ;i •

M mieratuie, il ira grossir d'une

LE PltOOItKS DANS L KDUCATION

unité de plus celle multitude toujours croissante de savants sans doctrines et de lettrés sans principes, la peste des sociétés et le fléau de notre, temps. Son intelligence, sans hase fixe et sans point d'appui certain, manquera d'attitude, de vigueur, de fermeté ; on le trouvera prêta toutes les faiblesses de l'âme, pour ne pas dire à toutes les lâchetés de la pensée. Et lorsque seront venues les grandes luttes delà justice et de la vérité ; lorsqu'il aura été donné au mensonge et à l'iniquité de prévaloir au grand jour contre les augustes faiblesses de la sainteté et de la vérité désarmée : vous le verrez, lui aussi, s'abaisser avec tant d'autres, qu'on eût pu croire si fiers, dans les plus honteux prosternenients ; et il proclamera par les publiques humiliations (Tune intelligence vendue au mensonge et vouée à l'iniquité, l'impuissance des hommes sans principes, incapables do trouver dans d'inébranlables convictions an indomptable courage et une invincible résistance.

cm

. "° ' ICe rad N 9ue je viens de montrer dans

dation de l'intelligence, l'absence de prin-

Cl Pes, de convictions, de certitude, c'est dans

!S S0Cl ^és nouvelles le vice de toute éducation qui n'ose pas être franchement chrétienne ei catliolique. En quelque situation que vous Ia considériez: au foyer, à l'école, au C ° UrS ' elle n 'a ni la parole de la foi, ni I'affirlmUl0l Mle l'autorité; elle doute plutôt qu'elle 11 affirme : e,] e "ie plutôt qu'elle n'enseigne ; et vodà pourquoi elle ('branle plus qu'elle n'af- 0rmi b et déracine plus qu'elle ne plante dans av »rtê les jeunes intelligences. Suivez Fen- aiil daus les diverses phases de sa formation 'ntellectuelle ; partout en dehors de l'éducation Retienne sa vie. manque de base, parce .pie son intelligence manque de point d'appui.

Entrez dans cette famille déshéritée de ' a f o>, et où le rationalisme moderne a ; Sa (lemeuro - La Parole du Christ et | e dogme catholique ne sont plus sous ,,. , oiL ,., règleinfaillibledelapensée.Làle père et la

mère ne parlent plus au nom d'une autorité reconnue incontestable; la certitude ne descend plus de leurs lèvres dans l'âme de leurs enfants avec le verbe de la foi. Là, je le «appose, il y a une mère rationaliste, sceptique, esprit-fbrt; mère sans lui, sans symbole et sans conviction. Voyez-la à l'œuvre, essayant de donner à la pensée naissante, de son entant une règle de croyance et un fondement de certitude : oh 1 qu'elle est faible la femme espritfort pour cette œuvre difficile! qu'elle est timide, incertaine, impuissante ! Je le croisbien: elle esl seule; seule avec Rousseau, seule avec Voltaire, ou seule entre les deux: seule avec le génie libre-penseurdorit elle subit l'empire, et dont elle est, quoi qu'elle fasse, la trèshumMe sujette. Que fera-t-elle avec sa pensée, solitaire pour donner à cette jeune Intelligence ce qu'il lui faut pour s'élever: un symbole, wuv croyance, une doctrine? Comment exerecrat-elle dans l'enfant, sans faillir à sa mission, ce sacerdoce de l'âme, la pins belle fonction de la maternité au loyer domestique? Comment, sous l'influence d'une parole qui se défie d'ellemême, l'intelligence de l'enfant pourra-t-elle

PAIt LA FOI CHRÉÏ1ENHE. 75

S ' ;lffil| ' 1,lil ' ' "i comfneni la vérité , prendra t-elle racine »

Mais laissons cet exemple, que vous pum- ^"^^runerareexception.Jeleyeux.la m re est ohpétiœne et catholique; elle parle Cf)mme église et. avec l'Église ; elle affirme P ar le Verbe de Dieu la vérité divine; elle ré- ^ ,0 a enfant, le catéchisme' à la main, toùl le

o«me caihoiiq,,,, et tout le mystère chrétien : e dit que Jésus-Christ n'est pas .un homme seulement, mais qu'il est Dieu et qu'il faut

* or er; elle lui dit que l'Église catholique

est pas une institution humaine , niais

u j*e institution divine, que tout chrétien est

'têde.croire à sa parole et d'observer ses

018 ; elle lui dit que Jésus-Christ est mort j r

sauver l'humanité, et que l'Église est rétablie leur continuer sur la terre son œuvre régéné- " atnee î elle lui dit qu'il y a un. ciel pour les

°" S ' m e "fer pour les méchants; que, le «£ Wrtient à ceux qui croient en Jésusunnst et obéissent à son Église.

^ nsidlt la mère à' lofant 'devant le père qui ^oute ; quel père? un père qui a des sentunents religieux et point de religion; un père

sceptique, déiste, panthéiste, humanitaire peutêtre. Un jour l'enfant tout à coup interrompt sa mère : « Vous dites que Jésus-Christ est mi Dieu et que je dois l'adorer : hier j'ai vu sur la table de mon père un livre, j'ai lu la page Ouverte, et le livre disait : «Jésus-Christ n'est qu'un « grand homme. » J'ai tourné la page, et j'ai lu : « H n'ya pasd'enfer. » —Mais, dit la mère. ce que vous dites là c'est une impiété, un blasphème. — Demandons;'! mon père, reprend l'enfant : Ma mère dit que Jésus-Christ est Dieu; votre livre dit qu'il n'est pas Dieu :

est-ce que ma mère voudrait mentir? — Mou enfant, reprend le père, vous n'avez pas encore dix ans: les enfants de votre âge ne s'occupent pas de ces questions; taisez-vous, et continuez votre leçon. »

Ainsi, devant renseignement catholique de la mère le père rationaliste s'abstient, souvent il doute, quelquefois il nie : négation contenue par ce respect que toute paternité sait devoir à l'enfance, ou par cette légitime pudeur qu'elle se doit à elle-même ; mais négation trop réelle, qui bon gré mal gré se trahit dans les fails alors même qu'elle n'oserail se rêvé-

l'AK LA FOI CHUÉÏIIÎNNE. 77

1er- dans les paroles. Entre cet enseignement deamere et ce silence du père; entre Faffir-

Z* 1 lMére dG rUne et la llégation mal dé s i » e l'autre, que deviendra l'intelligence

^f^? Entre ces deux paroles qui se

contredisent „, •

'^nt et viennent au nom de l'amour

t-iïd 6r rC1 " PU ' e d ° Sa PeDSée ' , i u ' adviclldra e sa foi, de ses convictions, de ses principes ?

tua^ nCOl '° a " ,i " JC PaS SUpP ° Sé la pire des si * 'ons. Des pères se rencontrent qui osent

t ni6r " ^ mère le droiL d ' eQs eigner à l'enfant

symbole que repousse leur pensée; ils

•vouent la prétention pins que despotique

qi(s ia pensée de Ieur femme duit relerer de

f GUr pens0e » et que l'intelligence de leurs en-

3ntS doit re levcr de l J une et de l'autre, à i'ex-

****** toute antre autorité: ils blaspbè-

M la rebgioa qui impose à leur femme une

°ctrme qui n'est pas leur doctrine; et ils ne

2 S h 7 U ^P as l'ambition d'exercer seuls, en deh ^-du Christ et. de l'Église; sur l'intelligence de leur femme et de leurs enfants, ce qudsnommenuuperbementla royauté de leur 'melhgence. Le droit de l'Église est pour en,

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