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AU CHATEAU DE LA MOTTE-EOUQUET

Et les hêtres, tordant, dans les nuits hivernales, Leur branchage agité de lugubres sanglots, Voudraient joncher enfin, sous le vent des rafales, La terre où tout retombe à l'immense repos.

Discrimen tenue est equidein inter nos et Homerum , Ilia nostra semant, Ilium et ipse canit.

G. Le Vavasseur à W. Challemel.

'n a mis la nappe blanche

Du dimanche Et midi vient de sonner ; Vrai ! notre cuisine embaume,

Quel arôme !

A table, pour déjeuner !

Dépêche, servante accorte ;

Vite, apporte Le plat de tous souhaité.

Il vient, salut ! ma narine

Vous devine, O tripes de La Ferté !

Sur les visages, la joie

Se déploie Et de plaisir les enfants Frappent à coups de fourchettes

Les assiettes, Avec des cris triomphants.

Sers-nous de ta main légère.

Ménagère, Et fais monter un broc plein De ce flamboyant liquide,

Or fluide, Qui vient de Joué-du-Plain.

Les tripes ailleurs connues

Sont menues ; On les aime à La Ferté

En gentils paquets roulées,

Affublées D'une billette au côté.

Oh ! quel parfum délectable

Notre table Exhale dans ce moment Où la main qui les remue,

Tout émue, Déroule un paquet fumant.

En vidant leur pinte ronde

Et profonde, Nos aïeux, sans nul souci, Estimant que cet usage

Etait sage, Jadis tripaillaient aussi.

Mais n'est-ce pas un vain leurre ?

Dans le beurre Où je les vois s'agiter, Les paquets ambrés susurrent

Et murmurent Des mots qu'il faut écouter :

jo

Nos sœurs, que Caen à sa mode « Accomode

Et dore au soleil du four,

Sont à bon droit glorieuses ; « Bienheureuses

Encor nos sœurs d'Echauffour.

Les premières on les prône « Jusqu'au Rhône

Dans tes vers, Le Vavasseur ;

Les autres furent vantées « Et chantées

Sur un ton plein de douceur. (*)

Mais nous, pour notre mémoire « Point de gloire,

Point de chansons sous vos toits,

N'avez-vous plus de poètes?

« Ah ! vous êtes

Tous, oui tous d'ingrats Fertois.

Tout le monde, en Normandie, a lu les vers charmants de

G. Le Vavasseu

' sur les tripes à la mode de Caen, ainsi

que la

pièce

composée

>ar Paul Harel sur le même sujet.

« O Fertois chiches de rimes, <( Xous vous fîmes

« Pourtant des teints bien rosés ;

« Trouvez-vous pas assez pleines « Vos bedaines ?

« Plaignez-vous, si vous l'osez.

« A votre face replète,

a Je répète « Qu'à nous, vénérables mets, « Vous deviez une louange,

« On nous mange, « On ne nous chanta jamais. »

Calmez, calmez le délire

De votre ire ; Oui, je n'en disconviens pas, Tristes sont vos destinées.,

Tripes nées Pour d'inglorieux trépas.

Mais, que faire ? dans l'escrime

De la rime S'il craint trop de s'enferrer,

Le Fertois garde en partage

L'avantage De vous fort bien digérer.

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