‹ Le proloque dans la tragédie d'EuripideChapitre 51 sur 63 · Vingt-huit en comptant le fragment · texte numérisé non relu

Vingt-huit en comptant le fragment

mouvement vif et dramatique. Si ron met à part quelques réflexions mélancoliques, quelques invocations à la divinité, qu'y trouve-t-on? L'indication sèche du lieu de la scène (ou du décor), ou de Tidentité du zpoXcv'lî^wv, à peine amorcée çà et là par une brève apostrophe qui n'aboutit pas. Il y a surtout une forme de début pour laquelle le poète semble avoir une vive prédilection: c'est celle qui entame ex abrupto le récit du passé, le nom et l'histoire du fondateur de la race. Les railleries d'Aristophane permettent de supposer que cette forme était, sinon la plus fréquente dans les prologues d'Euripide, du moins une des plus souvent employées par le poète. Or elle trahit un dédain absolu des procédés qui pourraient donner au prologue une allure naturelle et vivante. Enfin, quand le prologue est confié à un dieu ou à une ombre, le poète adopte une formule stéréotypée qui aggrave la froideur du début d'une sorte de raideur didactique. Le poète ne s'est pas soucié de préparer l'entrée du -psAoy-^wv; il n'a visé qu'à la simplifier, en retranchant tout ce qui était étranger à l'exposé lui-même. Il a cherché les cadres les plus élémentaires et, en vertu de leur simplicité, les plus commodes, et les ayant trouvés il s'en est servi à satiété, sans se préoccuper d'éviter la monotonie.

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