‹ Le projet de translation de la Faculté de Montauban à ParisChapitre 7 sur 12 · LES INTÉRÊTS ECCLÉSIASTIQUES · texte numérisé non relu

LES INTÉRÊTS ECCLÉSIASTIQUES

La translation aurait une autre conséquence qui mérite également d'attirer l'attention. Ce que perdrait la pureté de la doctrine, l'autorité ecclésiastique le perdrait dans la même proportion. Le Synode de 1872-73 a fortifié cette autorité en donnant à l'Eglise une organisation qui lui assure la bonne gestion de ses affaires, et, dans un avenir prochain, l'unité d'esprit. Mais ces biens-là, on le comprend, ne peuvent être considérés comme acquis que si le régime synodal fonctionne suivant ses traditions séculaires et si, dans les Synodes futurs, la majorité appartient à l'opinion évangélique. Dans le cas contraire, toute l'œuvre du dernier Synode et l'avenir même de notre constitution ecclésiastique se trouveraient compromis. Or, si l'on se souvient que le parti orthodoxe ne disposait en 1872 que d'une majorité de quelques voix; si, d'autre part, on prévoit qu'il sortirait de la Faculté de Paris un plus grand nombre de pasteurs latitudinaires ou libéraux qu'il n'en sort de la Faculté de Montauban, on a les plus justes motifs de craindre que les prochaines majorités synodales ne fussent modifiées au profit du parti libéral. Nous ne désirons pas que le parti évan-

géliquè conserve la prépondérance dans un but d'oppression et d'exclusivisme ; nous croyons, au contraire, à la nécessité de concessions d'un certain ordre; mais nous regarderions comme lin malheur pour notre Eglise la domination du libéralisme dans nos hautes assemblées. Et c'est ce malheur que l'on n'éviterait pas si l'on commettait la faute de transférer la Faculté de Montauban dans la capitale. Mais, si on la maintient en province, nous pensons qu'elle balfuicera l'influence de sa jeune sœur et qu'en préparant à l'Eglise des pasteurs animés de convictions fermes elle assurera dans nos divers corps ecclésiastiques les majorités évangéliques actuellement acquises. Il vaut la peine, ce semble, d'envisager sérieusement une éventualité aussi grave, avant de provoquer une mesure dont les suites seraient funestes.

Nous ne revenons pas, après tant d'autres, sur les dangers d'un caractère tout moral que la grande cité présente pour la jeunesse, même sérieuse ; nous ajoutons seulement qu'il ne faudrait pas trop compter, pour atténuer ces dangers, sur les bienfaits de la séminarisation. Un séminaire a ses avantages; il a aussi ses inconvénients; nous ne prévoyons pas ce que pourront être à Paris les uns ou les autres. Un séminaire laisse subsister toutes nos craintes.

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