‹ Le promenoirChapitre 22 sur 58 · RONDEAU · texte numérisé non relu

RONDEAU

Air du Rondeau de Madame Favarl

L'on y venait en litière Balancée à pas très lents ;

Près d'elle, une escorte entière

De muguets, d'abbés galants.

L'on se riait des ornières

Grâce aux charmes des discours;

L'on sortait des fondrières,

Avec l'aide des amours,

Avec l'aide des amours.

On arrivait à Bagnoles.

Vieille auberge, plats exquis,

Cidre mousseux, croquignolcs,

Dont se bourrait le marquis.

L'on allait à la fontaine

En bel habit de linon,

L'on courait la prétentaine

El l'on n'osait dire non,

Et l'on n'osait dire non.

Semaine en plaisirs complète :

Main chaude, colin-maillard ;

Sous l'ombrage, escarpolette,

Jupe courte, prompt regard.

Et, je m'en souviens encore,

Ce goûter au bord de l'eau.

Dons de Pomonc et de Flore,

J'ai tout ça dans un trumeau.

J'ai tout ça dans un trumeau.

Dans le lointain des années, Cbert souvenirs s'en allant ; Billets jaunis, fleurs fanées, Du passe parfum troublant...

Je voudrais, Dieu me pardonne !

Revivre ce beau temps-là, Et reprendre ma ebaconne Et revoir mon falbala !

Et ravir mon falbala !

Aussi vers vous ma vieillesse Vient sous son capuchon noir.

Pour recouvrer la jeunesse J'arrive de mon manoir.

J'ai cent ans et plus ; qu'importe, Si mou vieux cœur bat toujours ?

Et je frappe à votre porte.

Rendez-moi mes anciens jours !

Reiuîe^-moi mes anciens jours !

Pourquoi, les yeux tournés vers de lointains mirages, Pleurer les jours perdus dans le gouffre des âges ? Laissons là le passé quand sourit l'avenir ; Vous a-t-on dit quel hôte illustre doit venir?

LA MAKQUISIÏ

Oui, malgré mes cent ans, j'ai des guirlandes prêtes ; Mon vieux cœur se réveille et tressaille à ces fêtes. Sur notre horizon noir se lève un jour plus beau. Je chanterais de joie au bord de mon tombeau Si ma voix par les ans n'était pas étouffée.

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