‹ Le projet de translation de la Faculté de Montauban à ParisChapitre 4 sur 12 · LES MOTIFS I>B LA TRANSLATION · texte numérisé non relu

LES MOTIFS I>B LA TRANSLATION

Quand cm lit- le procès-verbal de la séance synodale du 10 juillet 1872, on s'étonne que la discussion ait abouti aux conclusions que nous avons rappelées.

Quel serait le profit de la translation ? Elle donnerait un nouveau relief au protestantisme; elle serait un grand foyer in^ tellectuêl; elle augmenterait le nombre des pasteurs distingués. Tels sont les avantages relevés par les orateurs favorables à la proposition. Ces mômes orateurs reconnaissaient, d'ailleurs, que la vie parisienne ne serait pas sans, péril pour la moralité des jeunes étudiants ; que ces étudiants, devenus bacheliers en théologie, auraient peine à quitter le milieu éclairé de la capitale pour s'engager dans la vie retirée de pasteur de campagne. Or, entre les périls et les profits prévus par les mômes hommes, il ne nous paraît pas qu'on puisse hésiter. Quoi ! vous craignez pour la vocation, bien plus, pour la vie morale de vos futurs pasteurs, vous prévoyez qu'ils se résigneront difficilement à accepter un modeste poste de village, et ces craintes vous les faites taire au nom du relief officiel et du renom scientifique que vous espérez pour le protestantisme français! Ahl que nous voudrions pouvoir nous abandonner sans arrière-pensée à de telles espérances, et que nous prendrions plaisir à les voir se réaliser ! Mais s'agit^il aujourd'hui de ce luxe désirable ? Non, il s'agit des intérêts religieux, pratiques de TEglise; et ces

inléréts^là, de votre propre aveu, risquent d'être compromis par la translation à Paris de la Faculté de Montauban. N'aurait-il pas été sage d'ajourner tout au moins la solution de la question?

En fait, las avantages que l'on signalait n'auraient pas suffi à déterminer le vote du Synode; mais il y avait un inconvénient à prévenir, et l'on demandait, on va peut-être demander encore la translation comme une indispensable mesure de précaution. La Faculté de Paris, dit-on, séduira les étudiants, qui se hâteront d'y accourir, et celle de Montauban restera vide avec ses professeurs condamnés à roisiveté forcée. En face de cette douloureuse perspective, qu'y a-t-il donc à faire? La conclusion s'impose : la Faculté de Montauban court un grave péril, conjurons le péril en la supprimant. — Cela est vite dit, et même vite fait; il ne faudrait guère, sans doute, que le voté unanime d'une conférence nombreuse, le rappel du vœu du Synode et quelques démarches officielles. Mais cela ne laisse pas que d'être très-émouvant. Rayer d'un trait de plume un établissement qui représente une longue tradition, qui compte ses années par ses services, qui est mêlé à la vie de la grande majorité de nos Eglises et à qui revient, dans une large mesure, l'honneur des progrès accomplis dans ces derniers temps par le parti évangélique..., cela ne se fait pas sans hésitation, sans déchirement. Plus d'un reculerait devant un acte aussi grave.

Un ministre catholique signerait froidement, volontiers ; mais qu^à la place de ce ministre on mette quelqu'un de ces hommes âdèles qui ont doimé des gages à la cause de l'Evangile, qui portent dans leur cœur l'amour et les intérêts de l'Eglise rôfor^ mée, vous le flgurez<*vou8 apposant son nom au bas d'un décret portant :

« Article unique,

•t La Faculté de théologie protestante de Montauban est sup*primée. »

Mais estrii certain que cette Faculté perdrait, comme on l'a dit, tousses éêtidimts? Nous pensons qu'on se trompe, et nous insisterons bientôt sur ce point. D'ailleuri^la désertion que l'on prévoit, nV^-t'^U aucun moyen de la prévenir ou de l'atténuer?

"""TSUf^W.

Serait-il impossible de prendre telles mesures qui retiendraient les étudiants en province, qui régleraient les rapports des deux Facultés, de façon à ménager les intérêts et l'honneur de Tune comme de l'autre? Enfin, avant d'avoir tenté aucune expérience, serait-il prudent, serait-il permis dé priver l'Eglise réformée d'un établissement auquel elle est liée par les traditions et par la reconnaissance ?

Les avantages d'une Faculté unique sont plus apparents que réels et pratiques; mais qu'on veuille bien en envisager les inconvénients aux divers points de vue que nous allons indiquer.

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