DE MES AMIS
Ji, dans ce Promenoir disposé pour vous plaire, Vous errez, sans que rien vous puisse satisfaire, Poète, relisez vos beaux vers à loisir : Ce chemin vous est sûr à trouver le plaisir.
FINALE
Pour terminer la Réunion de la Société Historique tenue à Argentan, le 19 octobre 1898
J 'avais, pour le lire ici même,
(Je le confesse sans détour),
Ecrit un assez long poème,
Sachant bien que viendrait mon tour.
Mais... je saisis votre pensée,
A quoi bon la dissimuler !
Des lectures l'heure est passée
Il est grand temps de s'en aller.
FINALE
Encor des vers ? la belle affaire !
Dirait un confrère absorbé ;
Je tremble pour mon bréviaire.
Murmurerait plus d'un abbé.
Par la ville, soupire un autre,
11 ferait bon déambuler !
Cet avis est aussi le nôtre :
Il est grand temps de s'en aller.
Les dames qui prêtent l'oreille
Aux beaux discours qu'on fait ici
Sentent un désir qui s'éveille,
C'est celui de parler aussi.
En tel cas, leur critique amère
Entre elles pourraient s'exhaler :
« Allons! convenez-en, ma chère,
Il est grand temps de s'en aller. »
Chrysale songe à son potage;
Ce soir, sera-t-il de son gcût ?
On ne vit pas de beau langage
Mais de bonne soupe, après tout.
Courez, ô pauvre Philamintc,
Au pot-au-feu, pour le saler,
Du bonhomme écoutez la plainte :
Il est grand temps de s'en aller.
FINALE
Consultons votre excellent maire,
îl ne me contredira point
Et, de son ton si débonnaire,
Il vous répondra sur ce point :
« Je suis ici pour tout entendre,
Mais j'ai quelque affaire à régler
Et, pour le parti qu'il faut prendre,
Il est grand temps de s'en aller. »
Moi, qui n'eus jamais l'apparence
D'un carabinier, quel hasard
Veut que, dans pareille occurence,
J'arrive ici toujours trop tard ?
Pourtant, je garde un avantage,
Car il m'est donné de combler
Des vœux, que d'ailleurs je partage :
Nous allons tous nous en aller.