‹ Le Prometheus de GoetheChapitre 3 sur 6 · MINERVA · texte numérisé non relu

MINERVA

Je respecte mon père,

mais toi, je t'aime, Prometheus.

(i) Cf. ScHOPENHAUER. Die Welt als Wille u. Vorstellung, p. 217 et suiv. de l'édition Frauenstâdt.

Et tu es à mon esprit

ce que mon esprit est à lui-même;

dès l'origine furent

tes paroles pour moi lumière céleste,

toujours, comme si mon âme se parlait à elle-même,

comme si elle s'ouvrait,

et que d'innées Harmonies

en elle eussent résonné, jaillies d'elle-même,

et une divinité parlait

quand je m'imaginais parler,

et si je m'imaginais qu'une divinité parlait,

je parlais moi-même.

Ainsi, le lien entre toi et moi, —

ainsi uns, ainsi unis, —

éternel est mon amour pour toi.

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