‹ Le proloque dans la tragédie d'EuripideChapitre 24 sur 63 · L. HËRIOIER · texte numérisé non relu

L. HËRIOIER

34 LE PROLOGUE DANS LA TRAGÉDIE d'eURIPIDE

se passe devant le palais des Atrides ; Electre se tient auprès du lit d'Oreste endormi (v. 35). — Dionysos fournit des indications particulièrement détaillées sur le lieu et le décor : la scène est à Thèbes (v. i), près de la fontaine de Dircé (v. 5) et de risménos. On voit le tombeau de Sémélé (v. 7) près du palais, les ruines de sa maison détruite par la foudre (v. 7-8). Ces restes ombragés de vigne sont devenus un sanctuaire (v. 10-12). On aperçoit aussi le palais de Gadmos (v. 60)'.

Trois constatations se dégagent de cet examen :

i" Tous les prologues, à l'exception d'Alceste, contiennent l'indication du pays où se passe la scène ;

2° Douze prologues sur seize renferment une indication de décor plus ou moins détaillée;

3" Onze prologues présentent à la fois les deux indications.

Pour la troisième fois, on voit donc Alceste se détacher de l'ensemble des prologues par une particularité de structure: Apollon ne dit rien du pays, et l'indication de décor qu'il fournit, d'ailleurs très brève, est en même temps une façon d'introduire le nom d'Admète. Cette constatation est du même ordre que celles qui ont été faites pour l'identité du Tipo^oy^^wv et du personnage principal : éclairée par la chronologie, elle met en évidence la même évolution dans le sens d'une précision croissantes

On ne voit pas se développer simultanément dans les prolo*gués les deux indications : Andromaqae les contient l'une et l'autre, mais les Phéniciennes n'en renferment qu'une, celle du pays; par contre le prologue à' Alceste se contente de désigner au public la demeure d'Admète, tandis que celui des Bacchantes décrit minutieusement l'aspect de la scène. On remarque pourtant qu'à part Electre et les Phéniciennes, les derniers prologues contiennent tous des détails précis sur le pays et le décor, et que les trois premiers : Alceste, Médée et

1. Comme on le constate par cet exposé, Klinkenberg a tort de prétendre que le lieu de l'action est indiqué dès le début du prologue (p. loo, voir plus haut p. II. Cf. Arnim, p. 83). — On peut ajouter aux prologues des tragédies conservées les fragments 662 (Œneus) et 619 (Méléagre). Ces deux drames s'ouvraient par l'indication du pays.

2. Tout ce qu'on sait de la date d'Œneus, qui débute par un salut de Diomède à la terre de Calydon, c'est que cette tragédie est antérieure à 4a5.

Hippolyte, réduisent ces indications à une seule. Est-il certain que la différence entre Alcesle et les Bacchantes soit fortuite, et n'a-t-on pas le droit de l'expliquer par un besoin de précision de plus en plus grand ?

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