‹ Le pronostic de la Coxalgie: 100 ObservationsChapitre 11 sur 26 · LOSE · texte numérisé non relu

LOSE

— hh — d) De la coxalgie double

Parmi les complications de la coxo-tuberculose, il en est une qui, pour ne pas être très fréquente, n’en est pas moins importante. C’est la COXALGIE DOUBLE, qui a fait le sujet de la thèse de J. Carve (Paris, 1903) et qu’a particulièrement étudiée VIGxarD qui en a compté 4 cas sur 300. Louis ALrARD, dans son rapport à la réunion annuelle de la Société française d’orthopédie, déclare qu’elle complique 6 à 8 % des coxalgies, et que c’est plus une maladie de l’enfant et de la fille, que de l’aldulte et du garcon (Revue d’Orthopédie et de Chirurgie de l’apparei moteur, t. 24, n° 5, septembre 1937).

Habituellement, comme dans les cas que nous citons, les deux localisations ne débutent pas simultanément, mais plutôt à quelques mois d’intervalle; parfois même la première coxalgie est complètement guérie quand la seconde s’installe. |

Le pronostic de la bilatéralité est très grave et c’est la mort qu’il faut surtout redouter (10 à 12 % de décès), car elle dénonce un terrain par trop favorable au bacille tuberculeux. L'état général est profondément atteint. Les doubles coxalgiques présentent toujours des abcès surtout du côté où a débuté l’atteinte. |

La GUERISON affecte trois FORMES :

1°) avec ankylose bilatérale en bonne position 5

- 2°) avec pseudarthrose lâche ou luxation bilatérale, ; 3°) avec ankylose en bonne attitude d’un côté.et pseudarthrose de l’autre. He 2 +

Dans le premier cas, que Vax Hazzsrr (Revue d’Orthopédie éd.) conseille. d’éviter par tous les moyens, la marche se fait avec les genoux déviés en valgus, la laxité ligamentaire étant exagérée. C’est l’impotence presque complète, le sujet se déplaçant lentement et péniblement, en s’aidant de cannes et ne pouvant s’asseoir que difficilement. C’est un infirme dont les soins de toilette, la défécation, la miction, les fonctions sexuelles sont très gênées.

Lorsqu'il y a pseudarthrose bilatérale, la marche et la station debout sont disgracieuses, pénibles et ne peuvent se prolonger.

C’est encore la troisième éventualité qui gêne le moins le malade; la gêne fonctionnelle étant moins importante; la marche, la station assise étant rendues moins pénibles par certaines attitudes.

Dans les cas de coxalgies doubles, on doit souvent avoir recours à l’ostéotomie, car l’ankylose bilatérale est la terminaison la moins souhaitable. Si on ne peut l’éviter, on devra l’obtenir en abduction à 15 degrés et en extension presque complète. Mais il faudra aussi remédier à la peudarthrose bilatérale en ankylosant un des côtés par arthrodèse extra articulaire.

La CACHEXIE étant habituelle, le pronostic opératoire est très sombre. Lorsqu'ils franchissent le cap de l’intervention, les coxalgiques sont exposés plus que tous les autres à la mort par tuberculose.

L'un des cas que nous citons était bénin, l’évolution ayant affecté le type cylique de Mexarp. Il n’en est malheureusement pas toujours ainsi et la bilatéralité est une complication très grave de la coxalgie. TAVERNIER, CuILLERET, INGELRANS et VANDœUvVRE ont insisté sur ce fait tout dernièrement.

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e) De la mort

Malgré les progrès considérables réalisés dans le traitement de la coxalgie, on ne peut empêcher certaines formes graves d'évoluer vers la terminaison par l’existus. Dans le pronostic de l’ostéo-arthrite seule, on ne peut considérer que les décès qui sont survenus au cours de l’évolution, car les terminaisons fatales par la suite sont à mettre sur le compte de l’ATTEINTE GENERALE.

On sait que les statistiques officielles des divers pays accusent une mortalité singulièrement élevée par la tuberculose ostéo-articulaire. Nous avons dit au début la part qui revenait à la coxalgie.

En Italie en 1932, on signalait 2.354 décès dûs au mal de Pott, à la coxalgie ou à la tuberculose du genou, en Roumanie 1.375, en France 2.500.

Dans le courant de l’évolution, l’atteinte de l’état général est telle que la mort survient parfois sans qu’aucune autre localisation ait été décelée. Mais c’est la méningite et la tuberculose pulmonaire qui tuent le plus souvent au cours du traitement ou par la suite.

Nous sommes persuadé qu’un certain nombre d’enfants dont nous publions les observations ont disparu sans que leur décès nous ait été signalé.

Car les bilans de nos hôpitaux n’ont que la valeur des feuilles de comptabilité administrative. Ils tiennent en trois colonnes: celle des entrées, celle des séjours, celle des sorties. Bien souvent les sortants sont des moribonds que leurs familles emportent. Autant de décès qui échappent aux statistiques.

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Il s’agit tout de même de savoir si la mort est due à la TRADUCTION LOCALE DE L’'IMPREGNA- TION BACILLAIRE ou à la TUBERCULOSE ELLE- MEME. Dans le cas où elle survient au cours de l’évolution, c’est à la période critique où l’état général est chancelant.

Mais même si la lésion ostéo-articulaire n’est que l’indice de début, que la manifestation de la rupture de l’équilibre entre le bacille de Koch et l’organisme, c’est encore le plus terrible grief de gravité que l’on peut porter contre elle. Car la coxalgie tue, la plupart du temps parce que l’on a méprisé ses premiers symptômes. Qu'elle le fasse en minant à l’extrême l’état général par ses fistules secondairement infectées ou en contraignant à une intervention aux suites dangereuses elle tue aussi parce qu’elle est une manifestation tuberculeuse, chez un sujet tuberculeux, qui restera tuberculeux et mourra comme tel.

C’est pour cette raison que l’on ne saurait établir de statistiques. Pasreur a dit qu’il n’y avait pas de mala- - dies, mais des malades. Il en est ainsi pour la coxalgie et cela à plus forte raison, parce que le cycle typique en est l’exception, et parce qu’elle est essentiellement polymorphe. Le pronostic mortel à distance ne doit être envisagé que comme celui de la tuberculose. Seule importe la mortalité dans le courant de l’évolution. Elle est sûrement plus élevée que ne le laissent croire les chiffres de Cazve (2,5 %), car tous les coxalgiques ne sont pas pris au début et traités dans des centres aussi spécialisés que ceux de Berck-Plage ou de Palavas. Dans une étude faite à Marakierke, près d’Ostende (Belgique), on signale qu’en milieux urbains c’est 25 %

des coxalgiques qui meurent avant que les phénomènes locaux rentrent dans l’ordre, tandis que la proportion est rabaissée à 6 % à la mer. C’est à de semblables conclusions qu’arrivent les spécialistes de la Côte Dalmate (Youcoslavie), des bords du lac de Sabolat (Roumanie), du Lido de Venise (Italie), et des divers centres du monde entier.

Dans des conditions particulières les chiffrss deviennent anormaux. C’est le cas des 75 % de décès en 3 semaines et un mois, chez les noirs de l’A. O. F. transplantés en France (Borrgau-RoussEL).

Oscillant entre 3 et 8 % le déchet est considérable. ei il ne faut pas craindre de déclarer que la coxalgie n’est pas qu’exceptionnellement mortelle.

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