A M. DE LA SICOTIÈRE
Le travail prit vos jours dés l'aube de la vie, Les stériles loisirs ne sont point faits pour vous, Et, toujours le premier dans la route suivie, Vous restez notre guide au cœur vaillant et doux ;
Dans les champs préférés de la province antique Vous vous enracinez, chêne aux rameaux puissants, Fouillant dans notre sol, mœurs, légende ou chronique Dont la sève remonte et reverdit vos ans.
Les anciens souvenirs que le temps, dans sa course, Entraînait vers l'oubli, gouffre prêt à s'ouvrir, Font de votre mémoire une abondante source Où nous venons puiser sans jamais la tarir.
Pur flambeau dans vos mains, la science profonde Eclaire le granit de nos vieux monuments; Votre plume en l'Histoire, étincelle et féconde Comme un soc de charrue en nos guérets normands.
Tous veulent applaudir le travailleur austère ; A l'art, à l'équité l'œuvre n'a pas menti ; L'Edifice, au dessus des pensers du sectaire, Rayonne pour la France et non pour un parti.
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Nul parti n'a conquis toutes les noples âmes, Et tous ont leurs martyrs comme ils ont leurs bourreaux Pour vous, point de drapeau qui couvre les infâmes Ou qui puisse obscurcir la vertu des héros.
Il est beau de marcher, dans sa longue carrière, Vers le Juste et le Vrai dont la lumière a lui, Et de pouvoir, jetant ses regards en arrière, Se dire : Tel je fus, tel je reste aujourd'hui '.
D'autres, plats courtisans de toute cause heureuse, Délustreront l'honneur des ans qu'ils ont vécus : Gloire à qui, comme vous, d'une àme généreuse, Demeure, sans faiblir, du côté des vaincus !
La défaite souvent de splendeurs s'illumine : Que Cordav livre au fer la fleur de sa beauté, Son échafaud sinistre est la porte divine Ouverte sur l'azur et l'immortalité !
Quand l'illustre soldat, dont vous narrez l'histoire, Tombe au clos de Verneuil, par les balles percé, Une palme grandit, protégeant sa mémoire, Son sang est un opprobre i ceux qui l'ont versé.
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Implacable aux tyrans, vous plaignez les victimes. — « Toi, pleure si je meurs, vertu ! criait la voix D'André Chénier, qui sut aux fanges de leurs crimes Et fouler et pétrir les barbouilleurs de lois.
Le dernier vœu sorti de l'àme du poète S'accomplit pour Frotté de gloire revêtu ; Vos écrits, consolant sa grande ombre inquiète, Sur ce jeune martyr font pleurer la vertu.
Si votre esprit, penché sur sa tâche, persiste A scruter un passé fait d'éclat ou de deuil, Evoquant le héros, le poète et l'artiste, Godard ou Valazé, Riqueur ou Monanteuil,
C'est qu'en vous est l'amour de la terre sacrée Où dorment nos aïeux, où chantent nos enfants, Terre par Mezeray, votre ancêtre, illustrée, Et qui fera vos noms jumeaux et triomphants!