I. L'attitude que prendra le vieillard reste incertaine
l6o LE PROLOGUE DANS LA TRAGÉDIE d'eURIPIDE
les mesures de surveillance prises par le tyran : une évasion est impossible; tous les passages sont gardés (v. 82-83).
Ion : La monodie d'Ion développe sous une forme vivante et poétique les indications données dans le monologue initial sur la piété fervente du néocore. Des détails nouveaux apparaissent, indication de l'heure : le jour se lève (v. 82 et suiv.); description du décor (v. 86, etc. et passim). Dans cette scène mimée on assiste à la vie du sanctuaire.
Troyennes : La seconde scène du prologue vise un avenir postérieur au dénouement de la pièce. La seule indication nouvelle concernant la «ituation présente est donnée aux vers 69-70 : Ajax a outragé le sanctuaire d'A.théna en en arrachant de force Gassandre. La monodie d'Hécube qui termine le prologue contient une description poétique du départ de la flotte grecque pour Ilion (v. 122 et suiv.). De nouvelles indications d'identité sont fournies sur Hélène; elle est désignée pour la première fois comme réponse de Ménélas, l'opprobre de Castor, la honte de l'Eurotas (v. i3i-i33). On apprend qu'Hécube est enfermée dans la tente d'Agamemnon (v. iSg). Le reste, lamentations ou évocation du bonheur passé, n'a qu'une valeur pathétique.
Phéniciennes : La description des environs de Thèbes vus de la terrasse du palais est étrangère au décor (v. loi, 102, i3i, i45, 159-160), Le portrait des chefs ennemis renferme, outre leur nom, des indications précises sur leur pays, leur famille; Adraste seul est simplement nommé (v. 160) : tout cela est nouveau. La scène a encore un autre intérêt, qui est de présenter au public la figure d'Antigone; il y a là une esquisse psychologique fine, mobile et charmante. Une indication importante est suggérée par le pédagogue sur la signification morale du conflit : les ennemis ayant le droit pour eux, il est à craindre que les dieux ne leur donnent raison (v. i54i55)>.
Oresie : La sortie d'Hermione, envoyée par sa mère au tombeau de Glytemnestre (v. m etc.), n'est pas sans importance pour l'action ; on s'en aperçoit plus loin. L'entretien d'Hélène
I. L'idée a été déjà préparée dans le monologue de Jocaste (v. 71, etc.). Voir plus haut.
LE MONOLOGUE INITIAL ET LE RESTE DU PROLOGUE l6l
et d'Electre, le court monologue d'Electre qui y fait suite ont surtout un intérêt psychologique par les traits malicieux et vivants dont le poète a dessiné ces deux physionomies : ils ne renferment aucune indication nouvelle pour l'exposition.
Le second groupe est représenté par deux drames seulement : Alcesle, Hélène. La situation posée dans le monologue initial n'y est que provisoire, mais l'événement brusque qui la modifie et décide du dénouement ne se produit qu'assez tard dans la pièce : il n'y a donc pas lieu d'attendre du reste du prologue un complément d'exposition.
Aussi doit-on signaler les indications importantes que fournit, dans Alcesle, le dialogue d'Apollon et de Thanatos. Phœbos est nommé pour la première fois au vers 3o par Thanatos; la parenté d'Alceste est mentionnée au vers 37 : la fille de Pélias. Son nom, encore ignoré du spectateur, est introduit au vers Sa. L'intervention d'Héraclès est annoncée par Apollon (v. 65 et suiv.), mais le héros n'est pas nommé et le dieu ne dit pas quand il interviendra. Dans Hélène, l'entretien entre Teucros et l'épouse de Ménélas complète sur certains points l'exposition. On apprend que la guerre de Troie est finie et que la ville a été détruite par l'incendie (v. 186-108); que Ménélas croit avoir emmené Hélène (v. 116 et suiv.); qu'il n'est pas rentré à Argos (v. 12^), et passe pour avoir disparu avec son épouse (v. 126). En Grèce on le croit mort (v. i32j. L'hostilité de Théoclymène à l'égard des Grecs (v. i55) est une indication dont on voit plus tard l'importance pour l'action. Les autres détails concernant Achille, Teucros, etc., sont sans intérêt pour l'exposition proprement dite.
Electre et Iphigénie en Tauride forment le troisième groupe. Le cas de ces deux pièces est exceptionnel; la situation, dont le monologue initial ne montre qu'un côté, s'enrichit aussitôt après d'éléments nouveaux sans lesquels l'action ne pourrait se former. Le reste du prologue doit alors présenter une seconde exposition qui complète la première.
Dans Electre, les vers 82-1 1 1 introduisent avec Oreste une donnée essentielle. Les renseignements qu'ils fournissent sont presque entièrement nouveaux. Oreste, s'adressant à Pylade, le désigne comme son meilleur ami et son hôte le plus fidèle