‹ Le Pronostic de la Typho-BacilloseChapitre 10 sur 22 · Weill. Presse médicale, 23 novembre · texte numérisé non relu

Weill. Presse médicale, 23 novembre

tion d’un sommet suspect, d’adénopathies chro-

niques axillaires (cas de. Lemierre et Gougerot),

le souvenir d’une ou plusieurs typhoïdes antérieures. Le professeur Landouzy suspecte fort les

typhoïdes à répétition d’être des typhobacilloses

méconnues.

Enfin certaines localisations en pleine période aiguë faciliteront singulièrement le diagnostic :

localisation méningée (paralysie faciale gauche

inférieure dans un cas de Landouzy), épanchement pleural lymphocytique.

À la convalescence, le rétablissement incomplet du malade devra éveiller l’attention, une localisation tuberculeuse commençante ne justifiera que trop celte appréhension.

Lors d’une localisation tuberculeuse, plusieurs semaines après la période aiguë, on pourra faire un diagnostic rétrospectif, celle évolution en deux temps en étant le meilleur indice.

Ce diagnostic clinique devra toujours être con-

trôlé par les méthodes de laboratoire qui, seules

donneront la certitude complète.

M. Gougerot a montré tout le parti qu’on pouvait en lirer pendant la période d'état. Certains de ces procédés, sans donner la certitude de la typhobacillose, feront pressentir un foyer tuberculeux au moins latent: diverses épreuves par la tuberculine (ophtalmo-réaction, cuti-réaction,

intradermo-réaction, etc.) ; les injections de sérum

CRRULAL Ce bin à

NON Re

artificiel (Hutinel), la séro-réaction de MM. Arloing et Courmoni, etc.

Le séro-diagnostic de Widal, négatif dans beaucoup de cas, nous permet d'éliminer nettement le rôle de l'Eberth, l'absence d’agglutination paratyphique nous fait rejeter le diagnostic de paratyphoïde. Ces recherches joueront donc un rôle éliminatoire. Ce n’est qu'après leur réponse négative que les méthodes permeltant d'arriver à la certitude seront employées. On pourra, suivant le conseil de Gougerot, inoculer le culot desurines du malade à un cobaye, mais il sera préférable et plus rapide de faire la recherche du bacille de Koch dans le sang, soit en inoculant 5 centimètres cubes de sang dans le péritoine du cobaye (Gougerot), soit en cherchant à constater directement sa présence dans le sang circulant. L’inoscopie de Jousset peut être considérée comme une des méthodes les plus sûres. On pourra employer aussi une méthode préconisée par M. Lesieur et - par nous-même : {a recherche du bacille de Koch dans le sang par le procédé de la sangsue (1). La technique en est simple. Après nettoyage de la peau, on applique trois ou quatre grosses sangsues vierges, lavées, enun point du tégument. Au bout

de trente à quarante minutes, les sangsues, gor.

1. Weill, Lesieur et Mouriquand, Recherche du bacille de Koch dans le sang de l’enfant par le procédé de la sangsue. (Journal de Physiologie et de Patholog'ie générale, novembre

Robe.

gées de sang, se détachent d’elles-mêmes, on exprime immédiatement le sang ingéré dans un tube centrifugeur. Le sang est incoagulable (pas de coagulation au bout de quarante-huit heures). On centrifuge et on étale le culot sur des lames, après dessiccation et fixation à la flamme, on colore avec Ziehl-Hauser. Par ce procédé, nous avons pu, dans 2 cas d'infection tuberculeuse aiguë, à localisation méningée tardive, déceler la présence du bacille de Koch dans le sang (1).» |

«Nous verrons, en somme, que le diagnostic de typhobacillose est rarement le diagnostic brillant qui s’improvise au lit du malade. C’est un diagnostic laborieux ; il se fait lentement par accumulation d'arguments expérimentaux (séro-réaclions négatives, hémoculture négative) et cliniques (anomalies thermiques, intégrité paradoxale des grands appareils) et s'appuie parfois sur l'existence de tares spécifiques. Quelquefois même la preuve vient après coup: même alors elle n’est point négligeable, puisqu'elle donne plus d’autorité au pronostic et aux indications thérapeutiques (2). »

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