‹ Le PromantismeChapitre 8 sur 29 · ET DE · texte numérisé non relu

ET DE

JE voudrais essayer d'exposer dans leur ensemble, avec le plus de précision possible dans l'état actuel de nos connaissances, la découverte ou la diffusion, dans les principaux pays de l'Europe occidentale, au milieu et à la fin du XVIII^ siècle, de la mythologie et des légendes héroïques Scandinaves dont l'Edda et les Sagas contiennent le précieux dépôt. Ces connaissances nouvelles ont contribué à modifier les idées philosophiques et littéraires, à élargir et à renouveler le domaine poétique, et par là occupent une petite part dans les éléments du préromantisme européen. Quelques bons travaux, publiés en Allemagne, en Amérique et en Suède (1), m'ont fourni beaucoup de faits. J'ai cherché à les

(1) Principaux ouvrages, articles ou chapitres sur la question :

En général : Anton Blanck, Den nordiska Renàssanssen i sjuttonhundratalets lilteratur : en undersôkning av den « gôtiska » poesiens allmanna och inhemska fôrutsâttningar. Dlss. Upsal ; et Stockholm, 191 1.

Pour l'Allemagne : Wolfgang Golther, Die Edda in deutscher Nachbildung Zeitschrift fiir vergleichendeLiteraturgeschichte, Neue Folge, VI, 1893).

Richard Batka, Altnordtsche Stoffe und Studien in Deutschland (Euphorion, II. Erganzungsheft. 1896, et VI, 1899).

WernerPfau. Das Altnordische bei GeTslenberg(VieTteliahrschrift jur Literatur, II. 1889).

W. Grohmann, Herders nordische Studien. Diss. Berlin, 1899.

Pour l'Angleterre : W. L. Phelps, The beginnings of the English romantic mote' ment (chap. VIII et XI). Boston (1893).

C. Hj. Nordby, The influence of old Norse literature upon English literaiure (la

LE PREROMANTISME

compléter dans la mesure du possibîe,et à composer un tableau d'ensemble qui n'a jamais été même esquissé. L'excellent livre de M. Blanck offre un aperçu assez complet pour les pays du Nord ; mais il procède par chapitres successifs consacrés au scandinavisme dans les diverses littératures, ce qui est suivre une méthode toute différente. Les travaux de MM. Batka et Farley sont très solides, et ces savants laissent peu à glaner sur le champ qu'ils ont moissonné. Pour d'autres aspects de la question, il restait beaucoup à faire. Aucun de ces travaux d'ailleurs n'étudie méthodiquement les sources de la connaissance du Nord Scandinave dans les ouvrages latins antérieurs à 1750. Je m'occuperai surtout de l'Angleterre, de l'Allemagne, de la France, du Danemark et de la Suède, parce qu'en dehors de ces cinq littératures aucun mouvement important ne s'impose à l'attention ; je ne connais d'ailleurs aucune étude spéciale consacrée au scandinavisme dans d'autres pays. Je prendrai la question à ses origines, et je m'arrêterai à la fin du XVIII^ siècle, moment où ce monde nouveau est suffisamment connu dans ses grandes lignes pour occuper dans les idées et dans la littérature la place, très inégale suivant les nations, à laquelle il pouvait prétendre.

début seulement). Columbia Unlversity Germanie Studies, New-York, I90I.

H. Edgar Farley, S candinavian influences in the English romantic movement. Harvard Studies and Notes in philology and literature, Boston, 1 903.

Pour la France : Gunnar Castrén, Norden i den franska litteraturen, Helsingf ors, 1910.

Pour la Suède : Martin Lamm, Upplysningstidens Romantik, Stockholm, 2 vol., 1918 et 1920 (surtout II. 399-414).

Ad. Bumett Benson, The oîd Norse élément in Swedish Romanticism, Columbia University Germanie Studies, New-York, 1914 (traite surtout de la période suivante).

Je citerai au cours de mon exposé quelques autres ouvrages auxquels j'ai emprunté certains détails. M. Ronald S. Crâne, de Northwestern University, Etats-Unis, m'a communiqué libéralement des renseignements recueillis au cours de ses recherches.

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