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A la suite des événements de 1870-1871, le pays, pour faire face aux charges énormes qu'il avait à supporter, dut emprunter et, comme conséquence, il fallut augmenter les anciens impôts et en créer de nouveaux. Ceux-ci portèrent principalement sur les iransactions et les consommations et furent cruellement ressentis par les ouvriers, aussi bien que par les commerçants et les industriels. Les charges devinrent même si intolérables pour ces deux catégories de ciloyens, que les droits de patente qui avaient été considérablement surélevés durent être remaniés dans le sens d’un abaissement de taux. Mais, bien que plusieurs des nouvelles taxes aient été supprimées, quantité d’autres pesaient et pèsent encore sur l’ensemble des habitants peu fortunés, et dès lors la question de la réforme fiscale devint l’objet des préoccupations des Chambres et du gouvernement.
Depuis 1870, près de cinquante projets de loi tendant à remanier notre système fiscal furent proposés au Parlement ; les uns très étudiés, très consciencieux ; les autres hâtifs, baclés, et qui n'étaient guère que des manifestations platoniques de la part de leurs auteurs.
| Ce courant de réformes qui s'était produit en France pour n’aboutir cependant qu’à quelques modifications de détail, s'était manifesté aussi, mais beau-
coup plus tard, chez la plupart des peuples du monde
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civilisé qui avaient complètement transformé ou profondément remanié leurs systèmes d'impôts. Selon le tempérament, le génie de chaque race, suivant les conditions économiques et sociales, les solutions adoptées ont été très différentes (1). Mais quelle que soit la diversité des méthodes employées, les réformes accomplies présentent toutes quelque caractère commun ; elles portent l'empreinte de tendances identiques. Le progrès incessant des dépenses publiques oblige les gouvernements à demander à l'impôt indirect des ressources considérables qui vont sans cesse en grandissant ; mais toute taxe indirecte qui est productive pèse d'un poids plus lourd sur les classes pauvres que sur les classes riches et fausse Les règles de la proportionnalité des charges. Aussi les peuples mcedernes corrigent-ils les inégalités fiscales que la loi de l'augmentation des dépenses les conduit à créer, en taxant par la voie de l'impôt direct, non plus le revenu brut, mais le revenu net. L'impôt indirect en effet frappe aveuglément tous les citoyens à raison d'actes de production, de consommation ou d'échange dont la fréquence n’est pas toujours en rapport avec la situation de fortune des contribuables. Aujourd’hui queles privilèges fiscaux ont légalement disparu,
l'impôt indirect cause une aggravation de charges aux