‹ Le proloque dans la tragédie d'EuripideChapitre 56 sur 63 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

L'exposition dans le monologue initial et dans le reste du prologue.

Dans deux tragédies, les Suppliantes et les Bacchantes^, le monologue initial constitue à lui seul tout le prologue ; il est immédiatement suivi de la parodos. Dans les autres pièces conservées d'Euripide il se trouve séparé de l'entrée du chœur par une ou plusieurs scènes ^

i» Par une scène seulement dans Alceste, Hécube, les Héraclides, Héraclès, Ion, Hélène, Iphigénie en Tauride, les Phéniciennes. Cette scène est un dialogue entre le zpoXoyitwv et le personnage suivant dans Alceste^ (entre Apollon et Thanatos, période anapestique : v. 28-87 '■> trimètres iambiques : v. 38-76), les Héraclides (entre lolaos et le héraut d'Eurysthée, trimètres iambiques : v. 55-72); Héraclès (entre Amphitryon et Mégara, trimètres iambiques : v. 60-106); Hélène (entre Hélène et Teucros, trimètres iambiques : v. 68-1 63). Elle introduit sous la forme d'un dialogue deux personnages nouveaux dans Iphigénie en Tauride (Oreste et Pylade, trimètres iambiques : v. 67- 122), et les Phéniciennes (le pédagogue et Anligone, chants alternés : tout le rôle du pédagogue est en trimètres iambiques; celui d'Antigoae est tantôt récité (iambes), et tantôt chanté (dochmiaques), v. 103-192). Enfin elle est constituée par une monodie que chante un personnage nouveau, dans Hécube (monodie sans épirrhème du genre alloiostrophique : six périodes anapestiques dont la quatrième et la sixième s'ouvrent par deux hexamètres dactyliques; v. 59-67), et Ion (monodie du genre mixte formée d'anapestes : v. 82-1 11, puis

I. Voir les considérations d'Arnim sur ces deux prologues, p. 8i.

a. Arnim, page 95, observe que le reste du prologue ne prend jamais la forme d'un monologue.

3. M. Forest Allen {The Thanatos scène in the Alcestis, Harvard Stud. in Cl. Phil., IX, 37 et suiv.) soutient que cet entretien d'Apollon et de Thanatos ne peut être d'Euripide.

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d'éléments logaédiques : v. ii2-i43, et d'anapestes lyriques: V. ia-i83).

2° Par deux scènes dans Médée, Hippolyte, Andromaqae, les Troyennes, Oreste. Dans Médée, l'entretien du pédagogue et de la nourrice (trimètres iambiques : v. Aq-qS) qui succède au monologue initial est suivi d'une scène où les plaintes de Médée alternent avec les réflexions de la nourrice (anapestes : y. ()6-i3o). Dans Hippolyte, l'entrée du fils de Thésée, l'invocation des serviteurs à Ârtémis et la prière qu'adresse le jeune homme à la déesse (morceau lyrique : v. 58-72, puis trimètres iambiques, v. 73-87) forment une première partie, suivie d'un dialogue stichomvthique entre Hippolyte et un des serviteurs (v. 88-120). Après le dialogue d'Andromaque avec l'esclave troyenne (trimètres iambiques : v. bg 90), vient un monologue d'Andromaque dont la fin (v. io3-i 16) est un solo en distiques élégiaques. Dans les Troyennes, le monologue initial est suivi d'un dialogue entre Poséidon et Athéna (trimètres iambiques : V. 48-97); puis d'une monodie chantée par Hécube (anapestes : v. 98-152). Dans Oreste, un dialogue s'engage d'abord entre Electre et Hélène, puis un monologue est prononcé par Electre ; voyant arriver le chœur, la jeune fille l'invite à faire silence pour ne pas réveiller son frère (trimètres iambiques : V. 71-139).

3° Par trois scènes dans Electre: d'abord un dialogue entre le laboureur et la jeune fille, précédé d'une invocation qu'Electre adresse à la nuit au moment où elle entre en scène (trimètres iambiques : v. 54-8i), puis une tirade d'Oreste adressée à Pylade muet (v. 82-1 1 1), enfin une monodie chantée par Electre (monodie mésodique du genre antistrophique : v. 112-166)1.

Le reste du prologue revient toujours sur quelques-unes des indications fournies par le monologue initial.

Alceste : Apollon dit à Thanatos qu'il souffre du malheur d'un homme qui lui est cher (v. 42; cf. v. lo-ii). — Apollon a soustrait Admèteà la mort (v. 32-33; cf. v. 11 et suiv. Com-

1. La paraphrase du prologue de Philoclete donnée par Dion Chrysostome, Disc 59, ne peut être utilisé ici, car elle paraît être assez libre et elle est presque certainement incomplète. Uentretien d'Ulysse et de Philoctète qui y fait suite au monologue initial, ne figurait peut-être pas dans le prologue. Cf. Arnim, p. io3.

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parer v. 33-3/i : Moipxq SoXi'w-aç/^Ax/Ti xr/vy;, et v. 12 : Mct'paç oo'/M(jxç). — Si Admète est en vie, c'est que sa femme a pris sa place (v. 86-87, ^6; cf. v. 17-18).

Médée : L'identité de la nourrice est mentionnée vers ^9 ; c'est une esclave de Médée (cf. v. 6). — La douleur inconsolable de Médée est rappelée vers 69 60 (cf. v. 16 et suiv.) — Créon est' indiqué comme le roi du pays (v. 70-71; cf. v. 19). — L'infidélité de Jason, qui délaisse Médée pour une nouvelle épouse, est signalée vers 76 (cf. v. 17-18). — Attitude menaçante de Médée qui semble prendre en haine ses enfants (v, 92-9/i; cf. v. 36).

— La nourrice, qui connaît le caractère implacable de sa maîtresse, redoute quelque vengeance terrible (v. 98-9/1. Cf. v. 87 et suiv. Comparer v. 94 : aà:^' ol^x, et v. 89 : èywSa rr.vSe).

flippolyte : Arlémis est invoquée à plusieurs reprises comme étant la fille de Zeus (v. 59, 60, 62, 64, 65; cf. v. i5). — Hippolyte vit dans la compagnie d'Artémis (v. 85 : <jo: ... ^ûvetixt. Cf. V. 17 : Tîapôévw ^uvwv àsi). — Aphrodite est une déesse en honneur parmi les hommes (v, 108; cf. v. i). — Hippolyte la méprise (v. 106, 118; cf. v. i3).

Andromaque : La veuve d'Hector rappelle qu'elle a été reine jadis, avant de devenir une misérable esclave (v. 64, 65, iio; cf. v. 5, 6, 12 et suiv. Comparer v. 65 : vuv Sa oujrx/sï, et v. 6 : vûv S'ei' z'.q a/Ckr, Buffxx/scTâTYi yj^ô)- — L'hostilité de Ménélas et d'Hermione est signalée vers 62-68, etc...,v. 86 (cf. v. 89, 4o).

— Pelée est nommé vers 79 ; son grand âge rappelé vers 80 (cf. V. 28). — Andromaque avait secrètement éloigné son fils du palais (v. 69 ; cf. v. 47-48). — Néoptolème est parti pour Delphes (v. 75-76; cf. v. 49 et suiv.). — Évocation de la prise de Troie par les Grecs (v. io5-io6; cf. v. 11), de la mort d'Hector tué par Achille (v. 107-108; cf. v. 8-9). — Andromaque est réfugiée en suppliante dans le temple de Thétis (v. ii5-ii6;cf. V. 43-44).

Hécuhe : La mère de Polydore se désigne elle-même comme une vieille femme (v. 59; cf. v. 52). — Elle sort de sa tente, effrayée par le fantôme de Polydore (v. 69, 70; cf. v. 54). — Elle rappelle que son fils avait été envoyé en Thrace pour son salut (v. 74) et confié à un hôte de son père (v. 74, 80-82 ; cf. V. 67). — Elle s'inquiète du sort de « Polyxène, sa fille» (v. 75;

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cf. V. 4o). — L'ombre d'Achille apparue sur son tombeau a demandé le sacrifice d'une des Troyennes(v. gS-gS; cf. v.Sy, 4o et suiv.).

Héraclides : L'impuissance d'Iolaosest rappelée par le héraut (v. 58; cf. V. 23). — Cette faiblesse est mise en regard du pouvoir redoutable d'Eurysthée (v. 58; cf. v. 21-22). — lolaos désigne l'autel du dieu auprès duquel il s'est réfugié (v. 61 ; cf. V. 33); plus loin il fait valoir que lui et les siens sont des suppliants (v. 70: îv^éTai o'cvtî; àvcpa-lcj A-.ôç; cf. v. 33: b.i\7.\ •/,a6esciJ.îa6a ^m\}.\o>. ôsûv). — L'indication du lieu reparaît dans l'appel d'Iolaos à Athènes (v. 69; cf. v. 37-38); en même temps cette invocation souligne clairement le sens de la démarche des Héraclides (v. 69-70).

Héraclès : Mégara rappelle que son père lui fit épouser le fils d'Amphitryon (v. 67-68; cf. v. 10-12, et aussi v. 3, où Amphitryon se donne pour le père d'Héraclès). — La double qualité d'Héraclès, fils d'Amphitryon et époux de Mégara, est encore indiquée vers 97. — Le dernier travail entrepris par le héros n'est pas rappelé; mais il résulte des paroles de Mégara qu'Héraclès est absent, que cette absence met les siens en péril, et que son retour seul peut les sauver : tous ces détails ont été donnés dans le monologue initial. — Mégara s'apprête à mourir avec le vieillard et ses enfants (v. 70-71; cf. v. 39-41, V. 47). — Il n'y a plus à compter sur les amis (v. 84-85; cf. V. 55-56).

Ion: Le néocore se croit orphelin (v. 109; on sait déjà par le prologue qu'il ne connaît pas ses parents, v. 5i). — C'est le temple qui le fait vivre (v. iio-iii, 137, 180- 183; cf. V. 52, etc.). — Les vers 54-55 du prologue sont développés dans les vers 102 et suivants (ministère d'Ion). — Le jeune homme balaye l'entrée du temple avec des branches de laurier (v. 112 et suiv., notamment v. 121 ; cf. v. 79-80).

Troyennes : Athéna donne une indication de lieu : nous sommes à Troie (v. 57 ; cf. v. 4 et suiv.). — Poséidon fait allusion à la haine de la déesse contre les Troyens (v. 59, v. 65 ; cf. V. 24). — C'est cette haine qui a perdu Troie (v. 72; cf. V. 46-47). — La ville est en proie aux flammes (v. 60, v. i45; cf. V. 8). — Athéna parle du départ de la flotte grecque qui va

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rentrer au pays (v. 77; cf. 19-21). — Poséidon signale encore la désolation de la ville, l'abandon des sanctuaires (v. 96-97 ; cf. V. i5, V. 26-27). — La monodie d'Hécube est la paraphrase des vers 28 et suivants sur le misérable sort des Troyennes. — Hécube se lamente sur ses malheurs et sur la ruine de sa patrie, la mort de ses enfants et de son époux (v. 107; cf. v. 4i et aussi v. 16-17).

Electre : Clytemnestre est nommée la fille de Tyndare (v. 60, 117; cf. V. i3). — Electre est victime des mauvais traitements d'Égisthe (v. 58, cf. v. 22 et suiv.). — Elle rend justice à l'attitude respectueuse et à la délicatesse du laboureur (v. 67 et suiv. ; cf. v. 43 et suiv.). — Clytemnestre a tué son époux de complicité avec Égisthe (v. 86-87, 128-124, i64-i65; cf. v. 9-10») quand Agamemnon est rentré de Troie (v. 161; cf. V. 8). — La scène est à Argos (v. 87-88; i38-i39; cf. v. i, etc.). — Electre rappelle qu'elle est fille d'Agamemnon et de Clytemnestre (v. ii5-ii6; cf. v. i4-i5). — Clytemnestre est devenue l'épouse d'Égisthe (v. 61-62; i65-i66; cf. v. i3).

Hélène : L'épouse de Ménélas passe pour être fille de Zeus (v. 77; cf. V. 17 et suiv.)=». — La scène se passe au bord du Nil (v. 89, et V. i). — C'est pour Hélène que les Phrygiens ont été perdus, que des Grecs sont tombés devant Troie (v. 109-110 cf. V. 42, 52-53). — Théonoé est nommée la prophétesse (v. i45 cf. V. i3-i4). -^ Le roi du pays est fils de Protée (v. i52-i53 cf. V. 62). — Les vers 1 21-122 sont très suspects, mais même si on les écarte, il reste les vers 117-119 qui reprennent sous une forme voilée les explications données dans le monologue initial (v. 33 et suiv.; v. 44, etc.; cf. v. 119, S6xY;fftv déjà employé v. 36).

Iphigénie en Tauride : La description de l'autel ensanglanté et des têtes suspendues au mur (v. 72-76) est le commentaire des vers 35 et suivants; les étrangers sont égorgés (v. 76; cf. V. 38-39). — La scène se passe en Tauride où Artémis a ses autels (v. 85-86; cf. v. 3o et 34).

I. Noter toutefois que M. Weil rejette (p. 676) le vers 10 comme interpolé (voir plus haut p. 3i et hi).

a . Le vers 8 1 , où Teucros déclare que la Grèce entière a Hélène en horreur, rappelle les vers 53 et suiv. du prologue. Mais Nauck le suspecte, Behrns le rejette (Wecklein le garde).

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Les Phéniciennes > : Dans cette longue et minutieuse description des chefs ennemis, certains détails reprennent les indications du prologue. Une nombreuse armée a suivi Polynice (v. ii2-ii3; cf. V. 78). — Antigone est sœur de Polynice (v. 97, i56-i57, i65 ; cf. v. 55-58). — Polynice va venir au palais (v. 170; cf. v. 83). — Ses droits sont afRrmés parle gouverneur au vers i54. C'est la conclusion des explications fournies par Jocaste (v. 71 et suiv.).

Oresie : Hélène appelle Electre «fille de Clytemnestre et d'Agamemnon » (v. 71 ; cf. v. 20 et suiv.). — Oreste est son frère (v. 73-74; cf. v. 20, etc.). — Electre est encore vierge (v. 72 ; cf. V. 26). — Elle a tué sa mère avec Oreste (v. 73-74; cf. v. 3 1-32); le parricide a été ordonné par Apollon (v. 76; cf. V. 28-3 1 ; cf. V. 121). — La maladie qui consume Oreste, indiquée aux vers 83-85, a été décrite aux vers 34 et suiv. — Oreste est dans cet état depuis le parricide (v. 89; cf. v. 39 et suiv.). — Hélène craint d'être maltraitée par les Argiens (v. 102; cf. V. 57-59). — Hermione est fille d'Hélène (v. 107, III, 124; cf. V. 63-66).

11 ressort de cet examen que le reste du prologue reprend toujours l'exposé de la situation donné dans le monologue initial, ou une partie de cet exposé. Reste à savoir s'il introduit des indications nouvelles, c'est-à-dire s'il complète Vexposition. On a montré plus haut * qu'il y avait à distinguer trois catégories dans les drames d'Euripide, suivant que le monologue initial pose le sujet de la pièce, ou décrit une situation qui se prolongera jusqu'à l'apparition d'un événement décisif pour l'intrigue, ou enfin ne fait connaître au public qu'un côté de la situation. 11 faut passer en revue ces trois groupes pour déterminer la place que tient dans l'exposition le reste du prologue.

I . Médée ; Le pédagogue annonce à la nourrice que Créon se dispose à chasser de Corinthe Médée et ses enfants. Tel est du moins le sens d'une conversation qu'il a surprise près de la

I. La Teichoscopia a été souvent soupçonnée d'interpolations plus ou moins étendues. Un des derniers critiques d'Euripide, M. Verrall (Eurioides the Bationalist, p. 336 et suiv.), pense qu' Antigone n'y tenait pas une place aussi importante. Mais il ne semble pas y avoir contre l'authenticité de cette scène de raisons sérieuses. Voir Pearson, The Phcenissae (1909^, p. xixv et suiv.

a. P. ai.

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fontaine de Pirène, là où les vieillards se réunissent. Il ignore si le bruit est fondé; il espère ^u'il n'en est rien (v. 67-73). Cette rumeur menaçante sera confirmée bientôt par l'arrivée de Créon. Son annonce ne constitue pas à proprement parler un fait nouveau; en tout cas on ne peut dire qu'elle introduise de V imprévu dans la situation, car le monologue de la nourrice laissait entrevoir les pires éventualités. Mais la décision de Créon va tendre à l'extrême la situation et préparer le dénouement. Elle a donc une très grande importance. Si l'on retranche de cette scène les vers 67-78 et les réflexions que la nouvelle inspire au pédagogue et à la nourrice', il ne reste plus qu'un commentaire de la situation exposée au début de la pièce : dureté de Jason, désespoir de Médée, appréhensions que fait concevoir sa douleur.

Hippolyte : La seconde scène du prologue présente Hippolyte au public. Sa prière à Arlémis, son entretien avec le serviteur mettent vivement en lumière sa piété et aussi son attitude dédaigneuse à l'égard d'Aphrodite. Mais ces deux traits du caractère d'Hippolyte avaient été signalés par le monologue initial. Il n'y a de nouveau qu'une indication de décor qui aurait pu être fournie par le ^psAoy-^wv : deux statues se dressent devant le palais, l'une d'Artémis, l'autre d'Aphrodite. Le fait n'est pas expressément indiqué pour la première, mais il résulte des invocations adressées à la déesse par les suivants et par Hippolyte. La seconde est désignée par le serviteur de la façon la plus précise (v. loi).

Andromaque : Le dialogue entre Andromaque et l'esclave introduit l'annonce d'un fait nouveau : Ménélas et sa fille s'apprêtent à tuer l'enfant (v. 68-69). Ménélas est parti pour le chercher (v. 73). D'ailleurs, comme dans Médée, il s'agit ici d'un événement que pouvait faire craindre le monologue initiab, très important toutefois, car il rend tout à fait critique la position d' Andromaque et la détermine à mander le vieux Pelée (v. 83 et suiv.). Le départ de l'esclave amorce les scènes qui vont suivre. En outre on apprend qu'Andromaque s'était

I. Ajouter l'explication que donne la nourrice du monologue initial (v. 56-58). a. Avec cette réserve que les mesures prises par Andromaque donnaient à penser que l'enfant était à Tabri.

Le AiONOLOGtJE lf<ÎTIAL ET LE RESTE DU PROLOGUE 169

déjà adressée plusieurs fois à Pelée (v. 8i)«. Le monologue suivant renferme quelques détails qui auraient pu trouver place au début dans l'exposé du passé : le jour où Paris s'est uni à Hélène a été une calamité pour llion (v. io3-io4). C'est pour Hélène que l'armée des Grecs s'est transportée à Troie sur mille vaisseaux et a ravagé la ville (v. io5-io6). Le traitement infligé par Achille au cadavre d'Hector, traîné par les chevaux autour des remparts, est mentionné aux vers 107-108. Les vers 109-112 rappellent les circonstances dans lesquelles Andromaque a été emmenée en captivité.

Hécube : La monodie d'Hécube détermine exactement ce que la vieille reine connaît de la situation présente, exposée dans te prologue. Elle en est aussi un commentaire pathétique. Hécube ignore la mort de son fils (v. 79-82); elle sait que l'ombre d'Achille a demandé une victime, mais elle n'a pas encore appris qu'il s'agit de Polyxène (v. 96-97). Pourtant sa sollicitude maternelle lui inspire les angoisses les plus vives sur le sort de ses deux enfants. On sait déjà par Polydore que son spectre trouble le sommeil d'Hécube, mais la monodie y ajoute un détail nouveau : la vieille reine a eu un songe effrayant qu'elle raconte et qui est l'avertissement mystérieux de l'immolation de Polyxène (v. 90-92).

Les Héraclides : L'arrivée du héraut, la violence de ses paroles et de son geste montrent l'imminence du péril qui menace les Héraclides. Le conflit dont il a été question dans le monologue initial est posé devant le public sous une forme dramatique. Aucune indication particulière ne vient y compléter l'exposition; la scène est d'ailleurs fort courte.

Héraclès : Le dialogue d'Amphitryon et de Mégara fait ressortir en face du péril qui menace la famille d'Héraclès les deux attitudes assez différentes prises par le vieillard et par la jeune femme. Mégara n'espère plus; Amphitryon attend encore la délivrance. Quelques indications nouvelles sont introduites : la victoire d'Amphitryon sur les Taphiens, passée sous silence dans le monologue initial, est rappelée par Mégara (v. 60-61). L'ignorance des enfants, leurs questions innocentes ne sont qu'un motif pathétique. Un détail précis est fourni sur

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