OBSERVATION IT
A. G., 60 ans, charbonnier-bûcheron à Uruffe. Entre le 1°’ mai 1911 dans le service de M. le Professeur Gross.
Antécédents. -— Dans son enfance, il eut fréquemment une diarrhée persistante ; à 16 ans, apparurent des hémorroïdes produisant des hémorragies abondantes. Ces hémorroïdes devinrent procidentes et il était obligé de les réduire à chaque défécation. Elles entrainèrent peu à peu la muqueuse ; il se produisit à deux reprises des phénomènes d’étranglement : en 1867 et trois ans plus tard ; ils durèrent chaque fois quinze jours.
G., servit cependant cinq ans dans l'artillerie, mais souvent il fut exempté de service à cause de son infirmité.
Au cours de l’exercice de son métier de bûcheron, il était obligé de réduire souvent manuellement son prolapsus ; plusieurs fois, il perdit du sang ; depuis 1905, il n’en a plus perdu.
Au cours de ces dernières années, son métier lui fut pénible, car le moindre effort provoquait l'issue de son prolapsus, et de violentes douleurs.
Il abandonna son travail en 1909, ce qui amena un notable soulagement. En février 1911, il eut une abondante hémorragie rectale, et son médecin l’envoya à l'hôpital de Nancy, un peu plus tard.
A ce moment, le malade semble vigoureux et d’aspect bien portant.
On l’examine dans la position genu-pectorale. La muqueuse rectale fait une saillie de 1 centimètre à peine, régulière sur tout le pourtour de l’anus ; cétte muqueuse est rouge-violacé, recou-
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verte d’un suintement abondant ; on la refoule aisément ; on remarque un paquet hémorroïdaire en avant et à droite.
On fait pousser le malade : il apparaît un prolapsus de 5 à 6 centimètres sans sillon entre l'anus et la racine de la tumeur qui présente un aspect trilobé : un lobe antérieur à base périnéale est de beaucoup le plus volumineux ; il a les dimensions d’une grosse mandarine ; il représente les deux tiers de la partie prolabée, ce qui fait que la lumière du rectum est reportée vers la région coccygienne.
Le prolapsus est souple, sa surface est rouge vif. Un enduit de mucosités glaireuses le recouvre.
La réduction est assez facile ; le toucher rectal ne révèle rien de particulier.
Opération le 42 mai 1911 par M. Georges Gross, suivant la technique de MM. Quénu et Duval. Au cours de l'intervention, on constate que le côlon est excessivement long, que le cul-desac de Douglas est très profond, et qu'il y a ptose de tout le gros intestin
Suites opératoires normales : fils enlevés au bout de 10 jours.
Le 14° jour, à l’occasion d’une selle apparait une saillie à la muqueuse en avant et à droite de l'anus : cette saillie n’est autreque le paquet hémorroïdaire existant avant l'opération.
Le malade rentre chez lui le 8 juin.
Le 20 juin, il revient à l'hôpital, où on pratique une dilatation anale, et où l’on touche au thermocautère les points‘les plus saillants du paquet hémorroïdaire; 8 jours après, il quitte le service.
A cette date, la muqueuse ne faisait plus qu’une légère saillie à la partie antérieure de l'anus, à l’occasion des selles.
Suites. — Le 31 octobre 1912, le malade a été revu ; il a pu reprendre son métier de büûcheron ; ses selles sont régulières ; pas d'écoulement ; il n'existe qu’un léger prolapsus muqueux d'un demi-centimètre ; pas de souffrance. -
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Deux mois après la sortie de l'hôpital, le malade a eu une attaque d’hémiplégie.
En juin 1913, il meurt brusquement ; à ce moment, soit deux ans après l'opération, il n'y avait rien de particulier du côté de l'anus et du rectum.