‹ Le promenoirChapitre 7 sur 58 · AU CHATEAU DE LA MOTTE-FOUO.UET · texte numérisé non relu

AU CHATEAU DE LA MOTTE-FOUO.UET

Flagellés par les vents soufflant de l'atlantique Leurs rameaux fatigués craquent sinistrement Et leur fût, dont le temps creusa la base antique, Parfois laisse échapper un sourd gémissement.

Ils se disent entre eux la tristesse des choses ; Inutiles gardiens du chemin délaissé, A quoi bon s'aligner en de si nobles poses ? Les maîtres du logis sans retour ont passé !

Le manoir est désert, la porte verrouillée ; Oh ! l'hospitalité si large d'autrefois ! Le lierre grimpe aux murs ; immobile et rouillée, La girouette dort au sommet des grands toits.

Close aussi la chapelle où se voit en peinture Saint Hubert à genoux, au moment qu'apparaît Un cerf miraculeux portant dans sa ramure La croix dont l'auréole empourpre la forêt.

L'humidité du sol remonte, sépulcrale,

Du pavé vers l'autel et le tableau pâli.

Les derniers châtelains, sous leur pierre tombale,

Reposent dans la mort et dorment dans l'oubli.

AU CHATEAU DE t-A MOTTE-FOUQUET 2$

Où donc les chapelains couverts de broderies, Les manants prosternés et le banc seigneurial Aux coussins de velours rehaussés d'armoiries Pour la fière comtesse au profil féodal ?

Vous ne la verrez plus, arbres de l'avenue, Passer dans sa litière à l'orgueilleux blason, Pendant que les oiseaux chantaient sa bienvenue Et qu'elle souriait de loin à sa maison.

Vous ne reverrez plus les belles d'un autre âge, Paniers et falbalas qu'escortaient les amours ; Vous versiez la fraîcheur à leur jeune visage Et la paix désirée au déclin de leurs jours.

Les feudistes savants et les abbés aimables Jouant au reversis, à l'hombre, au lansquenet ; Les chasseurs turbulents, les marquis inflammables Qui madrigalisaient pour quelque cher ohjet,

Disparus à jamais, hélas ! et le silence

Plane sur le manoir empli d'un vaste deuil.

A cette porte, aux jours lointains de l'opulence,

Que de gens ont heurté !... l'herbe en verdit le seuil.

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