‹ Le proloque dans la tragédie d'EuripideChapitre 50 sur 63 · On peut y ajouter Archélaos (AïyviTtxo · texte numérisé non relu

On peut y ajouter Archélaos (AïyviTtxo

l34 LE PROLOGUE DANS LA TRAGÉDIE d'eURIPIDE

Dans les pièces conservées d'Euripide, les prologues se répartissent en quatre catégories suivant la forme de la phrase initiale :

1° Un seul débute par une formule de souhait : Médée (El'ô' waseX '...);

2° Un seul par une interrogation : Héraclès (Ti'ç... ojx oiSsv ppoTwv...;);

3° Cinq par une invocation précédée ou non de w. Avec w : Alceste CCI Swfxa-r' 'A5[;.y)t£'. '...); Electre ÇÙ yf,q zx/atcv "Apvcç)'; les Phéniciennes Çù Tr)v àv à'^Tpc.; ojpavoii...). Sans w : Andromaque ('AtTÛTtSoç YîJ; <77.vi!J!,a ..); les Suppliantes (ArdXYjxsp scr-coUy/ etc.);

4. Les neuf autres, par une proposition affirmative ou négative. Affirmative : Hippolyte (lloklr, \>.h ... ôsà yi/.AY;[j,at KJTrpt;); Hécube ("H/.w ...); les Héraclides (IlaXa-, xot* èjtI tout' s[j,ct SsSov- [xévov); /oAi ("AT).a;... è'cpuaE) ; les Troyennes ("H/.û)...); Hélène (Nc(Xou [xkv ai'Sî . . ^oa( ...) ; Iphigénie en Tauride (Ylého^ ... yx\).z(); Bacchantes ("H/.w ...). Négative : Oreste (Oj/. è'aTtv oùSèv Sstvov ...).

Il est à remarquer que l'invocation initiale, dans les prologues du groupe 3, n'a pas partout la même valeur. Dans Alceste, Electre, Andromaque, elle s'adresse au lieu de la scène et tourne court; c'est donc plutôt une exclamation qu'une invocation proprement dite. Dans les Phéniciennes et dans les Suppliantes au contraire, elle s'adresse à une divinité, soit pour faire appel à sa bienveillance (les Suppliantes), soit pour la prendre à témoin d'une situation qui est rappelée dans les vers suivants (les Phéniciennes).

Si l'on rapproche du contenu de la phrase initiale la forme qui lui est donnée, on constate que l'indication du lieu de la scène ou du décor est immédiatement introduite à l'aide de deux procédés : tantôt au moyen d'une apostrophe (Alceste, Electre, Andromaque), tantôt d'une façon plus directe et sommaire dans Hélène. Le TCpoAovîÇwv commence par se nommer dans Hippolyte, Héraclès, les Bacchantes, et c'est seulement dans Héraclès qu'il a recours à la tournure interrogative, plus vive que la simple affirmation. Toutefois l'indication est

I. M. Weil, p. 575 estime toutefois que le vers i est altéré. Seidler observe que cette forme d'apostrophe adressée au lieu de la icène se retrouve dans Andromaque et dans Alceste,

LA FORME DU PROLOGUE l35

amenée avec moins de brusquerie dans Hippolyte que dans les Bacchantes, car elle est préparée dans le premier de ces deux prologues par un vers solennel. Le récit du passé est entamé par la phrase initiale dans Médée, Ion, Iphigénie en Tauride, mais avec une différence notable : le prologue de Médée s'ouvre sur un mouvement passionné ; ceux A' Iphigénie en Tauride et dlon mettent en avant, dès le premier mot, le nom et l'histoire du fondateur de la race, à l'aide d'une simple affirmation : c'est la forme particulièrement visée par Aristophane, et à coup sûr la plus froide des entrées en matière. Un autre type est représenté par les Héraclides et Oreste, qui débutent par une réflexion sentencieuse.

Enfin Euripide se sert à trois reprises d'une formule stéréotypée qui demande un examen spécial :

Hécube^ v. 1-2 : "Hv.u) vexpwv xeu6[jLÎ5va xal jxôtou iriiXaç

Xl'TWV ...

Troyennes, v. 1-2 : "Hxw >.n:à)v Aiyatov àX|i.upov ^afto;

XCVTOU Iloffî'Sôiv ...

Bacchantes, v. i : "Hxw Atoç TcaTç Tr^vSe ©r^ôafwv '/ôsva...

Krausse (p. rg^) rapproche du début des Bacchantes ce vers du prologue des Choéphores : "H/.co yi? etc. Mais cette formule n'apparaît dans les Choéphores qu'au vers 3. Dans les trois prologues cités d'Euripide elle ouvre la pièce. Ce qui accuse son caractère stéréotypé, c'est que dans Hécube et les Troyennes le mot r;y.w est construit avec un participe aoriste, et dans les deux cas avec le même : X-.w;. On ne peut songer à tirer d'un si petit nombre d'exemples autre chose que des hypothèses ; toutefois il est à remarquer qu'Euripide n'emploie cette formule que dans la bouche d'une divinité ou d'un fantôme. Il semble que le mot r^xo), ainsi placé au début du prologue, ait en vue de satisfaire sans retard la curiosité du public en lui expliquant l'apparition du TipsAoyiCtov sur le eeoXcYîTsv.

Les débuts de prologues provenant des pièces perdues se ramènent tous à l'une des deux dernières catégories indiquées ci-dessus. Un seul, celui d'Œneus, s'ouvre par une invocation adressée au lieu de la scène (fr. 662) : 'D y7,; r.x'.pMOiç x^Tps

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©iX-uaTov Tcéâov' (cf. le début d'Éleclre, avec cette différence que dans Œneus l'invocation a un sens précis, au lieu de se réduire comme dans Electre à une exclamation aussitôt arrêtée). Les autres, au nombre de huit, se rattachent à la dernière catégorie. Tantôt le prologue s'ouvre par une réflexion générale de forme négative, comme dans Oreste : Sthénébée (fr. 662) : Oùx Icrxtv ôaTtç zolW àvY)p eùSaioicvsT; tantôt il indique directement le lieu de la scène comme dans Hélène : Méléagre (fr. 519) : KaXuBwv \j.h rfizyoiXa ... Six entament ex abrupto le récit du passé, en commençant par le fondateur de la race, de même qu'Ip/iigénie en Tauride et Ion :

Antigone (fr. 167) : 'Hv OtS(xou; to TCpwxov £jSaiiJi.(j)v àvT^p.

Phrixos (fr. 816) : HtSwvtôv tcot' «ctu Ki^i^oç £y,)vt7i:wv ...

Archélaos (fr. 229) : ArYu^xoç, a>; h 7:\tXaxoq èWaptat Xôyo; ...

Archélaos (?) (fr. 280) : Axvao; ô XcVTiQxovxa ôuy^Tépwv za-r^p ...

Hypsipyle ((v. 762): Aiôvjwç, o^ôûpjotat xal veôpàiv SopaTç ... Mélanippe la sage (fr. 484) : Zeûç, wç XsXexTat tî}? àlrfieiat; jtto ...

On a vu que plusieurs de ces débuts avaient été tournés en ridicule par Aristophane. Le nom du fondateur de la race ouvre les prologues de Phrixos, Archélaos (fr. 229, 280), Hypsipyle, Mélanippe la sage. Enfin il faut ajouter à ces fragments le début d'un autre prologue de Phrixos (fragm. 818)% où le TupoXoYiÇwv énonce quelques réflexions sur son propre sort. Bien qu'elles n'aient pas un tour aussi général que celles qu'on relève au début des Héraclides et d'Oresle, c'est dans le même groupe que ce fragment doit prendre place. Peut-être le prologue de Philoctète doit-il y être rattaché, si Ton en juge par le Disc. 62 de Dion Chrysostome.

De ces observations diverses se dégagent les constatations suivantes: Dans les vingt-sept prologues d'Euripide dont on possède le début^, la phrase initiale se ramène à un très petit nombre de types. Il est très rare qu'elle soit introduite par un

1. Fr. Léo, Der Monolog im Drama (p. 20) compare pour le début du prologue Alceste, Télèphe et Œneus. Mais il n'est pas prouvé que le fragm. 697 soit le début de Télèphe.

2. Du premier Phrixos, selon les uns; du second, suivant Tzetzès.

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