‹ Le Prolapsus Du Rectum: Affection Congénitale Son TraitementChapitre 20 sur 37 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Opérations portant sur l'anus et sur le rectum lui-même

S 1. — Interventions anales. -- Ces interventions ne peuvent avoir de bons résultats que lorsque l'affection est peu considérable, c'est-à-dire lorsqu'il s’agit de bourrelets muqueux saillants; ce sont celles qui sont tout indiquées chez l'enfant.

La cautérisation, opération simple, propre, peu rave, a eu et a encore actuellement de nombreux partisans (Guersant); le plus souvent on fait de profondes pointes de feu sur le pourtour de l'anus ; ces pointes de feu agissent de deux façons : elles produisent une cicatrice diminuant par rétraction la lumière de la partie inférieure du rectum, et elles amènent entre les diverses tuniques anales et rectales des adhérences empêchant la muqueuse de prolaber à nouveau.

Un autre procédé, très employé, est le cerclage de l'anus, préconisé par Thiersh (1) : on place sur le pourtour de l'anus une suture perdue au fil d'argent; les résultats sont satisfaisants ; mais il semble cependant qu'on les ait quelque peu exagérés (2); Lenormant, sur 20 cas, trouve 4 récidives ; la moitié des opérés étant de jeunes enfants, ils auraient probablement guéri sans intervention ; de plus, cette opération

(1) Congrès de Halle, 1891.

(2) GÉRARD-MARCHANT. Chirurgie du gros intestin, p. 327.

PVO

a un grave inconvénient : le fil d'argent doit toujours être laissé à demeure sous peine de récidive.

Nous ne ferons que mentionner l'excision de la muqueuse du bourrelet formant le prolapsus muqueux ; cette opération n’est indiquée que lorsqu'il y a des hémorroïdes importantes concomitantes.

$ 2. — Interventions portant sur le rectum. — «Il y a deux façons d'envisager le rectum prolabé », dit Lenormant; on peut en effet le considérer comme « quelque chose en trop », comme une tumeur génante, inutile, sans fonction, ou bien comme un organe qui, remis en place, maintenu, reprendra sa vie et ses fonctions normales; de là deux genres d'intervention portant sur le rectum.

A) Tout d’abord les interventions consistant à pratiquer l'exérèse, la résection totale’ du prolapsus. Le procédé de ce genre le plus perfectionné est celui de Mikulicz (1). |

Après avoir incisé la moitié antérieure du cylindre externe et ouvert le cul-de-sac de l’hédrocèle, on fait une suture séro-séreuse des deux cylindres; on sectionne la moitié antérieure du cylindre interne, et on suture ensemble la muqueuse et la musculeuse des deux cylindres ; on agit de même pour la moitié postérieure du prolapsus.

Cette opération peut être recommandée pour les vieux prolapsus, volumineux et irréductibles ; mais il

(1) Mkuzicz. Zur Operativen behandlung des Prolapsus ani et coli invaginati.

DR Es

faut tenir compte des risques d'infection et des rétrécissements qui aggravent le pronostic de cette opération compliquée.

Delorme emploie un procédé qui consiste en la résection et l'ablation d’un manchon de muqueuse que l'on va « décoller » le plus haut possible, parfois jusqu'à 15 et 20 centimètres (1); on suture à l'anus la muqueuse rectale par quatre points en U placés aux quatre points cardinaux. Donc on escompte que la muqueuse restante hypertendue sera suffisamment résistante pour supporter les tiraillements et les efforts abdominaux ; supposons que la suture lâche, la muqueuse remonte à la place qu’elle occupait naturellement, et alors un « formidable rétrécissement » va se produire, à moins, ce qui est plus probable, que l’affection n’amenant de la péritonite ou un adéno-phlegmon, n'emporte le malade.

On voit donc que les opérations visant l’excision partielle ou totale, comportent un pronostic assez sombre.

Restent les interventions qui cherchent à fixer solidement le rectum à sa place normale, et ne le considèrent plus comme une tumeur gênante qu'il faut à tout prix enlever : ce sont les rectopexies et les périnéorraphies.

B) Les reclopexies. — Elles furent imaginées par Verneuil, qui fixait le rectum par des fils en anses aux lèvres d'une incision ano-coccygienne.

Ces rectopexies furent perfectionnées ; un des procé-

(1) DELORME. Bull. et Mém. de la Société de Chirurgie, 9 mai 1900, page 499.

dés les plus parfaits est celui de Gérard-Marchant, appelé rectoplicature ; il consiste à placer sur la face postérieure du rectum un certain nombre de fils qui cheminent verticalement dans la paroi, sans perforer la muqueuse ; ces fils sont serrés et noués : il se produit alors une série de plis transversaux qui raccourcissent le rectum ; en nouanten même temps ensemble les deux fils les plus latéraux, il se produit une plicature verticale ; le rectum est alors fixé aux grands ligaments sacro-sciatiques.

C) Les périnéorraphies. -— De même que l’on emploie les périnéorraphies dans le traitement du prolapsus utérin, on les emploie parfois pour remédier au prolapsus rectal ; elles sont surtout indiquées - et c'est là qu'elles donnent leurs meilleurs résultats — lorsqu'il y a en même temps prolapsus et GEUEenenE du périnée à la suite d'accouchement.

La reconstitution du plancher périnéal permet alors la contention de la partie inférieure du rectum.

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